Editeur : Scrineo
Date de sortie : 2 mai 2019
Genre : fantastique (young adult)

Synopsis

1461, Japon.
Hikari, une mystérieuse jeune femme, vit avec ses sœurs dans une forêt peuplée de petits Dieux de la province d’Izumi. Fascinée depuis toujours par les humains, elle s’intéresse de près aux villageois installés au pied de la montagne, et plus particulièrement à Jun, l’un des bûcherons. Mais le contact avec les hommes est formellement interdit par son clan…

2016, Tokyo.
Depuis toujours, Mina a le pouvoir de voir et de côtoyer les yokaï, esprits et monstres du folklore japonais. Solitaire à cause de ce don qu’elle doit cacher à tous, la jeune fille ne se sent pas à sa place dans la société.
Jusqu’au jour où un esprit tente de s’introduire dans ses rêves et que Natsume, une fille de sa classe, l’entraîne dans une chasse au démon à travers la capitale…

Deux univers qui se croisent, deux destins qui s’entremêlent, entre quête d’identité et désir d’émancipation.

Critique

Une seconde chance ?

L’été dernier, je m’étais lancée avec enthousiasme dans la lecture de Rouille, le premier roman de Floriane Soulas. Malheureusement, j’en étais ressortie un chouia déçue, car l’intrigue m’avait semblé bancale sur plusieurs points.

De ce fait, j’ai beaucoup hésité avant de demander Les Noces de la Renarde en service de presse. Par chance, ce deuxième essai fut une réussite ! Je remercie donc les éditions Scrineo pour cet envoi.

Un dépaysement total

En toute franchise, je n’ai jamais été très attirée par les histoires inspirées du folklore japonais. Les quelques ouvrages qui sont passés entre mes mains me paraissaient d’ailleurs peu adaptés à une novice telle que moi, je n’ai donc pas tenté l’expérience.

Mais, en lisant le pitch des Noces de la Renarde, je me suis dit que ce serait une bonne entrée en matière. Et quelle découverte ! Mikos, kitsunes et autres yokaïs m’ont rapidement fascinée. Bon, j’avoue m’être régulièrement appuyée sur les explications en bas de page, sans lesquelles j’aurais été perdue. Toutefois, ce one-shot reste très accessiblePar contre, si vous êtes un fin connaisseur de la culture nippone, cette lecture n’est certainement pas faite pour vous.

Lorsque passé et présent s’entremêlent

Dans Les Noces de la Renarde, Floriane Soulas concentre son attention sur deux époques distinctes, les 15e et 21e siècles. Cette idée, qui n’est certes pas novatrice, fonctionne pourtant à merveille, d’autant plus que l’auteure maîtrise les rebondissements de son scénario. En effet, chaque changement de temporalité inclut un mini cliffhanger, ce qui rend le livre terriblement addictif. Par réflexe, je cherchais continuellement les liens entre les deux périodes, qui apparaissent flous au début, mais tendent à se révéler par la suite.

Cependant, je suis en accord avec les quelques avis qui ont relevé des longueurs dans la première partie, surtout en 2016. En fait, je m’interroge sérieusement sur la pertinence du sauvetage d’une camarade de classe, car cela retarde considérablement le lancement de l’intrigue proprement dite. Attention, je ne prétends pas m’être ennuyée, bien au contraire, mais je ne comprenais pas où Floriane Soulas voulait en venir, ce qui m’a un peu frustrée. Heureusement, cette longue introduction débouche sur une enquête ésotérique qui m’a passionnée de bout en bout !

Deux héroïnes diamétralement opposées, et pourtant…

Entre Hikari, une yokaï à la fascination étrange pour les êtres humains, et Mina, une jeune fille aux dons surnaturels effrayants, il y  a un monde. Et plusieurs siècles ! J’admets avoir une préférence pour la première, car son quotidien est loin d’être commun, à l’inverse de celui de Mina. Pour tout vous dire, cette dernière ne faisait clairement pas le poids, au début, face à l’attraction qu’exerce la yokaï plusieurs fois centenaire sur le lecteur. 

Néanmoins, l’auteure a remporté son pari ; j’ai fini par apprécier Mina et sa force de caractère naissante, même si celle-ci tarde à se dévoiler. Et puis, c’est vers elle que convergent toutes les puissances, malveillantes ou non ! Voilà qui a attisé ma curiosité jusqu’au grand final…

Ce dénouement, parlons-en !

Il s’étale sur plus d’une centaine de pages ; l’auteure a ainsi pris le temps de refermer une à une les portes qu’elle a ouvertes tout au long de son roman. Bien entendu, les indices ne manquent pas et l’on comprend aisément ce qui se cache derrière les ombres. Cependant, le récit n’avait clairement pas besoin de révélations spectaculaires. C’est donc avec plaisir que j’ai vu mes soupçons se préciser, changer parfois, pour finalement se confirmer.

Et, pour ne rien gâcher, je trouve que la plume de Floriane Soulas a gagné en maturité, voire même en fluidité. Un pur régal de A à Z !

Du même auteur

Rouille, Floriane Soulas