Éditeur : Scrineo
Date de sortie : 15 octobre 2020
Genre : anticipation (young adult)

Synopsis

Sur l’île-monde de Pangéa, où la magie cohabite avec une science balbutiante, la vie s’écoule, paisible et bucolique. Mais dans une région excentrée, le sandjak de Valbara, une épidémie d’origine inconnue consume la population et les animaux. Au cœur de la zone touchée se trouve la grotte sacrée de Snerochka.

Pour découvrir l’origine du mal, le Conseil des Sept Sages de Pangéa décide de missionner une ligue de spécialistes. À sa tête, Lowana, une jeune biologiste experte en environnement, et Renjo, un garde forestier taciturne.

Tous deux vont devoir apprendre à s’apprivoiser, au long d’une expédition semée d’embûches. Un périple jalonné par la présence permanente des énigmatiques Sentinelles, de grandes tiges de métal dont on ignore tout.

Lowana va-t-elle trouver la cause du fléau ? Au terme de cette quête de tous les dangers, il y a peut-être des secrets encore plus terribles que tout ce qu’elle avait pu imaginer…

Critique

Un roman plein de promesses…

Je vous l’annonce d’emblée : même s’il se lit vite et bien, ce one-shot ne m’a pas véritablement conquise. Cependant, je reste persuadée que d’autres l’apprécieront pour les raisons que j’énonce plus bas. Et puis, c’est indéniable, cette lecture fut très instructive malgré tout !

Je remercie donc les éditions Scrineo pour l’envoi.

Des débuts (trop ?) riches en informations

C’est assez étonnant pour du young adult mais, en règle générale, c’est une approche que j’apprécie. En effet, j’aime savoir où je mets les pieds lorsque je débute un livre. Joslan F. Keller s’en est ainsi donné à cœur joie, puisqu’il nous décrit les caractéristique environnementales de Pangéa, expose le fonctionnement de ses instances politiques, s’attarde sur les techniques développées pour améliorer la gestion des déchets, etc.

Le hic ? Eh bien, c’était un peu trop. L’auteur se perd constamment dans des digressions, au point de retarder l’avancée de l’histoire. Frustrant !

Hélas, je ne me suis pas attachée aux personnages

C’est peut-être pour cette raison que mon ressenti est mitigé. L’héroïne est pourtant une jeune femme indépendante qu’il serait facile de prendre pour modèle. Elle n’a pas peur d’affirmer ses choix, ni de défendre ses convictions. Mais à trop vouloir lui donner du caractère, Joslan F. Keller est tombé dans l’excès. De femme indépendante, Lowana est rapidement passée à forte tête. On pourrait même la qualifier de râleuse !

J’ai davantage apprécié Renjo même si, une fois encore, je ne suis pas entièrement convaincue. Selon moi, l’auteur n’est pas parvenu à respecter l’âme de son personnage, considéré comme taiseux au début de l’histoire. En fin de compte, il nous dévoile tous ses secrets de sa propre initiative. Dommage !

En fait, les protagonistes secondaires m’ont semblé plus intéressants. Ceci dit, j’ai trouvé étrange que les auxiliaires, qui mettent pourtant leur vie en péril durant l’expédition, ne possèdent ni nom, ni visage. En bref, des inconnus destinés à mourir, alors qu’ils sont quasiment présents tout au long du livre. 

Enfin, les antagonistes sont de véritables caricatures. Ils ressemblent à ces méchants clichés qui se lancent dans des explications interminables afin d’expliquer le génie de leur plan, laissant ainsi le temps aux héros de sauver leur peau. Et, clairement, je suis lassée de ce procédé. Voilà donc un autre problème récurrent en young adult, qui vient s’ajouter à la romance inutile. D’ailleurs, à ce sujet…

Encore une romance qui m’a fait lever les yeux au ciel

Elle atterrit comme un cheveu sur la soupe, beaucoup trop rapidement et de façon incongrue. C’est comme si les personnages n’avaient pas besoin d’apprendre à se connaître pour s’aimer. Bref, j’ai détesté voir cette romance prendre le pas sur l’intrigue, alors que celle-ci peine déjà à décoller.

Par contre, et je tiens à le souligner, Les Sentinelles de Pangéa est l’un des rares romans YA qui évoque le plaisir physique sans l’idéaliser, ou l’associer systématiquement à un rapport hétérosexuel.

Cette intrigue qui avait du potentiel…

Comme dit plus haut, l’histoire décolle sur le tard. Pour preuve, le synopsis fait mention d’une expédition qui ne survient pas avant la centième page. J’ai donc rongé mon frein dans l’attente de voir le rythme s’accélérer, mais mes espoirs sont bien vite tombés à l’eau. Pour résumer, le scénario se veut très linéaire et réserve peu de surprises.

De ce fait, je n’ai ressenti aucune impatience à l’idée de connaître le dénouement, d’autant plus que je me doutais de ce qui se cachait derrière ce fléau. Et c’est bien là tout l’enjeu de ce roman !

Prenez note du message de Joslan F. Keller

Il est la raison principale pour laquelle ce one-shot a obtenu la moyenne. Malheureusement, je ne peux vous en dire plus sans vous spoiler, mais sachez qu’il est de nature écologique. Encore une fois, un tel ouvrage traduit la volonté des éditions Scrineo de publier des romans engagés, et je les félicite pour cette initiative.

Pour info, un cahier documentaire est inclus à la fin du livre (ne le lisez pas avant d’avoir terminé votre lecture !) et je l’ai dévoré avec beaucoup d’attention. La thématique abordée n’est pas courante, pourtant elle est d’une importance capitale pour les générations futures. En outre, j’ai apprécié la manière dont l’auteur se l’est appropriée.

L’épilogue qui rattrape le coup

Si je n’ai pas adhéré au twist final que j’ai trouvé tiré par les cheveux, j’ai beaucoup apprécié l’épilogue qui fait le lien entre passé et futur. C’est donc sur une note positive que j’ai terminé cette histoire en dépit des nombreux bémols cités.