Éditeur : Plume Blanche (collection Plume d’Argent)
Date de sortie : 6 mars 2018
Genre : anticipation

Synopsis

Peur. Discrétion.

Les règles ont changé. Le territoire est divisé entre différents gangs qui tiennent les rues d’une main de fer.

Ce monde, c’est celui de Lia et si elle veut y survivre, elle va devoir s’adapter !

Critique

La loi du plus fort

Identités étant un roman d’anticipation, C. Sizel nous emmène dans le futur, et celui-ci n’est pas très attrayant. En effet, le pays est désormais sous la coupe de gangs qui n’hésitent pas à se faire la guerre pour étendre leur influence.

Mais comment survivre dans ce monde hostile ? Les dangers sont partout, à plus forte raison pour les femmes seules. Certaines d’entre elles tombent rapidement dans la prostitution, et pas forcément de leur plein gré !

Voici le cadre dans lequel évolue Lia, notre héroïne. C’est donc en se rongeant les sangs que l’on suit son parcours, inquiet à l’idée qu’elle puisse tomber entre de mauvaises mains…

Une héroïne aux multiples visages

Comme le nom du livre le laisse présager, Lia endossera plusieurs identités au cours de son existence, afin de se protéger. Parce qu’elle est contrainte de s’adapter en situation de crise, elle se glissera chaque fois dans une nouvelle version d’elle-même, et j’ai trouvé cet aspect du récit véritablement passionnant. L’auteure a donc creusé son héroïne, explorant chaque recoin de son âme, lui imprimant une réelle évolution au fil des chapitres. 

D’autres personnages gravitent bien entendu autour de Lia, mais en nombre restreint. En effet, C. Sizel reste essentiellement centrée sur cette dernière. Néanmoins, pour certains, elle a pris le temps de les approfondir, de nous dévoiler leur passé et même d’explorer leurs failles. Tous ont enduré des épreuves, parfois ignobles, ce qui explique ce curieux mélange de force et de fragilité qui les caractérise. Force, parce qu’ils ont survécu. Fragilité, parce qu’ils sont désormais traumatisés !

Bref, pas de stéréotype du côté des personnages.

À fleur de peau

Avec Identités, C. Sizel nous transmet une myriade d’émotions, pas toujours très plaisantes. En premier lieu, vient la méfiance puisqu’il est difficile pour Lia de s’attacher à d’autres personnes – et si elles étaient mal intentionnées ? Alors, elle s’approche prudemment des étrangers, n’accorde sa confiance qu’en dernier recours, lorsqu’elle sait que c’est sa seule chance de s’en sortir. 

J’ai ainsi ressenti sa frustration de ne posséder aucune certitude. Moi aussi, je me suis sentie seule, désarmée, impuissante… et parfois pleine d’espoir ! On peut donc dire que l’immersion est une réussite.

Le seul bémol, selon moi, c’est la pointe de romance qui survient trop rapidement pour être totalement crédible. Cela reste cependant très anecdotique, heureusement.

Une intrigue linéaire, et pourtant…

La manière dont l’auteure a pensé son histoire n’est pas commune. Jamais elle ne mélange les fils du scénario, jamais elle ne croise les événements. Lia le sait mieux que personne : seul le présent importe, car l’on ne revient pas en arrière !

Dès lors, chaque instant est crucial. C. Sizel s’intéresse donc à des détails, comme par exemple la nécessité de se laver ou de se loger, mais tous ont leur utilité. En vérité, ils participent au bon déroulé de l’intrigue, à la compréhension de ce monde futuriste et à la construction des identités de Lia. 

Bien entendu, le rythme ne peut être haletant dans ces conditions. Pour autant, le récit n’est pas exempt d’action ou de rebondissements, bien au contraire.

L’épilogue n’est pas celui que j’attendais ! 

Malgré tout, il m’a surprise et c’est devenu rare, ces temps-ci. De plus, avec le recul, je m’aperçois que ce dénouement m’a permis de refermer ce one-shot avec sérénité, sans mille et une questions pour me traverser l’esprit. Et ça aussi, c’est plutôt rare !