Éditeur : Bragelonne (collection BigBang)
Date de sortie : 19 juin 2019
Genre : fantasy politique (young adult)

Synopsis

La magie est peu fréquente dans l’Empire raverrain, et ceux qui naissent avec ce pouvoir sont étroitement contrôlés : repérés dès l’enfance, ils se retrouvent enrôlés de force dans le régiment des Faucons.

Zaira a évité ce sort ; elle a grandi dans les rues en volant pour survivre et en dissimulant sa nature. Mais elle cache une magie rare et dangereuse, une magie qui pourrait menacer l’Empire tout entier.

Amalia Cornaro n’était pas destinée à devenir Fauconnière. Héritière d’une puissante famille, érudite, elle vit dans le monde dangereux des machinations politiques. Mais le sort va réunir l’héritière et la sorcière en une alliance improbable. Alors que la menace de la guerre se profile, il pourrait suffire d’une étincelle pour transformer leur cité en un brasier incandescent…

Critique

Mon péché mignon

Vous connaissez mon amour pour les intrigues politiques, pas vrai ? Non ?! Eh bien, c’est désormais chose faite. Vous comprenez donc pourquoi il m’était impossible de résister aux Faucons de Raverra.

Alors, oui, c’est du young adult, et ça se sent à la lecture. Néanmoins, même s’il reste accessible à un public plus jeune, ce récit est de qualité. J’ai pourtant eu quelques frayeurs en débutant La Sorcière captive

Je dis oui à la rapidité, mais non à la facilité

C’est indéniable, Melissa Caruso sait comment captiver son lecteur. Dès les premiers chapitres, on rentre dans le vif du sujet ; Amalia et Zaira se rencontrent en effet dans des circonstances pour le moins exceptionnelles. Si ce rythme effréné m’a plutôt emballée, la facilité avec laquelle nos deux héroïnes se trouvent liées m’a laissée un peu perplexe. Les enjeux sont pourtant considérables, mais l’auteure n’a pas ressenti le besoin de s’y arrêter.

Bref, cette entrée en matière ne m’a pas convaincue.

L’intrigue politique prend davantage de temps à se mettre en place…

…et c’est bien normal. Melissa Caruso pose avec habileté ses pions sur l’échiquier, nous explique leur rôle et amorce de possibles interactions entre eux. La relation qu’entretiennent Amalia et Zaira débute d’ailleurs ici, et pas sous les meilleurs auspices.

En parallèle, l’univers se dévoile petit à petit et des étoiles n’ont pas tardé à apparaître dans mes yeux. Outre la très célèbre Venise complètement revisitée, c’est un monde de magies qui s’ouvre à nous. Avez-vous remarqué le pluriel du mot « magies » ? En effet, l’auteure a imaginé différentes castes (vivomanciens, façonniers, sorcières de feu…) avec chacune leurs particularités.

Bon, il est vrai que ces découvertes ne parviennent pas totalement à masquer les quelques lenteurs de l’histoire, le temps que celle-ci décolle vraiment. Mais rien de bien grave, rassurez-vous !

Une héroïne démunie… ou presque !

Les Faucons de Raverra est une saga écrite à la première personne ; le lecteur accède donc aux pensées les plus intimes d’Amalia. Encore jeune, celle-ci ne s’intéresse tout d’abord qu’à l’Artifice, une forme de magie complexe dont elle est pourtant dénuée, laissant à sa mère le soin de gérer les dissensions de la Cité Sérénissime. Mais voilà qu’elle endosse, bien malgré elle, la charge de Fauconnier, ce qui la projette au cœur de complots auxquels elle n’entend rien. 

C’est avec un réel plaisir que j’ai suivi son entrée dans les hautes sphères de l’Empire raverrain. Pour une fois, l’héroïne de l’histoire ne possède pas de pouvoirs qui dépassent l’entendement, même si son statut est loin d’être anodin. Amalia devra donc user de toute son intelligence, apprendre des manigances de sa mère pour se sortir de situations inconfortables. Et j’ai adoré !

La romance, un incontournable du young adult

Et encore une fois, c’est l’élément qui m’a fait grimacer. Cette romance, niaise pour ne rien arranger, est beaucoup trop présente, coupant sans cesse l’intrigue dans son bon déroulé. On assiste ainsi aux premiers émois d’Amalia, à ses premiers battements de cœur pour un homme charmant – trop lisse, si vous voulez mon avis –, mais inférieur à son rang. Classique ! 

Alors, si vous savez ne pas pouvoir supporter les égarements d’une jeune fille rêvant d’un amour impossible, surtout ne vous lancez pas dans la trilogie. Par contre, si cela vous plaît ou si, comme moi, vous êtes capable de passer outre, foncez ! Les Faucons de Raverra a en effet d’autres atouts, comme…

Des jeux de pouvoir passionnants

La situation politique de Raverra est propice aux complots, aux coups bas et aux trahisons. Même si la résolution de certaines difficultés se veut parfois simpliste, je me suis prise au jeu très rapidement.

Le hic ? Le scénario reste prévisible, du moins pour un lecteur de fantasy aguerri, comme c’est mon cas. Ainsi, même si l’intrigue est très bien construite – et j’insiste sur ce point ! -, j’ai deviné l’identité des traîtres et ai anticipé nombre de rebondissements. Pour autant, je n’ai pas boudé mon plaisir de voir mes prédictions se réaliser.

Un final grandiose

Les Faucons de Raverra, c’est avant tout une lente montée en puissance. En fait, Melissa Caruso a construit son scénario comme un puzzle, nous offrant quelques pièces au détour de l’un ou l’autre chapitre. Et, alors que la conclusion se profile, il est impossible de s’arrêter, tant nous sommes pris dans un tourbillon d’événements captivants. En d’autres termes, j’ai dévoré les 100 dernières pages avec une avidité croissante.

Pour tout vous dire, j’ai déjà lu le tome 2 et, croyez-moi, c’est un chef-d’oeuvre. Je vous en reparle très vite, c’est promis !

Du même auteur

Les Faucons de Raverra, tome 2 : L’Héritière rebelle, Melissa Caruso
Les Faucons de Raverra, tome 3 : L’Empire libéré, Melissa Caruso