Editeur : Hachette
Date de sortie : 17 mai 2017
Genre : dystopie (jeunesse)

Synopsis

Parfois, il faut choisir l’imperfection pour être Parfait.

Dans le monde de Celestine North, chaque citoyen doit être Parfait. Quiconque commet la moindre erreur se voit marqué du sceau de l’Imperfection.

Pour qui a pris une mauvaise décision : c’est sur la tempe.
Pour qui a menti : la langue.
Pour qui a commis un vol : la paume de la main droite.
Pour qui s’est montré déloyal : le cœur.
Pour qui s’est écarté du droit chemin : la plante du pied droit.

Celestine mène une vie parfaite au sein d’une famille parfaite et au bras du petit ami parfait. Elle pense incarner l’idéal de la société.

Et si Celestine s’était trompée ? Si c’était le système lui-même qui était Imparfait ?

Critique

Un concept qui a su attiser ma curiosité

Après Aussi libres qu’un rêve et Les Puissants (tome 1), je poursuis sur ma lancée dystopique – il faut dire que j’ai fait le plein dernièrement ! – avec cette nouvelle série, découverte grâce au blog Rêve ta vie en lecteur et sa super chronique (que vous pouvez retrouver ici).

Dès la quatrième de couverture, j’ai été séduite par le concept général de l’histoire : l’obligation d’être parfait pour tous ! L’idée est ici poussée à l’extrême, et même jusque dans l’harmonisation des vêtements au sein de chaque famille. Néanmoins, on se rend compte assez vite que ce n’est pas une société obsédée par la recherche de perfection, mais bien par les apparences.

C’est donc un véritable lavage de cerveau que subit toute la population ! Il FAUT être parfait, quoi qu’il arrive, car ceux qui ne le sont pas – ne le sont plus – ne méritent ni considération, ni compassion. Autrement dit, ils sont inférieurs, traités comme de vrais parias sans pour autant avoir le statut de criminels. Absurde, vous en conviendrez !

Du coup, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un parallèle avec la condition des personnes de couleur noire par le passé, surtout que Celestine a elle aussi la peau foncée. Les Imparfaits doivent, par exemple, respecter un couvre-feu, se voient attribuer une seule place dans le bus, lorsqu’elle n’est pas déjà occupée, et il est interdit de leur venir en aide !

Mais… même si la Guilde s’acharne à créer de petits robots obéissants, elle ne peut s’immiscer jusque dans les pensées des gens. Et, comme vous pouvez vous en douter, le feu de la révolte couve depuis longtemps déjà.

L’histoire (presque) parfaite d’une Imparfaite

Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas été subjuguée par le premier tiers du bouquin, que j’ai trouvé un peu plat, raison pour laquelle ma lecture n’a pas été un vrai coup de cœur. Le récit aborde cependant un tournant plus dramatique lorsque Celestine prend parti pour un Imparfait. Je ne vous en dirai pas plus, pour ne pas vous dévoiler toute l’intrigue, mais c’est à partir de cet instant précis que j’ai été conquise.

Embarquée dans une sombre lutte pour le pouvoir, notre héroïne se retourne littéralement contre la Guilde qu’elle encensait 100 pages auparavant ! Bien dosée, l’action laisse de temps à autre la place à des découvertes palpitantes qui remettent tout en question.

Bon, certaines choses étaient prévisibles, comme les intentions de Logan à l’égard de Celestine – et je crois savoir où est cachée cette fichue vidéo ! –, mais d’autres beaucoup moins. Quant à la fin, sans être le moment fort de l’histoire, elle est appropriée, tout en présageant de nombreux rebondissements pour le tome 2.

Focus sur les personnages

Au premier abord, je n’ai pas trouvé Celestine très concernée par le sort des Imparfaits, même lorsqu’elle voit sa voisine se faire embarquer par la Guilde. La suite m’a donc semblé un peu improbable ; elle pense d’ailleurs avoir échangé sa place avec sa sœur, sans trop savoir comment. Peut-on vraiment parler de prise de conscience tardive ? J’imagine que oui…

Concernant sa relation avec Art, en toute franchise, elle m’a presque donné envie de vomir, tant elle était écœurante de romantisme. Heureusement, ça n’a pas duré longtemps, donc le pire a été évité.

Quant à Crevan, il est un poil caricaturé, mais demeure malgré tout cohérent dans ses actes, ainsi que dans ses paroles, ce qui l’a rendu détestable à mes yeux. A l’inverse, alors que j’avais de gros a priori sur la mère de Celestine, j’ai été agréablement surprise par son attitude face aux malheurs de sa fille. Et que dire de son grand-père ? Un personnage terriblement attachant, bien qu’un tantinet loufoque, que j’aimerais découvrir davantage dans la suite de la série.

Enfin, j’ai trouvé que Carrick et Celestine nouaient des liens trop rapidement, mais cela reste crédible vu qu’ils sont, en quelque sorte, unis dans leur drame.

Un dernier mot sur la plume de Cecelia Ahern

L’auteure n’étant pas francophone, il est difficile de juger sa plume. Au-delà de la traduction néanmoins, le langage utilisé m’a paru très « jeune ». Je me souviens, par exemple, avoir lu « elle buggue » pour parler d’un personnage, et ça m’a un peu interpellée. Mais, en fin de compte, on se fait vite à ce style qui ne s’encombre pas de fioritures, à la fois puissant et addictif.

En bref, une lecture très fluide, d’autant plus que l’histoire est écrite à la première personne. J’ai été happée par les pensées de Celestine qui, avec le temps, ont pris le chemin tant espéré de la rébellion.

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