Éditeur : L’homme sans nom
Date de sortie : 8 octobre 2020
Genres : fantastique, policier

Synopsis

Vingt ans après avoir quitté son village natal, vingt ans après avoir essayé de trouver – en vain – la princesse au visage de nuit pour qu’elle le sauve de ses parents, Hugo revient sur les traces de son enfance. 

Un étrange accident de voiture, l’orage qui gronde sans cesse, des noms d’enfants dans le vent, une mystérieuse présence dans les bois et les lucioles qui volettent, toujours. Comme avant, au temps de la princesse au visage de nuit.  

Devenu adulte, Hugo ira-t-il jusqu’à la trouver ?  

« Il se souvient, maintenant. La tristesse de Sophie, la détresse de Pierre, les jeux dans les champs, près de la rivière, leurs rires le soir alors que la nuit tombait et menaçait de les engloutir. Il se rappelle les promesses d’enfant, le serment dans la clairière, la course dans les bois, les lucioles autour d’eux, la grotte immense et l’ombre plus grande encore ; la magie qui devait les protéger puisque rien d’autre, rien d’autre ne le pouvait. »

Critique

Une sortie à ne pas manquer

Après avoir grandement apprécié Que passe l’hiver et adoré Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus, c’est sans hésiter que je me suis jetée sur le nouveau David Bry, proposé en service de presse par la maison d’édition via L’œil des lecteurs. Un grand merci à l’un et à l’autre pour cette opportunité !

Cerise sur le gâteau, Saiwhisper m’a accompagnée durant toute ma lecture ; comme d’habitude, nos échanges furent passionnants ! Je vous invite d’ailleurs à consulter son avis sur son blog, qui rejoint globalement le mien.

Cette plume qui met dans l’ambiance…

Une forêt hantée, un village reculé aux multiples secrets, des disparitions inexpliquées : voilà autant d’ingrédients que vous retrouverez dans La Princesse au visage de nuit. Ils sont certes un peu clichés, mais c’est exactement ce que je recherchais dans cette lecture.

Il faut dire que David Bry met à profit tout son talent pour nous plonger dans cette atmosphère pesante, voire carrément angoissante à certains moments. Alors que dans Que passe l’hiver, sa plume se voulait poétique, elle est ici incisive, parfois brutale, mais toujours juste. Un régal !

Quand le passé frappe à votre porte

C’est un héros presque brisé par la vie que nous présente l’auteur durant les premiers chapitres. Cependant, Hugo n’a eu d’autre choix que de grandir et de dépasser, tant bien que mal, les maltraitances subies dans son enfance. Un combat qu’il n’a jamais vraiment remporté, et pourtant… David Bry tente ainsi de démontrer que, même s’il est difficile de se reconstruire à l’ombre de tels souvenirs, se battre en vaut toujours la peine ! Ce que semblent d’ailleurs confirmer les amis parisiens du héros que l’on croise à intervalles réguliers dans le roman. 

Néanmoins, je rejoins ma binôme sur un point : ces passages n’apportent pas grand-chose à l’histoire, si ce n’est fournir la preuve que Hugo a su nouer des liens. En bref, j’attendais davantage de ces protagonistes secondaires.

Heureusement, Hugo peut compter sur Anne, la gendarme en charge de l’enquête portant sur la mort de ses parents et, accessoirement, la sœur de sa meilleure amie d’enfance, disparue 20 ans plus tôt. Son soutien sera sans failles malgré les incertitudes qui ne manqueront pas de surgir. J’ai craint, à un moment donné, que leur relation ne tombe dans la facilité, mais non. Ouf !

Quant aux habitants de Saint-Cyr, le village natal d’Hugo, ils sont très caricaturés – la vieille un peu folle, l’ecclésiastique aux activités illicites, le pervers célibataire, etc. -, mais cela nous permet de les différencier très facilement. Et puis, il faut bien l’avouer, ces rôles que l’on attribue à chacun fonctionnent très bien !

Une enquête plus qu’un roman fantastique

Cela n’est pas pour me plaire, comme vous pouvez vous en douter. En effet, ce qui m’attirait dans cette histoire, c’était bien l’aspect fantastique. Toutefois, je me suis prise au jeu de l’enquête, étais bien décidée à récolter les indices en compagnie d’Hugo. Je n’ai eu aucun mal à tourner les pages, au contraire !

J’aurais toutefois apprécié que l’intrigue soit plus fouillée, que le scénario soit plus développé. Bien que le récit se révèle particulièrement entraînant, j’ai trouvé qu’il manquait de profondeur dans la manière d’amener certaines révélations.

Je tiens également à préciser que le rythme n’est pas haletant, mais cela n’est pas un problème. De cette manière, nous avons tout le temps de nous imprégner de l’ambiance qui se veut plus glauque à chaque page, de nous interroger quant aux phénomènes étranges qui se multiplient et, surtout, de nous inquiéter pour la santé mentale d’Hugo !

Comme un goût de trop peu ?

J’admets avoir été extrêmement déçue par la fin, non pas parce que la résolution de l’intrigue ne me convient pas, mais parce qu’il m’en fallait plus. Après avoir fait autant de mystères autour de la princesse au visage de nuit, je voulais en savoir davantage. Tout savoir, en fait !

Bref, un ou deux chapitres supplémentaires n’auraient pas été de trop, si vous voulez mon avis. Néanmoins, David Bry s’est contenté d’un dénouement expéditif. Quel dommage, vraiment !

Du même auteur

Que passe l’hiver, David Bry
Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus, David Bry