Editeur : J’ai lu
Date de sortie : 8 janvier 2014
Genre : heroic fantasy

Synopsis

Le destin de Jamère Burvelle était déjà scellé le jour de sa naissance : second fils d’une famille récemment élevée à la noblesse, il est appelé à devenir, comme son père avant lui, un brillant officier de la cavella. Pourtant, une rencontre inattendue va bouleverser sa vie et tisser entre lui et les peuples primitifs de Gernia un lien étrange et fort…

Critique

Patience, patience…

C’est ce que je me suis dit en commençant cette saga. Car, il faut l’avouer, le début souffre de longueurs dont ne voit pas la fin. J’ai tout de même persévéré, déjà parce que je déteste ne pas finir un livre et, ensuite, eh bien… parce que c’est du Robin Hobb ! Ayant adoré L’Assassin royal, il me paraissait inconcevable de ne pas aimer, au moins un peu, Le soldat chamane.

Et puis, le miracle tant attendu s’est produit, je ne sais plus quand exactement – vers les 200 ou 300 pages. Sans m’en rendre compte, je suis devenue complètement accro à cette histoire, lisant frénétiquement des heures durant.

Pour être honnête, si cette première intégrale n’est pas un coup de coeur, c’est seulement à cause des lenteurs évoquées plus haut. Pour autant, celles-ci permettent de poser les bases de l’univers (les différents peuples, les traditions de chacun, l’éducation de Jamère…) et d’enrichir pleinement l’intrigue, par la suite.

Je tiens également à préciser que l’édition française ne respecte en rien le découpage initial, puisque chaque tome en anglais a été divisé en plusieurs parties (2 ou 3 livres distincts). C’est la raison pour laquelle j’ai privilégié les intégrales. Ainsi, je n’ai pas été interrompue dans ma lecture, ni confrontée à des fins intermédiaires qui n’en sont pas vraiment.

Jamère, un personnage phare terriblement bien construit

Fils de militaire, il suit la voie de son père par le biais d’une éducation très stricte. Les convenances, l’honneur et l’obéissance aux ordres représentent toute sa vie. Mais affecté par la magie, il va finir par comprendre que la vie n’est pas simple, que le bien et le mal sont des notions qui dépendent de la position dans laquelle on se trouve !

Ce sont par ses yeux, naïfs au début, que nous voyons le monde et j’ai aimé assister à son évolution, partager ses réflexions et remises en question. Certes, il est intelligent, mais son esprit est bridé par une poigne paternelle qui ne souffre aucun écart et, parfois, on a presque envie de le secouer pour le faire réagir.

En écrivant ces mots, je me rends compte qu’il est rare de suivre un héros qui ne se rebelle pas, qui acquiesce aux aspirations qu’on a choisies pour lui. C’était sans compter la magie qui viendra chambouler ses plans, et heureusement…

Les intrigues politiques sont pour moi les meilleures

Si je ne suis pas du tout attirée par la politique dans le monde réel, il en va autrement dès lors que je me plonge dans un ouvrage de fantasy. Et je dois dire qu’ici, c’est une véritable réussite ! Robin Hobb a créé un monde complètement à part, avec sa géographie, ses lois et ses guerres. Les dissensions entre la Gernie, les Nomades et les Ocellions constituent le coeur de l’histoire, celle-ci étant vécue et racontée par Jamère. C’est par sa voix, et sa vision parfois étriquée de la situation, que nous découvrons les manigances de chacun pour arriver à ses fins.

Bien sûr, la magie a aussi sa place. Comme dans L’Assassin royal, l’auteure a créé un système à la fois complexe et crédible, propre à son univers. Encore une fois, je salue la force de son imaginaire !

L’histoire va crescendo !

L’intrigue révèle tout son potentiel en seconde partie lorsque Jamère intègre finalement L’École de cavalla, comme l’avait décidé son père à sa naissance. Et c’est, pour moi, l’apogée de cette intégrale !

Robin Hobb jongle avec tellement de personnages qu’une véritable dynamique s’est créée au sein de l’établissement, reflet parfait des tensions politiques du pays. Je dois admettre que j’étais totalement fascinée par les évènements. À maintes reprises, mes nerfs ont été mis à rude épreuve, tant Jamère est victime de tricheries et d’injustices. Pourtant, il ne baisse pas les bras, et c’est là que l’on découvre son courage et sa détermination.

L’un des personnages que j’ai le plus méprisé, c’est Caulder. Même si ce n’est qu’un enfant désireux d’impressionner son père, il a réussi à me mettre hors de moi. Robin Hobb a en effet cette capacité à vous faire ressentir des émotions violentes, qu’elles soient positives ou non.

A contrario, d’autres personnages m’ont plu comme Spic et Épinie. Cette dernière m’a beaucoup intriguée, d’ailleurs. Au départ, je partageais malgré moi l’avis de Jamère à son sujet et la trouvais donc écervelée et immature. Mais j’ai rapidement compris qu’elle cachait sa véritable nature sous des dehors, disons, frivoles et j’ai aimé apprendre à la connaître davantage.

Pour résumer, vous trouverez dans Le soldat chamane une multitude de protagonistes aux personnalités totalement abouties. Je ne peux donc que vous conseiller cette première intégrale, en dépit de ses longueurs.

Du même auteur

Le soldat chamane (intégrale 2), Robin Hobb
Le soldat chamane (intégrale 3), Robin Hobb

Le Fou et l’Assassin, tome 5 : Sur les rives de l’Art, Robin Hobb
Le Fou et l’Assassin, tome 6 : Le destin de l’Assassin, Robin Hobb