Éditeur : Bragelonne
Date de sortie : 16 septembre 2020
Genres : fantasy, aventures, romance (young adult)

Synopsis

Tous les sorciers sont maléfiques.

Elisabeth, qui a grandi au milieu des redoutables livres de sorts d’une des Grandes Bibliothèques d’Austermeer, le sait depuis son plus jeune âge. Et elle compte bien protéger le monde de cette magie néfaste, l’épée à la main s’il le faut. Jusqu’au jour où l’un des plus terrifiants grimoires se transforme en monstre de cuir et d’encre, semant mort et destruction.

Accusée de l’avoir libéré et forcée à comparaître devant la justice à la capitale, Elisabeth se retrouve prise au piège d’une conspiration vieille de plusieurs siècles. Bien malgré elle, elle doit trouver secours auprès du sorcier Nathaniel Thorn, et de son mystérieux serviteur, Silas. Les Grandes Bibliothèques ne sont pas seules en jeu : le royaume entier est en péril.

Elisabeth va devoir remettre en question tout ce en quoi elle croyait… car s’ouvre devant elle une voie qu’elle n’aurait jamais pu imaginer.

Critique

Un roman qui fait grand bruit

Si vous êtes aussi passionné que moi par les littératures de l’imaginaire, vous avez forcément entendu parler de Sorcery of Thorns. Sa traduction était tellement attendue ! Au vu des avis élogieux qui se multipliaient sur la toile, j’avoue avoir pris peur. Et si je mettais la barre trop haut ?!

Comme prévu cependant, il est rapidement arrivé dans ma boîte aux lettres – un grand merci à la maison d’édition pour l’envoi ! – et je l’ai débuté sans me poser plus de questions. En fin de compte, j’ai passé un très bon moment de lecture même si, romance oblige, ce ne fut pas un coup de cœur.

Mais quel univers !

Je me répète sûrement, mais ce qui fait la différence dans la plupart de mes lectures, c’est l’univers. C’est d’ailleurs pour cette raison précise que j’aime autant la fantasy, parce qu’elle me permet de m’évader dans des mondes à la magie ensorcelante.

Et dans Sorcery of Thorns, c’est une parfaite réussite ! Il faut dire que l’auteure exauce le vœu de tous les lecteurs en donnant vie aux livres. Ceux-ci s’animent au moindre contact, crient, s’insurgent ou, au contraire, se réjouissent des attentions qu’on leur porte. Néanmoins, certains renferment des secrets plus sombres que la nuit et il est essentiel de ne pas les laisser s’échapper…

Bref, j’ai adoré arpenter les Grandes Bibliothèques en compagnie d’Elisabeth !

Et quelle plume !

Ceci est une parenthèse, mais je tiens à préciser que la traduction est tout simplement magnifique. Le style est véritablement travaillé, sans être lourd. Je suis agréablement surprise, sachant qu’il s’agit de YA !

Une intrigue efficace, mais un brin prévisible

Passé la découverte de l’univers, je me suis rapidement aperçue que l’intrigue demeurait classique. Mais attention, cela ne l’empêche pas d’être entraînante. J’ai particulièrement aimé la première partie, riche en complots, même si ceux-ci n’étaient pas aussi élaborés que je l’espérais.  En fait, on apprend rapidement l’identité et les motivations de l’antagoniste, ce qui gâche un peu le suspense. En outre, j’ai repéré les quelques indices laissés par l’auteure concernant les rebondissements à venir. Par chance, il restait encore des questions en suspens, me poussant à poursuivre. Et je l’ai fait avec grand plaisir !

La seconde moitié est davantage centrée sur l’action, tandis qu’Elisabeth prend les choses en main. Elle enquête, s’infiltre et oblige Nathaniel Thorn, bien malgré lui, à lui porter secours de temps à autre. D’ailleurs, au sujet de ces deux-là…

Une énième romance YA, mais…

Elle fait partie intégrante de l’histoire, comme le sous-entend le synopsis. Alors, oui, j’étais au courant. Et bien qu’elle soit un peu niaise – on assiste tout de même aux premiers émois de l’héroïne -, elle est relativement bien amenée par l’auteure. De ce fait, elle ne m’a pas dérangée outre mesure, même si elle ne m’a pas emballée plus que cela, non plus. Un point pour le moins positif au vu de mon agacement croissant face aux romances young adult

Et puis, il faut l’avouer, la relation des deux amoureux ne manque pas de piquant ! L’un comme l’autre possède un sacré caractère. En dépit de sa naïveté, Elisabeth est une jeune fille aussi forte que têtue… qui accepte toutefois de revoir ses principes lorsque la réalité l’y contraint.

Quant à Nathaniel, j’ai bien vite oublié son côté ténébreux, beaucoup trop cliché à mon goût, pour rire de ses réparties cinglantes. Son humour teinté d’ironie est absolument légendaire ! Silas, son serviteur, est heureusement présent pour lui donner la réplique… voire le surpasser à ce jeu !

Ah, Silas ! Voilà donc un homme mystérieux qui ne se dévoile que par bribes, et toujours au dernier moment. J’ai adoré la manière dont Margaret Rogerson le caractérise. Silas est en effet un personnage ambivalent pour qui les notions de Bien et de Mal se confondent en certaines circonstances. Intrigant, n’est-ce pas ?

Nos héros sauveront-ils le monde ?

Eh bien, je vous laisse le soin de le découvrir ! Sachez simplement que le final est absolument grandiose. Bon, peut-être un peu trop. Je m’explique : je me suis lassée des combats qui défient l’imagination, grand classique de la fantasy. Je leur préfère des retournements de situation improbables ou des manœuvres politiques de dernière minute. Mais rassurez-vous, ce dénouement n’en demeure pas moins à la hauteur du roman !