Editeur : Plume blanche (collection Plume d’Argent)
Date de sortie : 9 janvier 2017
Genre : urban fantasy (young adult)

Synopsis

« Mon frère, si tu crois encore assez en quelque chose pour t’y raccrocher, fais-le ; car je vais te retrouver et te tuer. »

Critique

Un synopsis bien trop succinct

Après de nombreuses hésitations, j’ai fini par craquer pour le premier tome de la saga Ray Shepard à Mon’s Livre 2018. Pourquoi si longtemps après sa date de sortie ? Eh bien, en vérité, j’ai eu la chance de discuter avec l’auteure qui m’a gentiment présenté son histoire et a ensuite dédicacé mon exemplaire :

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Mais parce que le synopsis n’en révèle que très peu sur l’intrigue – c’est même un euphémisme, si vous voulez mon avis -, je vais essayer de vous expliquer les débuts de cette trilogie, avec mes mots.

Dans l’univers de Morgane Rugraff, chacun d’entre nous possède une âme qui prend l’apparence d’un animal, non pas de façon solide, mais plutôt sous forme de fluide. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on appelle cela un spectre. La pratique populaire veut donc que l’on apprenne à se battre pour remporter des duels de spectres – oui, un peu comme dans Pokemon. À ceci vient s’ajouter l’utilisation de l’alchimie, une magie qui repose sur l’utilisation d’incantations aux effets divers.

Chaque année, un grand tournoi est organisé dans la ville où vivent Ray et ses proches. Or, ceux-ci ont bien l’intention d’y participer ! Mais qui est Ray Shepard ? Selon moi, il est important de connaître trois choses à son sujet :

  1. Il excelle dans l’art des combats de spectres ;
  2. Son passé lui apparaît très flou, ce qui explique le titre du premier volet ;
  3. Il ne désire qu’une seule chose : se venger de son frère, car ce dernier aurait commis un acte ignoble que je passerai sous silence.

Bref, présentée comme ça, l’histoire me semblait extrêmement prometteuse !

Au coeur de l’imaginaire de Morgane Rugraff

Lorsque j’ai ouvert Amnésie pour la première fois, il était tard et j’avais simplement envie de lire quelques pages avant de m’endormir. Je suis alors tombée sur un préambule décrivant le monde dans lequel je m’apprêtais à entrer. Et ce passage a tant attisé ma curiosité que j’étais persuadée d’aimer la suite.

Malheureusement, ma lecture ne s’est pas déroulée sans heurts, même si j’admets volontiers que l’univers est original, fouillé et prenant !

Premier frein : une plume maladroite

Mes mots vont sûrement vous sembler durs, mais pour être honnête avec vous, je n’ai pas apprécié l’écriture de Morgane Rugraff. En fait, le rendu m’a paru très amateur, très brouillon.

Pour ne rien arranger, j’ai même trouvé que l’auteure en faisait des tonnes ; elle revient sans cesse aux regards que se lancent ses personnages, se perd dans des passages inutiles où ses héros contemplent le ciel en s’interrogeant sur leur avenir. C’est ce genre de lieux communs qui, selon moi, nuisent à l’identité propre d’un roman.

Bien entendu, mon ressenti est totalement subjectif. D’autres lecteurs ont d’ailleurs apprécié cette trilogie, et tant mieux !

Deuxième frein : des personnages stéréotypés

Sincèrement, ils m’ont carrément tapé sur les nerfs. Tous les clichés du young adult sont en effet réunis dans cette saga :

  1. Ray, le badboy ténébreux qui n’est pas très bavard, mais dont l’attitude supérieure en dit suffisamment long sur ses performances au combat ;
  2. Jack, son rival qui, malgré ses efforts, ne lui arrive pas à la cheville, ce qui le frustre énormément ;
  3. Kaily, la fille naïve et pleurnicharde qui n’a pu résister au charme dévastateur de Ray et qui, pour couronner le tout, se trouve être la petite soeur de Jack ;
  4. Mariah, la belle solitaire dont les aspirations restent secrètes et que toutes les filles envient pour sa beauté.

Autant vous dire que j’ai déchanté en découvrant de tels stéréotypes, stéréotypes qui se confirment jusqu’à la dernière page. Or, c’est justement ce qui les a rendus si prévisibles et ce qui m’a permis de deviner, à l’avance, leurs pensées et leurs actes. De plus, ceux-ci sont souvent excessifs, comme si leurs émotions étaient exacerbées.

Bref, vous l’aurez compris, j’aurais apprécié davantage de subtilité dans la construction de ces personnages.

Troisième frein : une intrigue sans bases solides

J’aurais certainement pu faire l’impasse sur la plume maladroite et les personnages clichés si seulement le scénario s’était révélé à la hauteur. Mais, en vérité, l’intrigue tourne littéralement en rond, débordant de scènes superflues, de pensées parasites, de combats répétitifs et confus.

À mon sens, on pourrait aisément supprimer un tiers du livre. Cette impression de longueurs m’a d’ailleurs été confirmée par une anecdote de l’éditrice ; elle m’a confié que la première version d’Amnésie était beaucoup plus courte. Et malheureusement, je n’entrevois pas vraiment la valeur ajoutée dans la version finale. Car, si le nombre de pages est conséquent, les révélations, elles, sont données au compte-gouttes. À la fin, on en sait toujours aussi peu sur les intentions de Ray…

En conclusion : une note pas si mauvaise ?

Même si ma lecture s’est révélée longue et pénible, je reconnais le potentiel de cette saga. Cependant, j’avais beau entrapercevoir ce que d’autres lecteurs ont tant aimé dans cette histoire, je ne parvenais pas à faire fi des défauts qui me sautaient aux yeux.

L’éditrice m’a pourtant assuré que la suite était meilleure. J’hésite donc à poursuivre la trilogie, par simple curiosité. Mais ce qui est sûr, c’est que ça ne sera pas dans les semaines à venir.