Editeur : L’homme sans nom
Date de sortie : 12 mai 2017
Genres : heroic fantasy, fantasy politique

Synopsis

Que passe l’hiver sur la Clairière
Aux étranges trouées sombres,
À la magie puissante et aux mystères sans fin,
Aux dieux, aux hommes si cruels.

Que passe l’hiver sur un roi
Mi-dieu mi-homme, au destin funeste ;
Sur celui qui devina la mort de ses terres,
Ne put s’y résoudre.

Que passe l’hiver oui,
Mais qu’en restent les souvenirs.

À la croisée de l’ode initiatique et du huis clos, Que passe l’hiver raconte le destin d’un jeune homme au pied bot et d’un roi aux longs bois de cerf, pris dans le maelström d’un monde qui se meurt, peut-être…

Critique

À force de persuasion

Lors de différents salons, le responsable du stand des éditions L’homme sans nom m’a plusieurs fois présenté Que passe l’hiver comme étant un huis clos onirique porté par une plume majestueuse. Et, chaque fois, ses mots m’intriguaient. Pourtant, j’ai longtemps hésité avant de me lancer dans cette lecture.

Cependant, aux Halliennales 2018, j’ai enfin craqué. Et je dois dire que je ne regrette pas ! C’est même avec plaisir que je vous livre aujourd’hui une chronique positive au sujet de ce livre, que l’on ne voit pas assez sur la blogosphère. L’éditeur m’a néanmoins confié que la quatrième de couverture, volontairement mystérieuse, n’avait pas eu l’effet escompté auprès des lecteurs, mais je compte bien y remédier.

La finesse incarnée

Ce qui m’a frappée en débutant ce one-shot, c’est la plume de l’auteur. Pour moi, David Bry a développé son propre style, unique et poétique, en dépit de quelques phrases à rallonge qui se sont malencontreusement immiscées dans le récit.

En outre, j’ai adoré les passages en début de chapitre qui, peu à peu, composent un poème au sens révélateur.

Un héros bien entouré

Le nombre de personnages dans Que passe l’hiver est impressionnant. Il est difficile de s’y retrouver ! Je pouvais toutefois me reporter à une liste complète des membres des différents clans dès que j’en ressentais le besoin, ce qui m’a beaucoup aidée.

L’histoire est portée par Stig, le dernier-né de la famille à la tête du clan Feyren… et une quantité négligeable aux yeux de son père en raison de son pied bot. Car, dans le monde dans lequel il vit, à la dure si je puis dire, c’est un handicap intolérable. Heureusement, Stig a bénéficié du pouvoir propre à son lignage ; il peut ainsi se transformer en corbeau à volonté. Sous cette forme, la liberté lui ouvre les bras !

Voilà donc un personnage loin d’être anodin qui a attiré l’attention des Dieux. Ceux-ci lui réservent d’ailleurs un destin à mille lieues de la place censée être la sienne…

Quand le climat est tendu

Chaque année, les clans se réunissent au Wegg afin de renouveler leur serment d’allégeance aux Dieux. Et pour la première fois, Stig est autorisé à y participer ; comme vous pouvez l’imaginer, il est très impatient. Néanmoins, ce qui l’attend, ce n’est pas le tranquille rassemblement des clans.

En effet, Que passe l’hiver est un complot savamment orchestré qui va pourtant rencontrer quelques obstacles. Entre victimes collatérales, conséquences irréversibles et douleurs que rien ne pourra apaiser, le prix à payer sera élevé. Il faut dire que David Bry ne ménage pas ses personnages, piégés malgré eux au coeur de l’hiver !

L’intrigue prenant des chemins inattendus, durs et même sanglants, j’ai été de surprise en surprise. Et les températures négatives qui enveloppent le récit ne font que rajouter à l’atmosphère glaciale de ce one-shot, à la méfiance que tous les protagonistes se portent mutuellement.

Toujours pas convaincu ?

Alors, j’ajouterai que la mythologie et les systèmes de magie inventés par l’auteur sont captivants. C’est un véritable univers qu’il a créé de toutes pièces. Même s’il ne revisite pas le genre, il a le mérite d’être prenant.

De plus, le final porte l’histoire à son apogée. Certes, il ne répond pas à toutes les questions, mais l’idée qu’il persiste des zones d’ombres me plait énormément. J’ai donc très envie de me lancer dans Le garçon et la ville qui ne souriait plus, une uchronie également écrite par David Bry, car le synopsis a largement retenu mon attention !

Du même auteur

Le garçon et la ville qui ne souriait plus, David Bry