Éditeur : Milan
Date de sortie : 10 juin 2020
Genre : huis clos spatial (jeunesse)

Synopsis

Emmett embarque sur Genesis 11, un vaisseau de la compagnie Babel Corp., avec d’autres ados défavorisés. Leur mission : récolter sur la planète Eden une substance fossile ultrapuissante, la noxolyte. Or seuls les meilleurs seront autorisés à débarquer.

À bord, les épreuves cruelles et biaisées succèdent aux entraînements violents, et Emmett se méfie de plus en plus de Babel Corp. Jusqu’où la compagnie est-elle capable d’aller ? Mais Genesis 11, lancé dans l’immensité intergalactique, garde jalousement ses secrets.

Critique

Bonne pioche

En mai dernier, lors de la masse critique Babelio dédiée à la jeunesse, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour chroniquer le premier tome de Babel Corp. Je remercie donc les éditions Milan pour l’envoi du livre. 

Selon moi, Genesis 11 est à mi-chemin entre Hunger Games et La Stratégie Ender. Autant vous dire que j’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai vraiment hâte de connaître la suite !

Quand les épreuves s’enchaînent

Très rapidement, l’auteur rentre dans le vif du sujet : la compétition ! Le quotidien d’Emmett, notre héros, est alors centré sur le classement, rien que le classement. Ou presque, mais j’y reviendrai.

Quoi qu’il en soit, Scott Reintgen a une imagination débordante pour concevoir des épreuves, toutes plus difficiles, plus tordues les unes que les autres. Honnêtement, j’avais peur de me lasser de cet aspect de l’histoire, mais pas du tout ! Comme les règles évoluent sans cesse, les personnages n’ont d’autre choix que de s’adapter, d’inventer de nouvelles stratégies. La tension est constante, et on n’a qu’une seule envie : voir Emmett remplir ses objectifs !

Dix concurrents, et seulement huit places pour Eden

Ce qui pose souvent problème dans ce genre d’histoires, où la compétition est l’enjeu principal, c’est le nombre élevé de participants. En effet, il n’est pas facile de les identifier tous avec précision. Et c’est exactement ce qui s’est produit dans Genesis 11

Scott Reintgen nous présente ses personnages dans les premiers chapitres, et je me suis vite sentie perdue. D’ailleurs, j’ai probablement mélangé les traits et les habitudes de certains. Heureusement, le lecteur peut toujours se raccrocher à Emmett, le récit étant écrit à la première personne. C’est donc par les yeux de ce dernier que nous découvrons Babel Corp, par ses pensées que nous appréhendons les autres protagonistes. Progressivement, je suis parvenue à les différencier, surtout parce qu’ils ont chacun leurs particularités. En fin de compte, l’auteur a relevé le défi malgré les maladresses du début.

Bon, d’après moi, Kaya et Emmett sont devenus amis trop rapidement, mais j’ai apprécié leur relation et la manière dont ils ont décidé de se soutenir. J’ai également trouvé qu’Isadora et Roathy, un couple de concurrents, avaient le mauvais rôle, même si l’on sous-entend qu’ils sont eux aussi les victimes de la compétition.

Quant à Emmett, il s’est révélé très attachant ! Un brin rebelle, il est cependant prêt à se plier aux règles de Babel Corp pour mettre sa famille à l’abri du besoin. À plusieurs reprises, le système a failli le broyer, mais sa force de caractère l’a sauvé. Ou bien est-ce sa façon si singulière de gérer ses émotions, qui sait ?

Addictif sur tous les plans

Ce premier numéro fait 500 pages et se déroule exclusivement à bord d’un vaisseau spatial, pourtant on ne s’ennuie pas une seule seconde. Le talent de Scott Reintgen pour conserver l’attention de son lecteur est indéniable. Au départ, la compétition est au cœur de l’intrigue. Ensuite, des alliances se forment et des inimitiés apparaissent. Choisir son camp n’est pas toujours simple ; Emmett sera d’ailleurs confronté à des dilemmes impossibles.

Mais, alors que je ne m’attendais à rien d’autre, l’auteur lève légèrement le voile sur ce que cache Babel Corp. Un peu plus loin encore, il nous montre l’étendue de ses mensonges. Et c’était véritablement passionnant !

Vous l’aurez donc compris, je suis impatiente de me plonger dans le deuxième tome. Celui-ci s’annonce très différent, mais je ne vous apprends rien, puisque le but de cette aventure est de poser le pied sur Eden. Néanmoins, je ne redoute pas ce changement, car Scott Reintgen m’a prouvé qu’il était capable de me surprendre !