Éditeur : Rebelle
Date de sortie : 30 avril 2020
Genre : fantasy politique 

Synopsis

La Reine Amazone a tranché.

Brisant une retraite glacée à l’écart d’Ortill, les femmes guerrières quittent leurs montagnes et déferlent sur le monde des hommes, souhaitant conquérir le riche continent et combattre le mal ultime, le puceron sur la rose frémissante, le mâle dominant.

La légende prend enfin un visage : celui de l’acier. Dans leur sillage, la résistance s’organise et les destins se mêlent. Mais comment faire face à tout un peuple rongé par la frustration et ivre de vengeance ? Une chose est certaine. Nul n’en sortira indemne.

Critique

À deux doigts de passer à côté d’une bonne lecture

Quand Alejandro Valdivia m’a adressé un mail afin de me proposer son roman en service de presse, j’avoue avoir hésité. Pourquoi ? Eh bien, parce que la couverture n’est pas à mon goût. Quant au synopsis, je le trouve très vague.

Mais alors… qu’est-ce qui m’a décidée ? La réponse est simple : l’auteur a évoqué une ressemblance avec la saga du Trône de fer – oui, rien que ça ! Et, dans les faits, ce n’est pas si éloigné de la vérité.

Quoi qu’il en soit, cela a attisé ma curiosité. J’ai donc accepté de lire Veuves guerrières et bien m’en a pris, car j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Un grand merci à Alejandro Valdivia et aux éditions Rebelle pour cet envoi !

Un style hermétique ?

La plume de l’auteur est sans conteste soutenue, voire carrément pompeuse. La construction de certaines phrases m’a également paru alambiquée, au point de me freiner dans ma lecture. Autant d’éléments qui ne facilitent pas l’entrée dans un univers aussi foisonnant. J’ai même eu peur de ne pas dépasser les premiers chapitres !

Et pourtant, je m’y suis faite. Au fil des pages, le texte s’est révélé plus fluide, plus compréhensible. 

Seul véritable bémol : il m’arrivait souvent de ne pas savoir à quel personnage l’auteur faisait référence ou lequel prenait la parole. Des précisions à ce sujet n’auraient pas été de trop, selon moi.

Un premier roman dans la lignée du Trône de fer, vraiment ?

Comme je l’ai dit plus haut, l’auteur a osé mentionner la très célèbre saga dans son mail et j’admets avoir été sceptique. Mais non moins intéressée ! Durant ma lecture, j’ai effectivement constaté de réelles similitudes avec l’histoire de George R. R. Martin. Une scène n’est pas sans rappeler celle où Daenerys Targaryen n’a d’autre choix que de dévorer un cœur. Et pour être honnête, elle était suffisamment détaillée pour me dégoûter profondément. Résultat : j’ai sauté quelques lignes, voire quelque pages.

Pour autant, et je tiens à le souligner, Dames sans cavaliers n’est pas une pâle copie du Trône de fer, puisqu’Alejandro Valdivia s’est approprié les éléments de cette recette à succès. Complots, trahisons et manœuvres politiques sont légion dans ce premier tome axé sur la conquête des Amazones. C’est donc un nouvel univers dans lequel j’ai pénétré avec grand plaisir !

Ces Amazones, parlons-en !

Il s’agit d’une figure mythologique que je rencontre peu dans mes lectures, et cette nouveauté m’a fait le plus grand bien. Cependant, elles m’ont paru un peu stéréotypées, puisqu’elles sont toutes (ou presque) construites sur le même modèle. Ce sont de fières guerrières qui possèdent tous les défauts d’un despote sans cœur ; elles se croient ainsi supérieures aux hommes et n’hésitent pas à réduire leurs partenaires à de simples jouets sexuels. Bref, ce n’est pas vraiment l’idée que je me fais d’une femme forte. De plus, leur attitude s’est révélée prévisible par bien des aspects. Toutefois, l’auteur semble vouloir casser cette image par le biais de la princesse Myredhi, ce qui me donne de bons espoirs pour la suite.

Petite précision : s’il y a peu de scènes de sexe, les allusions sont nombreuses et je pense que cela pourrait déranger certains lecteurs, en particulier parce qu’un rapport de domination est présent la plupart du temps. Personnellement, ce qui m’a réellement agacée, c’est ce plaisir féminin sans cesse mis en avant. À croire que les femmes ne peuvent s’empêcher de se jeter sur tout ce qui bouge. Enfin, il faut au moins reconnaître à l’auteur une originalité bienvenue puisque, pour une fois, ce ne sont pas les hommes qui se comportent de façon déplacée.

Un roman choral avec pas moins de 6 ou 7 points de vue différents

Dames sans cavaliers est une œuvre adulte ambitieuse qui brasse un continent entier et de multiples cultures. Ainsi, le nombre de personnages ne fait qu’augmenter au fil des chapitres. Est-ce que cela m’a gênée ? Pas le moins du monde, mais je sais que cela peut représenter une difficulté supplémentaire, car il devient ardu de s’y retrouver.

Toutefois, c’est par ce biais que l’auteur dessine une fresque magistrale où alliances se font et se défont au rythme des opportunités qui s’offrent à chacun. Croyez-moi, ma passion pour la fantasy politique a été largement comblée !

Bon, je ne vous le cache pas, il m’est arrivé de ne plus savoir à quel camp appartenait l’un ou l’autre personnage, mais j’ai toujours fini par me repérer. L’auteur possède un talent certain pour jongler entre ses héros. Si l’on excepte les Amazones, ils m’ont tous surpris à leur manière. Tantôt bons, tantôt perfides, ils tentent de survivre dans un monde où le pouvoir peut très rapidement changer de main. Bref, leurs aventures m’ont véritablement passionnée !

Un final qui manque un peu de panache

Alors que les rebondissements s’enchaînaient vers le milieu de l’histoire, je me régalais d’avance à l’idée de voir l’intrigue aller crescendo. En vérité, ce n’est pas tout à fait ce qui s’est produit. Plutôt que de nous surprendre inlassablement, Alejandro Valdivia prépare la suite de son histoire dans ce dernier tiers. Ce n’est pas ainsi que je voyais les choses, mais… à quand la suite ?!