Editeur : ActuSF (collection Hélios)
Date de sortie : 15 février 2018
Genre : fantasy politique

Synopsis

Rien ne saurait ébranler Anasterry, la plus riche et intellectuelle baronnie de Civilisation. Rien… sauf peut-être un défi de gamins. Quand Renaldo, le fils du baron de Montès, et son meilleur ami entreprennent de trouver la faille de cette utopie pour séduire une jeune fille, ils ignorent qu’ils vont déterrer de terribles secrets…

Pour réparer ses erreurs, Renaldo devra choisir entre son patriotisme, ses idéaux et ses responsabilités d’homme libre. Il apprendra surtout qu’on ne pardonne rien aux donneurs de leçons, surtout quand ils ont raison…

Il n’y a pas de monstre à Anasterry…

Critique

Une recommandation avisée

Lors de La Foire du Livre de Bruxelles de 2018, la responsable du stand des Indés de l’imaginaire m’a grandement conseillé Anasterry. En effet, quand je lui ai confié adorer la fantasy politique, elle m’a aussitôt tendu ce one-shot en me promettant une très bonne lecture. Bien entendu, je l’ai acheté.

Mais comme beaucoup d’autres, ce livre a dormi dans ma bibliothèque pendant des mois et, quand je l’en ai enfin ressorti, j’ai douté. Vraiment. Le synopsis ne m’attirait pas outre mesure et les quelques critiques que j’avais pu en lire ne m’avaient pas semblé très élogieuses.

J’ai donc débuté ce roman avec quelques a priori. Mais, après une soixantaine de pages, le temps pour l’auteure de placer ses pions sur l’échiquier, je suis rentrée dans l’histoire et en demandais plus !

Entre humour et sérieux

Des thématiques fortes, des messages percutants, voilà ce qui vous attend dans Anasterry. Surtout, ne vous laissez pas abuser par son apparente légèreté, ce récit a plus d’un tour dans son sac. Car si les personnages principaux, Renaldo et Thélban, cultivent l’art de l’autodérision, ils se frotteront malgré eux à des dangers qui pourraient bien signer leur arrêt de mort. Alors, ce qui a commencé comme une simple farce se transformera en une quête téméraire

La vérité est-elle toujours bonne à savoir ? Les mots ont-ils un réel pouvoir ? L’honneur suffit-il à risquer sa vie ? Voici autant de questions qu’Isabelle Bauthian pose sous couvert d’ironie. Et pour ne rien gâcher, j’ai beaucoup apprécié sa plume, juste dans les émotions qu’elle transmet et incisive dans les leçons qu’elle donne.

Des rencontres qui changent un homme

Anasterry nous conte l’amitié profonde qui lie Renaldo, fils de baron, à Thélban, un riche négociant à mille lieues du compagnon idéal. Et pourtant, c’est sur lui que Renaldo pourra compter tout au long de cette folle aventure. Avec ce duo improbable, l’auteure joue habilement avec les convenances. En effet, la famille de Renaldo n’a jamais approuvé cette amitié en dépit des qualités indéniables de Thélban pour nouer des relations et en tirer profit.

Bien sûr, afin de pimenter un peu la situation, il était nécessaire d’y inclure une femme et, par conséquent, un triangle amoureux. Mais rassurez-vous : celui-ci n’a rien de conventionnel. D’ailleurs, Constance est loin du cliché de la femme désirable. Guerrière émérite, elle prône son indépendance, tout particulièrement vis-à-vis de la gent masculine. Elle est même si différente des autres que Renaldo se prendra au jeu de la séduction, sans se rendre compte que c’est lui qu’il piégera. Et oui, l’équilibre entre devoirs et désirs n’est pas facile à trouver…

Toutefois, cette romance n’est qu’un prétexte pour inciter les personnages à déterrer des secrets – des monstres, peut-être – que certains ont décidé de protéger envers et contre tout.

La force de cet univers…

…ce n’est pas la magie, totalement absente. Au contraire, Isabelle Bauthian a créé un monde qui repose sur des alliances fragiles entre baronnies, des croyances populaires parfois étranges et des faux-semblants nécessaires que nos héros, en dépit de leurs bonnes intentions, vont mettre à mal.

Je suis donc impatiente de découvrir Grish-Mère, un second roman se déroulant dans le même univers, mais dédié à une autre baronnie. En bref, un cadre propice à de nouvelles intrigues politiques !

L’étonnement après chaque page

Les rebondissements dans Anasterry ne sont pas titanesques. Au contraire, ils sont éparpillés dans le récit et parviennent à le renverser petit à petit. J’ai même fini par me demander comment l’histoire avait pu prendre une telle tournure sans que je ne m’en aperçoive !

Alors que je croyais avoir compris les mécanismes qui régissent ce one-shot ainsi que ses nombreux paradoxes, je me suis fait avoir lors du dénouement. Et si ce dernier m’a frustrée, je reconnais que c’était le seul moyen de me surprendre.

En vérité, Isabelle Bauthian nous induit en erreur grâce à un schéma de pensées que l’on croit respecté tout au long du livre, mais qui se révèle plus complexe par bien des aspects. D’ailleurs, ce sera mon seul reproche : les chemins détournés qu’emprunte sans cesse le scénario. Par moments, je me sentais complètement perdue ! Néanmoins, cela me conforte dans l’idée que la relecture sera tout aussi intéressante.

Du même auteur

Grish-Mère, Isabelle Bauthian