Editeur : Le Chat Noir
Date de sortie : 16 juin 2019
Genre : heroic fantasy (roman graphique)

Synopsis

Octobre 1345, Comté de Bourgogne.

Fuyant la colère du baron, Aymeric Jodelet, peintre et coureur de jupons, doit s’exiler de son village. L’artiste trouve refuge dans la forêt voisine, au mépris des superstitions. Selon les paysans, un monstre y rôderait : la Vouivre, dont les griffes déchireraient les intrus.

Une fable, rien de plus ?

À l’automne, les sentiers sylvestres mènent n’importe où.

Parfois jusqu’à l’inconnu.

Critique

Les romans graphiques, pas pour moi ?

C’est ce que je croyais au départ, car je n’apprécie pas vraiment les bandes dessinées. J’ai donc failli passer à côté de cette superbe découverte ! Heureusement, lors des Halliennales 2018, Anthelme Hauchecorne a pris le temps de m’exposer son projet de financement participatif sur Ulule en vue de publier un artbook.

Ayant eu un véritable coup de coeur pour Journal d’un marchand de rêves, je n’ai pas hésité bien longtemps avant d’apporter ma contribution et ce, en dépit de mes réticences initiales. Cela m’a permis de comprendre une chose : ce ne sont pas les illustrations qui me freinent dans mon imaginaire, mais le format « bulles » qui ne me convient pas. J’ai donc dévoré ce roman graphique après l’avoir récupéré et fait dédicacé à Trolls & Légendes :

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Mais parce qu’aucun de mes mots ne pourra égaler le talent de Loïc Canavaggia, dont le formidable coup de crayon a donné vie à des créatures mythiques, voici un aperçu de ce qui se cache entre les pages de Noces d’écailles :

Vous ne connaissiez pas ma passion pour les dragons ?

Elle me vient de la saga L’héritage de Christopher Paolini. Ici cependant, on est bien loin des grands récits épiques. D’ailleurs, ce roman ne parle pas tout à fait de dragon, mais de vouivre, une nuance qu’il est important de souligner.

Quoi qu’il en soit, j’ai retrouvé l’imaginaire un brin déluré d’Anthelme Hauchecorne avec grand plaisir, cette fois dans un style plus médiéval. Sous sa plume empreinte de magie, l’histoire d’Aymeric Jodelet a pris une dimension ésotérique qui m’a beaucoup plu !

Un récit qui se joue de nous

Tout comme dans Journal d’un marchand de rêves et Le Carnaval aux Corbeaux, l’auteur n’a pas conçu son intrigue de manière linéaire. Il avance, recule, repart en sens inverse afin de perdre son lecteur et le surprendre ! Alors, oui, c’est sûr, il faut être un minimum concentré pour suivre les péripéties des protagonistes. Toutefois, c’est sa façon de renverser l’histoire au moment où on s’y attend le moins.

Malgré un roman relativement court, il est parvenu à créer du suspense, à trouver un équilibre entre description et action et même à susciter des émotions. J’avoue avoir ressenti quelques longueurs au début, notamment lorsque le personnage principal se perd dans ses écrits, mais les nombreux rebondissements m’ont permis d’oublier ce détail.

Lâcheté et égoïsme ne font pas bon ménage, et pourtant…

Aymeric Jodelet est l’exemple parfait de l’anti-héros. Il a préféré tout abandonner, femme et enfant, honneur et courage, pour fuir ses erreurs passées. Comme à son habitude néanmoins, Anthelme Hauchecorne transcende son personnage au-delà de ce qu’il se croit capable. Si on lui avait annoncé ce qui l’attend dans la forêt, peut-être aurait-il renoncé. Mais sa rencontre avec Gwybère, une jeune femme étrange, et des sentiments ambivalents à son égard révéleront le pire et, surtout, le meilleur de lui-même…

Du même auteur

Journal d’un marchand de rêves, Anthelme Hauchecorne
Le Carnaval aux Corbeaux, tome 1 : Le Nibelung, Anthelme Hauchecorne
Chroniques des Cinq-Trônes, tome 1 : Moitiés d’âme, Hanthelme Hauchecorne