Éditeur : Atypique Studio
Date de sortie : 30 juin 2019
Genre : heroic fantasy

Synopsis

« …Le sol convulse sous les hordes de Kragh qui tabassent les gradins au-dessus de nos têtes.

La cavité humide qui nous abrite et a vu passer des combattants de légende entre ses pierres, tremble comme la feuille à l’automne. Quelques filets de pluie dégoulinent entre les commissures moisies et la mousse du plafond. Des gouttes d’eau gelées perlent sur ma nuque comme pour agrémenter la peur qui me colle aux écailles. Des araignées nous scrutent du haut de leurs toiles et nom d’une bonite comme j’aimerais être à leur place !

Lorsque la herse fatiguée se lève dans un grincement qui suinte la rouille, ce sont des gueulantes par torrents qui s’abattent. C’est à en devenir sourd. Amanaka s’avance en premier. En rang, par deux, nous le suivons et pénétrons dans l’arène.

Rexes à ma gauche me souffle « Ça va aller… Si vous faites pas les cons… ». »

Critique

Quand jeu vidéo et littérature se rencontrent

Il y a quelque temps, j’ai reçu un mail de la part d’Atypique Studio, une jeune société de développement de jeux vidéo. Celle-ci travaille actuellement sur un projet d’envergure, Noara : The Conspiracy. Quel rapport avec moi, me demanderez-vous ? Eh bien, son créateur, Jeremy Felali, a également imaginé une série de romans se déroulant dans cet univers, dont La Dernière Lune est le premier tome. C’est justement celui-ci que l’on m’a proposé en service de presse.

Je remercie donc le Studio pour l’envoi, mais également pour sa confiance et la totale liberté d’expression qui m’est offerte aujourd’hui. En effet, mon avis est franchement mitigé. Toutefois, je reste persuadée que cette histoire pourrait plaire à d’autres lecteurs, davantage amateurs de combats et de sang !

Des héros pas comme les autres

Quand j’ai débuté ma lecture, j’étais très intriguée, tout d’abord par l’univers, ensuite par les personnages qui sont tous inspirés de créatures marines : tortue, raie, anguille… Heureusement, le livre comprend de superbes illustrations les représentant, car le texte ne s’attarde pas sur leur description. De plus, on entre directement dans le vif du sujet, il n’est donc pas aisé de les distinguer sans se reporter aux visuels que voici :

Le seul bémol, c’est que l’on découvre principalement nos héros à travers leurs aptitudes au combat. Au fil des pages cependant, l’auteur lève le voile sur leur caractère en leur donnant la parole tour à tour. J’ai donc appris à les apprécier, surtout Arkansza. Slik, quant à lui, m’a semblé trop caricatural et son langage grossier.

Au cœur de l’arène

Le synopsis ne le dit pas, ce qui est particulièrement dommage, mais l’intrigue porte essentiellement sur une série d’épreuves que nos héros doivent remporter pour accéder à un nouveau statut. Or, je l’ignorais ! Et quand je suis arrivée au terme de la première épreuve, j’étais assez refroidie. En effet, j’avais trouvé cette dernière longue, sanglante et bien trop descriptive. J’avais donc hâte de passer à la suite. Erreur, c’était loin d’être terminé ! 

En fait, on n’a pas le temps de s’attacher aux personnages qu’ils sont déjà projetés dans l’arène. Dès lors, qu’ils perdent ou qu’ils gagnent, ça n’avait pas d’importance pour moi.

Des combats, mais pas seulement

Le lecteur l’apprend dès le premier chapitre : Rookyn, l’un des participants aux épreuves, a disparu. Il a donc été remplacé à la dernière minute par Rexes. Mais… qu’est devenu Rookyn ? Et comment Rexes a-t-il pu être désigné aussi vite ?

J’avais très envie d’obtenir des réponses à ces questions, car je trouvais cette intrigue parallèle assez captivante. Cependant, elle a été très vite expédiée, alors qu’il y avait matière à développer.

La dernière épreuve se déroule… ailleurs !

Dans le dernier tiers du livre, j’étais contente de changer de décor, de découvrir un nouveau pan de l’univers, même si je trouve que l’on en sait toujours trop peu. Mais passons ! En vérité, ce qui m’a dérangée, c’est qu’au cours de cette épreuve, nos héros doivent massacrer des créatures, encore et encore, et j’avoue avoir ressenti un certain malaise. L’accent est mis sur la cruauté des combats, le sang qui gicle et les tripes qui se déversent. Bref, pas ma tasse de thé ! 

D’ailleurs, je n’ai pas adhéré au style de l’auteur qui m’a paru trop cru, trop direct.

Que de frustration pour la fin

Suite à des événements pour le moins tragiques, le dénouement m’a donné envie de tourner les pages, ce qui ne m’était plus arrivé depuis un moment. Malheureusement, les explications sont réservées pour la suite. Pendant un bref instant, j’ai presque songé à poursuivre la saga, juste pour savoir. Néanmoins, je ne suis clairement pas bon public pour ce genre de romans. Certes, j’aime la fantasy, mais pas les scènes de combat.

J’espère malgré tout que ce livre trouvera son lectorat !