Éditeur : Scrineo
Date de sortie : 18 juin 2020
Genres : fantastique, historique (young adult)

Synopsis

1991, France.

En triant les affaires de sa sœur disparue cinq ans plus tôt dans des circonstances tragiques, Luzia retrouve son vieux médaillon ainsi que son journal intime. À sa lecture, elle commence à s’interroger : et si le suicide de sa sœur était lié à ce bijou et à la mort de leur tante vingt ans auparavant à Évora ?

Quand elle commence à être assaillie de cauchemars et d’hallucinations, la jeune femme se lance sur les traces de la vérité. Une quête qui la plongera dans le passé de sa famille, dans un Portugal déchiré par la dictature de Salazar…

Trois époques. Trois femmes. Trois destins.
Une volonté : être libre.

Critique

Mon premier Charlotte Bousquet

Si j’ai demandé ce one-shot en service de presse, c’est avant tout parce que j’avais entendu beaucoup de bien de Charlotte Bousquet. J’avais donc envie de me lancer dans l’un de ses récits, et l’occasion s’est présentée à moi. Je remercie donc les éditions Scrineo pour l’envoi.

Je tiens à préciser que Des Œillets pour Antigone est très éloigné de mes lectures habituelles. C’est peut-être pour cette raison que je n’ai pas accroché autant que je l’espérais. Mais cela n’enlève rien à la qualité de ce livre. Laissez-moi vous expliquer…

Des thématiques fortes

Rébellion portugaise, SIDA, homosexualité, racisme : voici quelques-uns des sujets abordés par l’auteure. Autant vous dire qu’elle envoie du lourd.

Néanmoins, peut-être était-ce trop pour moi ? En fait, à aucun moment, je ne me suis évadée du monde réel. Certes, ce n’était pas le but de cette lecture, mais c’est ce que j’ai ressenti ; plutôt que d’être emportée par l’histoire, je me concentrais sur les malheurs relatés. Mon moral en a pris un sacré coup, d’autant plus que le synopsis ne fait pas mention d’une thématique pourtant prédominante : la maltraitance envers les chevaux et le sort réservé à ceux utilisés pour les corridas. Or, je n’étais pas préparée à prendre une telle claque ! Peut-être aurais-je refusé de lire ce one-shot, si je l’avais su…

Malgré cela, je pense que ces messages doivent être entendus par la jeunesse, alors je tire mon chapeau à Charlotte Bousquet, car elle a rempli sa mission avec brio. La seule critique que j’émettrai, c’est que l’aspect historique se perd parmi de trop nombreux enjeux.

Une trame classique, et pourtant…

Un médaillon maudit, un fantôme surgi du passé, un vieux journal intime dont on ignorait l’existence : soyons honnêtes, l’histoire n’a rien de fondamentalement original. Mais que c’est efficace ! Je pense avoir lu la moitié du livre en une soirée, tant j’étais curieuse de découvrir ce qui se cachait derrière le suicide de la sœur de l’héroïne. 

Le hic, c’est que comme l’auteure entremêle trois époques et multiplie les mystères, les révélations sont données au compte-gouttes. J’ai donc tourné les pages, encore et encore, dans l’espoir d’en apprendre plus et suis tombée sur quelques coïncidences heureuses permettant de faire avancer l’intrigue. Mais rien de grave, rassurez-vous.

En outre, j’aurais aimé que l’aspect fantastique soit plus développé, puisque Charlotte Bousquet se contente de cauchemars et d’apparitions. Sûrement mon amour pour l’imaginaire qui parle ici !

Trois femmes, trois destinées

Comme dit précédemment, l’histoire met en scène trois femmes. La première, celle qui décide de remuer le passé pour obtenir des réponses à ses questions, est Luzia. En apparence, il s’agit d’une adolescente ordinaire, mais elle cache des blessures qui m’ont émue. Non, je ne vous en dirai pas plus ! En revanche, j’ai trouvé sa relation avec Julien, son meilleur ami, un chouia idéalisée. 

Quant à Sabine, la sœur qui s’est suicidée, on ne la découvre qu’à travers des extraits de son journal intime. Et elle ne mâche pas ses mots ! Toutefois, même si je l’ai trouvée détestable par moments, elle sonnait vrai !

Enfin, vient Alma, la tante. Pour être honnête, je ne sais pas trop quoi en penser. J’ai eu du mal à concilier les deux pans de sa personnalité : son amour pour les chevaux d’un côté et son esprit rebelle de l’autre.

Un final un peu abrupt 

Dans les derniers chapitres, Charlotte Bousquet nous livre les réponses qui nous manquaient encore. Elle a ainsi fermé toutes les portes, ce que j’ai apprécié.

Cependant, la conclusion ne me plaît qu’à moitié, car j’estime qu’elle accuse un personnage sans lui donner la chance de s’expliquer, d’exprimer ses regrets ou même de demander pardon. Peut-être avais-je besoin de terminer sur une note d’espoir ?