Editeur : Mnémos (collection Hélios)
Date de sortie : 15 mars 2018
Genres : fantastique, horreur

Synopsis

Anthelme croit en la magie des livres qu’il dévore. Étudiant désabusé et sans attaches, il décide de vivre en ermite et de s’offrir un destin à la mesure de ses rêves. Sur son chemin, il découvre une étrange forêt d’arbres écarlates, qu’il ne quitte plus que pour se ravitailler en romans dans la bibliothèque la plus proche.

Un jour, au hasard des étagères, il tombe sur un ouvrage qui semble décrire les particularités du lieu où il s’est installé. Il comprend alors que le moment est venu pour lui de percer les secrets de son refuge.

Mais lorsque le maître de la Sylve Rouge, beau comme la mort et avide de sang, l’invite dans son donjon pour lui conter l’ensorcelante légende de la princesse Apostasie, comment différencier le rêve du cauchemar ?

Critique

Certains livres ne vous quittent jamais…

J’ai découvert Apostasie lors de La Foire du livre de Bruxelles de 2017 grâce à la maison d’édition du Chat Noir. En charge du stand, Mathieu Guibé me l’avait présenté sous son meilleur jour. Néanmoins, malgré des arguments convaincants, mon choix s’était porté sur d’autres ouvrages. Pourtant, je n’ai jamais oublié ce one-shot, réputé pour être sombre et différent, poétique et déroutant.

De ce fait, quand j’ai appris que les éditions Mnémos allaient le publier au format poche, je n’ai pas hésité une seconde à l’acquérir. Avec le recul, je me dis que j’aurais peut-être dû prendre le temps de lire quelques extraits, avant de me lancer…

Une plume inoubliable

Vincent Tassy fait partie de ces auteurs qui accordent autant d’importance au fond qu’à la forme de leur histoire. Il soigne sa plume à un point tel qu’il devient poète dans sa manière d’écrire. Rien n’est laissé au hasard, ni le choix des mots, ni la formulation des phrases.

De plus, dans Apostasie, il est parvenu à créer une ambiance unique oscillant entre glauque et enchanteresseAutant vous dire que j’étais plus qu’enthousiaste en lisant les premières pages.

De belles paroles, et ensuite ?

Malgré des débuts un peu trop lents à mon goût, j’ai rapidement été captivée par l’histoire. Enfin, pas par celle d’Anthelme dont le quotidien n’est pas très exaltant, ni même par celle d’Aphélion, un vampire aux désirs sanglants, mais par celle de Lavinia et d’Ambrosius, les héros d’un conte tragique. Mélange réussi de merveilleux et de macabre, ce dernier m’a totalement envoûtée. Il est d’ailleurs la raison pour laquelle ce one-shot a obtenu une note supérieure à la moyenne.

Mais, une fois ce conte terminé, replonger dans la réalité onirique d’Anthelme a été difficile…

Un récit aux trop nombreuses directions

Il faut le reconnaître, Vincent Tassy est un auteur audacieux. En effet, Apostasie se compose de plusieurs histoires imbriquées les unes dans les autres, et chacune offre un nouveau tournant à l’intrigue.

Comme dit plus haut, j’ai beaucoup apprécié le conte dédié à Lavinia et Ambrosius, et c’est sûrement ce qui a provoqué mon désintérêt le plus total pour la suite. Tourner les pages est devenu de plus en plus dur, au point de me pousser à faire une pause. Or, cela ne m’arrive que très rarement ! Et en règle générale, quand je dépose un livre, c’est pour ne jamais le reprendre…

Heureusement (ou pas), j’ai persévéré

Après avoir lu Ceux des limbes sur un coup de tête, je me suis replongée dans Apostasie avec une nouvelle envie de découvrir le dénouement.

Cependant, même si je tenais le rythme, ce ne fut pas le cas de l’histoire qui, une fois encore, s’est perdue dans des passages inutiles. Bien qu’écrits avec finesse, ceux-ci m’ont semblé creux. Concrètement, il ne se passe quasiment rien dans le dernier tiers du roman. Il en va de même pour la fin que j’ai presque trouvée absurde, tant elle est aux antipodes de ce que décrivait l’auteur au début de son récit.

En conséquence, même si je conçois que le voyage était plus important que la destination, cette fin n’a fait que confirmer ce que je pensais depuis un moment : en dépit de tous mes espoirs, ce one-shot n’était pas pour moi.

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