Editeur : auto-édition
Date de sortie : 31 août 2018
Genre : fantastique (thriller)

Synopsis

Chacun d’entre nous a, un jour ou l’autre, ressenti la part d’invisible qui nous gouverne. L’intuition. Le déjà-vu. L’empathie. Les pressentiments.

Et s’ils n’étaient que d’infimes fenêtres de perception sur la véritable nature du monde ?

Anton est né avec un talent extraordinaire : il lit dans les pensées. Mais un talent extraordinaire, quand on ne le contrôle pas, ça peut vite virer au cauchemar. Lorsque sa bien-aimée disparaît, Anton entreprend un voyage initiatique au cours duquel il va rencontrer d’autres individus doués de talents similaires au sien.

Et découvrir la menace qui pèse sur chacun d’entre eux : dans l’ombre, un homme les traque, avec le dessein d’utiliser leurs pouvoirs pour ouvrir une porte auparavant fermée à l’Humanité.

Critique

Auto-édition et qualité : deux concepts compatibles ?

Lorsque Thomas Gerbaud m’a proposé son livre en service de presse, je dois avouer que j’ai eu quelques réticences. Ayant déjà lu des ouvrage auto-édités, comme Les Chroniques des Fleurs d’Opale par exemple, j’avais peur d’être déçue, encore une fois. Mais peut-on vraiment mettre tous les auteurs dans le même panier ? Décidément, non.

C’est pourquoi, après avoir parcouru quelques extraits, j’ai choisi d’offrir sa chance à Atlas des courants invisibles (et ceux qui les parcourent). Et, en fin de compte, je pense avoir eu raison !

Un mot sur la forme

Thomas Gerbaud possède une plume intéressante, toute en finesse, dont il se sert pour écrire de très belles descriptions. Dès lors, si vous avez besoin de cela pour vous plonger dans une histoire, je ne peux que vous conseiller ce roman.

Et puis, je me dois de le souligner, je n’ai relevé que très peu de coquilles, ce qui est tout de même admirable pour un auto-édité.

Au départ, difficile de savoir où l’auteur veut en venir…

C’est un peu le premier obstacle auquel je me suis confrontée. Les personnage sont (trop ?) nombreux, les scènes sans liens évidents, l’intrigue assez longue à se mettre en place. Bref, j’ai mis du temps à rentrer dans l’histoire, d’autant plus que celle-ci s’est révélée très complexe.

Des théories intéressantes

C’est là le plus gros point fort du récit. Je vais donc essayer de vous en expliquer les bases, ce qui signifie un peu de spoil, j’en ai peur. Thomas, j’espère que tu ne m’en voudras pas d’en dévoiler davantage. Et, si jamais je m’égare, n’hésite pas à me corriger !

Si j’ai bien compris, Atlas des courants invisibles (et ceux qui les parcourent) repose sur un principe simple : l’humanité est semblable à une entité collective, même si ses membres n’en ont pas conscience. Or, des chercheurs sont parvenus à la conclusion que cette entité peut subir des perturbations, notamment après la manifestation de sentiments puissants, en l’occurrence la peur.

Voilà comment certains individus, nés dans le même intervalle que de grandes catastrophes, ont acquis des facultés hors du commun. Le destin de ces individus est bien entendu particulier, mais qui sont-ils ? Et que peuvent-ils accomplir ? C’est justement ce que des gens puissants, mais pas forcément bien intentionnés, tentent de découvrir…

Avouez, ça donne envie ? Personnellement, ça m’a un peu rappelé des sagas comme X-Men ou encore Heroes. Toutefois, sachez que ce one-shot dispose d’une personnalité qui lui est propre, même s’il n’a pas pu échapper à quelques clichés typiques des histoires de super-héros.

Des questions qui demeureront sans réponse

À force de multiplier les sous-intrigues, l’auteur s’est un peu perdu en chemin. Clairement, il manque des pièces du puzzle. Par exemple, on ne sait pas trop pourquoi Anton et Tara ont été internés dans un hôpital psychiatrique. Était-ce une décision de leur part ? Et pourquoi Jack, ce personnage au fort potentiel, désire-t-il se venger de son père ?

Bref, je pense sincèrement que ce one-shot aurait pu être davantage développé. D’ailleurs, j’aurais aimé découvrir plus avant l’histoire de Jack dont la souffrance est un réel point d’ancrage pour le lecteur, d’Ilia, de Mani et bien d’autres.

Un final nébuleux ?

Si j’ai été agréablement surprise par le scénario de ce livre, la fin m’a laissée perplexe, sceptique même. Plus le dénouement approchait, plus les événements perdaient de leur sens. Expéditif et facile, le final n’a pas vraiment apporté de réponse, comme tout le reste. Du coup, j’ai eu l’impression que l’intrigue s’effondrait sur elle-même, après m’avoir embarquée. Frustrant !

En résumé, j’ai comme un sentiment d’inachevé quand je pense à cette lecture. Mais, après en avoir discuté avec l’auteur, ce dernier envisage d’offrir une autre fin à son oeuvre et je l’y encourage fortement même si, bien entendu, le choix lui appartient.

Publicités