Editeur : Rebelle
Date de sortie : 6 septembre 2017
Genre : fantastique (thriller)

Synopsis

Il existe parmi nous des êtres anciens et puissants. Leur pouvoir et leur longévité sont issus du Jeu, un principe leur permettant de parier sur la mort des Hommes afin de récupérer l’espérance de vie perdue, une source vitale nommée Moisson. Leur nom : Nécroparieurs.

Une nuit pourtant, tout basculera lorsque l’un d’entre eux décidera de briser les règles du Jeu.

Critique

Ça s’annonçait pourtant très bien…

Lors des Halliennales 2017 – et oui, vous allez encore en entendre parler de ce salon ! -, j’ai eu la chance de rencontrer Alick, un auteur que je ne connaissais pas du tout.  Et lorsqu’il m’a raconté le début des Nécroparieurs, j’ai aussitôt été séduite par le concept : des surhommes pariant sur la mort d’êtres humains pour tenter d’augmenter leur espérance de vie. Jusqu’au jour où l’un des joueurs se met en tête de sauver l’une des victimes potentielles…

Avouez, ça donne envie, non ? En vérité, rien ne m’avait préparée à cette lecture, disons, peu conventionnelle, pas même la dédicace de l’auteur :

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Mes nerfs mis à rude épreuve

Dès le début, j’ai été déboussolée. Ce one-shot déborde d’informations en tous genres sur des sujets très variés (les traditions japonaises, les mathématiques, les jeux de course, les investissements en Bourse…) et, je dois l’avouer, j’ai eu un peu de mal à suivre.

Tout cela me semblait long, long, long… Car, pendant la moitié du livre, l’auteur dresse uniquement le portrait de ses personnages : les joueurs et leurs victimes. On découvre ainsi leur passé, leurs espoirs, mais aussi leurs faiblesses, leurs plus noirs secrets. Or, si l’idée d’approfondir au maximum les différents protagonistes me paraît toujours judicieux – ça évite les clichés, non ? -, j’ai trouvé ces passages parfois indigestes. Seule l’annonce du Jeu me donnait vraiment envie de continuer.

Je crois que je me suis perdue ?!

Voilà ce que je n’arrêtais pas de penser dès lors que le Jeu a commencé. L’auteur a développé tant de théories nébuleuses que j’avais de plus en plus l’impression de ne rien comprendre à ce que je lisais. J’ai, par exemple, eu beaucoup de mal avec la notion de fatum, un mot latin qui signifie « destinée » et qui semble apparenté à une course pour la vie ? En vérité, je ne sais pas trop.

Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Tenez, je vous en donne un deuxième :

« […] des psyllogismes. Cette dernière notion suffirait à elle seule pour détourner l’attention de manière durable. Et afin de la comprendre, il fallait évoquer le paradoxe du fromage à trous dont l’énoncé était simple. Plus il y a de fromage, plus il y a de trous. Or, plus il y a de trous, moins il y a de fromage. Donc, plus il y a de fromage, moins il y a de fromage.  Bien sûr, il s’agissait d’un cas typique de syllogisme bénéficiant d’un glissement de sens entre deux prémisses couplés à un amalgame contextuel introduit dans la psychologie. De là était né le terme psyllogisme. »

Bref, j’ai fini par cesser d’essayer de comprendre pour m’arrêter seulement sur le déroulement des évènements, ce qui était particulièrement frustrant. En effet, cette méthode ne m’a pas permis de me plonger à 100% dans cette histoire qui avait pourtant un réel potentiel ! Des idées innovantes, des données scientifiques à même d’étayer les faits, de multiples chemins possibles au commencement du Jeu : tout ça réduit à néant par manque d’accessibilité ? Quel DOMMAGE !

Pourtant, j’aime les lectures « prise de tête » d’habitude, j’apprécie celles qui m’amènent à réfléchir, à me poser des questions, qui m’obligent à me creuser les méninges. Ici aussi, j’ai essayé, sincèrement… Mais c’était à vous donner mal au crâne !

Et pour le reste ?

Si je dois faire abstraction des points négatifs cités ci-dessus, je dois reconnaître qu’Alick a une belle plume, quoiqu’elle s’encombre quelquefois de fioritures inutiles. Quant aux personnages, je les ai trouvés intéressants, sans pour autant ressentir de l’attachement à leur égard – difficile vu la personnalité de certains, me direz-vous : des tueurs, des fanatiques, des hommes prêts à tout pour obtenir un peu plus de pouvoir !

Ceci dit, j’ai été sensible aux épreuves qu’a traversées Mulgary, notre personnage principal, émue par le destin qui s’est tant acharné sur lui, horrifiée par ses actes parfois. J’ai vraiment aimé son histoire, mais à nouveau, elle a été parasitée par une incompréhension qui a pris le pas sur mon plaisir de lire.

Voilà, j’en reviens toujours au même. Mais sachez que si vous aimez les lectures atypiques, Les Nécroparieurs peut vous correspondre, car c’est une expérience différente, à coup sûr !