Editeur : Scrineo
Date de sortie : 29 mars 2018
Genre : dark fantasy (young adult)

Synopsis

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires.

Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses.

Enfin, la nouvelle compétition est sur le point de commencer. L’occasion pour Faolan de prendre sa revanche.

Sa vengeance aura-t-elle le goût du sang ?

Critique

J’ai lu le dernier Aurélie Wellenstein

Après avoir lu Le Roi des Fauves, un one-shot que j’avais beaucoup aimé, j’avais très envie de retrouver l’imaginaire, sombre et violent, d’Aurélie Wellenstein. Le Dieu oiseau me semblait donc tout indiqué. D’ailleurs, lors des Halliennales, l’auteure m’a confié qu’elle avait écrit ce livre dans le même état d’esprit. Et, je le confirme, Le Dieu oiseau est tout aussi sanglant que Le Roi des Fauves, si ce n’est plus.

Ajoutez à cela un style direct, sans lourdeurs, et me voilà conquise.

Aurélie Wellenstein ne ménage jamais ses lecteurs

C’est le moins que l’on puisse dire ! Et c’est justement ce que j’aime dans ses ouvrages : pas de young adult édulcoré. Mais est-ce vraiment du young adult ? Cette conversation, je l’ai eue avec l’auteure elle-même, qui m’a avoué considérer ses oeuvres comme de la fantasy adulte. Dans sa dédicace, elle m’a même demandé mon avis :

dieu-oiseau

Alors, pour répondre à sa question, Le Dieu oiseau me semble davantage destiné à un public adulte ou, tout du moins, à un public averti – gare aux scènes choc ! Ceci étant dit, on retrouve malgré tout certains codes propres au YA, comme une action toujours présente et un univers un chouïa moins étoffé.

Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié l’intrigue de ce roman, qui renvoie l’humain au stade primitif de l’animal. Les ennemis de Faolan sont en effet cruels et sanguinaires. Ils tirent plaisir de la souffrance d’autrui, car cela est la preuve de leur supériorité. Et les violences, gratuites bien entendu, ne sont pas seulement physiques ; elles détruisent aussi l’esprit, petit à petit…

Une histoire sur fond de mythologie aztèque

Encore un plus pour cette auteure qui n’hésite pas à remettre au goût du jour certaines légendes. Avec Le Roi des Fauves, elle avait développé la mythologie nordique des berserkers. Ici, en revanche, elle s’est tournée vers la mythologie aztèque. Et, croyez-moi, ça vaut le détour.

Rituels barbares, combats à mort et dieux capricieux : tous les éléments étaient réunis pour faire du Dieu oiseau un véritable page-turner.

Détruit, mais déterminé

Voilà comment je caractériserais Faolan. Au début de l’histoire, je le considérais d’ailleurs comme la plus grande victime du banquet précédent. Certes, il a survécu, mais la torture a duré 10 ans. Et ses bourreaux ont fait preuve d’une imagination débordante dans leurs sévices.

Sincèrement, en découvrant ce qu’il a vécu, je me demandais comment Faolan pouvait encore avoir la force de survivre. Bien sûr, la vengeance est un moteur incroyable mais… jusqu’où allait-elle le porter ?

Heureusement, Aurélie Wellenstein n’a pas versé dans la facilité. Son héros n’est pas capable de réaliser l’impossible, même s’il surprend par son besoin viscéral de gagner. J’ai beaucoup aimé le suivre dans ses aventures. Mais, surtout, j’ai eu peur pour lui à de nombreuses reprises. Peur de ce que Torrok, son tortionnaire, a fait de lui. 

Une fin abrupte

J’étais vraiment très curieuse de découvrir le dénouement du Dieu oiseau. J’attendais, avec beaucoup d’impatience, l’apothéose de cette histoire sanglante. Mais, pour tout vous dire, j’ai été un peu déçue. Pour moi, ce final ne répond à aucune question, est en désaccord avec les événements précédents.

Toutefois, ce sera bien mon seul bémol au sujet de cette lecture !

Du même auteur

Le Roi des Fauves, Aurélie Wellenstein

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