Éditeur : auto-édition
Date de sortie : 16 mai 2020
Genre : fantasy, aventures (kréol fantasy)

Synopsis

Zilwa Naboo, protecteur sacré de l’île de Welling, meurt subitement, dans d’étranges circonstances. Comme le veut la tradition, son successeur sera le vainqueur d’une série d’épreuves, les Trois Rites, regroupant les jeunes hommes et femmes entre vingt et vingt-cinq ans.

Shivan, épaulé par ses amis d’enfance, Alynn et Bojun, participe à cet incroyable défi à travers mer, jungle et montagne. Ensemble, ils devront faire face aux pires trahisons, aux combats les plus spectaculaires, à la perte de proches et à une machination qui les dépasse tous. 

Critique

Encore un roman auto-édité ?

Malgré mes déceptions précédentes, je continue d’accepter des romans auto-édités en services de presse. Pourquoi ? Eh bien, parce que j’espère un jour dénicher la perle rare. D’ailleurs, tout espoir n’est pas perdu ; après Les Chroniques d’Harmonie, voici venir Zilwa, une saga aux mille et une promesses !

Je remercie donc Grégoire Laroque pour l’envoi de ce premier volet. Tout n’était pas parfait, mais j’ai passé un bon moment de lecture avec Les Trois Rites.

De la kréol fantasy ?!

C’est ainsi que l’auteur définit Zilwa, et je dois avouer que cette nouveauté a été rafraîchissante. En effet, Grégoire Laroque s’est largement inspiré de l’ambiance des îles pour construire son univers. Une très belle réussite ! 

J’ai adoré me promener dans les forêts tropicales, me familiariser avec la faune et la flore, découvrir les us et coutumes des habitants, comprendre leurs rites religieux. Le rôle du Zilwa m’intrigue également, même s’il demeure flou pour l’instant.

Mais que serait de la fantasy sans une pointe de magie ? Celle-ci prend vie grâce aux chamans, et leurs pouvoirs m’ont fascinée. J’ai hâte d’en apprendre davantage dans la suite !

Un héros peu intéressé par le pouvoir…

Au début de l’histoire, Shivan ne souhaite pas participer aux Trois Rites. Comme vous pouvez vous en douter, il changera d’avis, mais je préfère taire ses motivations, car celles-ci font partie intégrante de l’intrigue.

Quoi qu’il en soit, ce jeune homme n’a rien d’un leader. Il aspire à une vie simple, heureuse, bien que des questions familiales l’assaillent régulièrement. Une fois encore, je n’en dirai pas plus, mais sachez que la personnalité de Shivan m’a beaucoup plu. C’est un personnage auquel il est facile de s’identifier. Seul bémol : sa transformation en véritable héros m’a semblé un brin rapide, mais ce n’est pas bien grave.

…et des acolytes sympathiques

Même s’ils sont attachants, Alynn et Bojun n’échappent pas à quelques clichés. En fait, c’est surtout le cas de Bojun, meilleur ami dévoué – un peu trop, peut-être ? – dont les exploits sont rapidement éclipsés par la présence de Shivan. 

Alynn, quant à elle, s’est révélée plus intéressante de par son statut de femme indépendante. Ayant refusé de se marier avant l’âge de 20 ans, elle est une paria aux yeux de son peuple et subsiste en tant que piqueuse d’ourites et autres fruits de mer. Par ce biais, Grégoire Laroque aborde la condition de la femme au sein d’une population accrochée à ses traditions sexistes. Un très bon point, légèrement diminué par la beauté inégalable de la jeune femme, mais cela est un avis purement personnel – j’ai un peu de mal avec les héroïnes trop parfaites, voyez-vous ?

En fait, je me rends compte à l’instant que la personnalité d’Alynn n’est pas vraiment stéréotypée. Ce sont plutôt ses réactions qui m’ont fait lever les yeux au ciel, alors qu’elle se trouve en compétition avec une autre femme, tout aussi belle…

D’ailleurs, à ce propos, un triangle amoureux semble se profiler, et j’espère vraiment me tromper. Certes, ce n’est pas toujours un défaut, mais la plupart du temps, un tel procédé me tape sur les nerfs !

C’est une autre paire de manches concernant les antagonistes

C’est pour moi le plus gros point noir de l’histoire. Alors, certes, il est difficile de creuser l’ensemble des personnages, encore plus dans un premier tome, mais les antagonistes sont des clichés ambulants. Ceci est particulièrement vrai chez Vern, l’ennemi juré de Shivan. Malgré les explications de l’auteur quant à son comportement, il est l’archétype de l’homme ambitieux prêt à toutes les tricheries pour atteindre son but. Insupportable !

De l’action, mais peu de subtilité

Comme vous le savez maintenant, dans Les Trois Rites, il est question d’épreuves pour devenir Zilwa et j’étais curieuse de découvrir ce que nous réservait Grégoire Laroque. En vérité, la première épreuve m’a surprise par sa violence. Même si je ne suis pas choquée outre mesure par le sang qui coule à flots, cela n’est pas le cas de tous les lecteurs, alors je préfère le préciser.

Quoi qu’il en soit, l’histoire s’est emballée à partir de cet instant, me poussant à tourner les pages. Et si la deuxième épreuve se révèle moins rapide, elle est tout aussi riche en action et en rebondissements, excepté sur la fin peut-être. Le récit semble souffrir d’un coup de mou dans son dernier tiers, et j’ai trouvé ça dommage, d’autant plus que la troisième épreuve ne m’a pas convaincue autant que les deux précédentes.

Bref, globalement, on ne s’ennuie pas ! Le hic, c’est que le scénario manque un peu de subtilité. L’auteur use parfois de ficelles évidentes, de raccourcis prévisibles et il est alors facile de deviner les dessous de l’intrigue, du moins sur certains points. J’espère donc que les complots, qui prennent forme dans les derniers chapitres, offriront l’effet escompté, car c’est cette partie de l’histoire qui me passionne le plus ! Le tome 2 s’annonce d’ailleurs plus politique et ça, ce n’est pas pour me déplaire.

Un roman qui n’est pas exempt de fautes

Si la plume de Grégoire Laroque est agréable, fluide même, j’ai relevé un certain nombre de fautes. Mais ce qui m’a le plus dérangée, c’est l’utilisation excessive du mot « alors ». Néanmoins, je rappelle qu’il s’agit d’un roman auto-édité ; le texte n’a donc probablement pas profité de corrections aussi poussées que via le circuit traditionnel. Ce n’est pas la première fois que je fais ce constat et, malheureusement, je pense que ce combat est perdu d’avance…