Éditeur : Castelmore
Date de sortie : 8 juillet 2020
Genres : anticipation, romance (young adult)

Synopsis

Depuis son accident, Addison a des trous de mémoire et parle à un garçon qu’elle est la seule à voir. Est-elle en train de devenir folle ?

Inquiète, Addison décide de s’inscrire à un programme médical censé lui permettre de récupérer la mémoire. Mais rapidement elle découvre que ce n’est pas sa première visite à la clinique : elle y est déjà venue pour effacer certains de ses souvenirs… dont celui d’un garçon. Qui est-il ? Pourquoi l’a-t-elle effacé ? L’a-t-elle aimé ? Addison est prête à tout pour le retrouver et retrouver celle qu’elle a été…

Critique

Ce chef-d’œuvre insoupçonné…

Juste après avoir demandé ce roman en service de presse, j’ai regretté mon choix. En fait, je me demandais ce qui m’avait pris, car il s’agit d’une romance. Or, vous le savez, c’est un genre que je fuis habituellement. Alors, quand il est arrivé dans ma boîte aux lettres, je me suis dit qu’il valait mieux le lire rapidement. Ainsi, je pourrais passer à un autre livre qui me correspondrait davantage. 

Et pourtant, je me trompais sur toute la ligne. Ce one-shot est tellement plus qu’une romance ! La Fille sans passé est avant tout une histoire qui nous rappelle l’adolescent que nous étions autrefois, et les tragédies qui accompagnaient cette période. Un véritable coup de cœur pour ma part, certainement le plus inattendu de 2020.

Je remercie donc les éditions Castelmore pour l’envoi. D’ailleurs, petite anecdote : tous mes coups de cœur de cette année sont signés Bragelonne (groupe qui comprend également les éditions Castelmore). Si ça, ce n’est pas un signe…

Quand l’ordinaire suffit 

J’ai choisi de ne pas relire le synopsis avant de débuter ma lecture, et ce fut une très bonne idée. En effet, il mentionne des événements qui surviennent un peu tardivement, même s’il en dévoile très peu, en fin de compte.

Quoi qu’il en soit, l’auteure m’a très vite attrapée dans ses filets. En construisant son récit sur une alternance entre passé et présent, elle nous offre un voyage inattendu. Certes, l’on connaît le dénouement, mais l’on ignore comment Addison a pu en arriver là, et c’est ce qui fait tout l’attrait de La Fille sans passé.

Le pire – et le meilleur ! – de cette lecture, c’est que l’on sait qu’il s’est produit quelque chose, sûrement quelque chose de terrible. Pourtant, on espère quand même, on attend l’explication qui changera tout. Et c’est là où Sarah Everett démontre son génie ; plutôt que de proposer un scénario qui met en scène un amour impossible, comme c’est le cas dans de nombreux romans, elle nous offre une histoire qui sonne vrai, qui sonne juste. Une histoire qui aurait pu arriver à chacun de nous. C’est ce qui m’a permis de m’identifier à Addison, de partager ses émotions. Et, croyez-moi, elle en ressent énormément ! Comme elle, j’ai vécu des hauts et des bas, ai connu la joie et le bonheur, la colère et la tristesse. Un maelström de sentiments qui m’a emportée jusqu’à la dernière ligne !

Mais le plus incroyable, c’est bien cela : j’ai apprécié la romance ! Elle n’est ni niaise, ni too much, simplement belle, sans fioritures inutiles.

Une héroïne dans laquelle je me suis retrouvée

Le récit étant écrit à la première personne, le lecteur est directement plongé dans les pensées d’Addison, une adolescente somme toute banale qui m’a rappelé ces filles un peu transparentes, voire quasiment invisibles, à l’école. Et dont je faisais partie ! Pas étonnant que je me sois retrouvée en elle. Alors, certes, nous ne partageons pas la même passion (pour moi la lecture, pour elle la musique), mais elle aussi se sent différente. Par exemple, elle n’est pas attirée par les fêtes et, plus globalement, par toutes ces choses que les jeunes aiment, justement parce qu’ils sont jeunes. Pour autant, elle a envie de se faire des amis, de rencontrer des personnes qui parviendront à la toucher, de faire de nouvelles expériences. Comme moi autrefois !

Bref, j’aurais pu être elle à l’âge de 16 ans. Même si je l’ai parfois trouvée naïve et irréfléchie, je ne lui en tiens pas rigueur car, si je le pouvais, je remonterais le temps pour me secouer au moins plusieurs centaines de fois ! D’ailleurs, après avoir pris un tas de mauvaises décisions, elle m’a finalement impressionnée, preuve que l’on est capable d’apprendre de ses erreurs.

Concernant le garçon, celui qu’Addison est la seule à voir, je ne veux pas vous en dire trop. Ce serait vous gâcher la surprise ! Mais sachez qu’en dépit de ses faux pas, je l’ai apprécié parce qu’il m’a paru humain. Encore une fois, je ne peux que souligner le talent de Sarah Everett pour créer des personnages vraisemblables et attachants.

Un peu de science-fiction, mais pas trop

Si ce livre n’était pas catégorisé en SF, je ne l’aurais probablement jamais demandé en service de presse et serais passée à côté de cette pépite. Heureusement, non ! Néanmoins, je me dois de vous avertir : cet aspect est très peu présent. En vérité, l’auteure a tout simplement imaginé un procédé médical qui permet aux personnes victimes de traumatismes d’oublier leurs souvenirs douloureux pour réapprendre à vivre. Cela peut paraître extrême, mais je conçois tout à fait l’utilité d’une telle approche.

Cependant, Sarah Everett rappelle volontairement la complexité du cerveau humain et met en avant les failles de cette solution. L’esprit peut-il vraiment se reconstruire après cela ? N’y a-t-il pas d’effets secondaires ? Et si perdre la mémoire ne suffisait pas, au final ? Voici autant de questions qui m’ont accompagnée durant ma lecture et auxquelles j’ai apprécié trouver des réponses.