Editeur : Chat Noir
Date de sortie : 5 avril 2017
Genre : fantastique

Synopsis

Loudun, 1632
De jour en jour, la peste noire se raréfie, c’est la fin du calvaire pour les habitants, dont le chanoine Urbain Grandier, qui ne rêve que de retrouver ses ouailles, leur admiration et leurs faveurs. Parmi elles, Soléna, une jeune femme aussi belle que mystérieuse, semble prête à tout pour le séduire, mais dans quel but ?

Lille, 2021
Rentrée universitaire pour Revéna et sa meilleure amie Kiara, après des mois d’épidémie grippale qui a décimé une partie de la population. Pourtant l’étudiante ne retrouve pas le sourire, ses nuits sont hantées par de macabres visions qui la vident de son énergie. Sa rencontre avec un nouvel élève, Louis, pourrait bien soigner son esprit. Dès les premiers instants, une connexion indéfectible lie ces deux jeunes gens dont le destin semble réveiller les maux du passé. À moins que la trame du temps soit plus complexe que cela. En tout cas, c’est bien ce qu’a décidé de découvrir une organisation secrète qui espionne ce trio qui, lui-même, semble ignorer que sa seule existence pourrait détruire notre monde…

Critique

Un cadre familier

Davantage attirée par la fantasy que par le fantastique – même si j’apprécie également ce dernier genre -, j’évolue rarement dans le monde réel durant mes lectures. Cependant, je dois avouer que cet ouvrage m’a intriguée justement parce que l’histoire se déroule, pour une fois, dans une ville proche de chez moi, j’ai nommé Lille. En revanche, côté prénoms (Revéna et Kiara surtout), on est assez loin des tendances lilloises…

Quoi qu’il en soit, ce détail m’a convaincue de faire hurler mon portefeuille. Car oui, j’avais déjà atteint les limites de mon budget pour les Halliennales, ce salon du livre – en banlieue lilloise, bien sûr ! – que j’affectionne tout particulièrement. J’y ai d’ailleurs rencontré l’auteur qui m’a promis une chasse aux sorcières passionnante, avant de me dédicacer mon exemplaire :

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Seul problème : la promesse ainsi faite n’a pas été tenue…

Des personnages aux humeurs changeantes

Ce qui m’a choquée en débutant ce bouquin ? Découvrir à quel point les protagonistes étaient inconstants, en particulier dans le présent. J’ai eu l’impression d’un effet yo-yo qui a perduré jusqu’à la fin. Une fois, ils vont bien et s’aiment tous d’un amour incommensurable et l’instant d’après, rien ne va plus, ils ne peuvent plus se supporter ! Ceci est d’autant plus agaçant que Denis Labbé insiste sur ces sentiments changeants, créant une redondance inutile.

Pour être honnête, j’ai trouvé que cela faisait très fouillis, que l’auteur gérait de façon chaotique les émotions de ses personnages et ce, malgré une plume agréable. Aussi, leurs relations m’ont paru soit exagérées soit trop simplistes. Pour preuve, la rencontre extrêmement maladroite de Revéna, Kiara et Louis lors de la rentrée scolaire, centrée sur le malaise ressenti par tous. Bref, ça ne l’a pas fait !

Rien de très innovant à l’horizon

Si la relation Revéna-Kiara relevait déjà du cliché – ce sont les meilleures amies du monde, bien sûr ! -, j’ai vraiment déchanté en voyant apparaître Mathilde et Marine dans le tableau. Sincèrement, je ne vois pas ce que le sauvetage d’une femme battue apporte au récit qui, je le rappelle, est censé relater une chasse aux sorcières. Or, en plus d’être totalement superflue, cette affaire s’étale quand même sur une centaine de pages… avant de passer définitivement à la trappe ! Là encore, je ne comprends pas bien l’intérêt.

Résultat : l’histoire tarde à se mettre en place, et je me suis donc ennuyée pendant la première moitié du livre. Les rebondissements finissent par survenir certes, mais les transitions dans l’action m’ont paru inexistantes par moments, ce qui m’a forcée à relire certains passages pour mieux en appréhender le déroulement.

Autre point négatif : cette impression de tourner en rond, au même titre que les personnages qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ceci dit, ils semblent davantage intéressés par leurs émois affectifs que par les bouleversements dont ils font l’objet !

Et je n’ai pas encore abordé la question du scénario qui emprunte le chemin de la facilité à de nombreuses reprises. A ce propos, vous en connaissez beaucoup, vous, des étudiants capables de repérer les agents d’une société secrète, alors qu’ils sont en pleine filature ? Elle n’a pas l’air si secrète que cela, cette société, finalement !

Le triangle amoureux…

…non merci ! Parce que là, franchement, c’était le pompon ! Je crois d’ailleurs que c’est ce qui m’a achevée. Bien qu’ils soient poursuivis par des fanatiques, Revéna, Kiara et Louis prennent le temps d’analyser ce qu’ils ressentent, changent d’avis comme de chemise sur le sujet et s’embourbent dans une situation inextricable.

Enfin, inextricable, pas tant que ça, puisque l’auteur a apparemment trouvé une solution à ce triangle amoureux qui, pour ma part, ne m’a pas du tout convaincue !

Ne comptez pas sur la fin pour relever le niveau !

Facile et un brin expéditive, elle est loin d’offrir toutes les réponses. Du coup, je me pose encore des questions telles que : quelle était la signification des cauchemars de Revéna ? Dans quelle mesure la trame de l’univers a-t-elle été affectée ? Quel est le rôle du Dieu cornu et de la Déesse ? Quelles étaient les intentions des membres du sabbat ? etc.

Vous l’aurez donc compris, je n’ai pas été conquise par cette histoire qui comprend bon nombre de lacunes, à mes yeux.