Éditeur : Plume Blanche
Date de sortie : 1er décembre 2020
Genre : high fantasy (young adult)

Synopsis

L’emprise de la Nuit sur le monde s’accroit.
L’emprise de la Nuit sur le monde effraie.
L’emprise de la Nuit sur le monde corrompt.

Face au chaos qui avance et aux jours raccourcis par l’hiver, Raven parcourt le monde pour tenter de survivre.
Lors de sa rencontre avec Shaïa, une étrange et cruelle magicienne, sa vie bascule.
Et si elle possédait le pouvoir de passer la Nuit ?

Critique

Une nouveauté Plume Blanche, encore une !

C’est à Mon’s Livre 2019 que j’ai découvert le synopsis de Passer la nuit. Et j’ai aussitôt été emballée ! L’éditrice a achevé de me convaincre en m’expliquant que, dans ce roman, le Mal est symbolisé par la Nuit. Mais comment y échapper ? Comment survivre jusqu’au lever du soleil ? Je l’avoue, mon imagination s’est enflammée, tant les possibilités étaient multiples.

Cependant, pour être honnête avec vous, cette lecture fut en dents de scie. Peut-être avais-je trop d’attentes ? Ou, plutôt, m’attendais-je à autre chose qu’une simple quête ? Quoi qu’il en soit, ce roman possède tout de même quelques atouts et je n’oublierai pas de les citer !

Un concept intéressant

C’est la plus grande force de ce one-shot, selon moi. En effet, j’aime l’idée selon laquelle la Nuit est l’ennemi de tous. Elle s’empare ainsi de l’âme de toutes les créatures vivantes. Il est alors essentiel pour les survivants de se mettre à l’abri, dans les grottes par exemple. Mais saviez-vous que l’eau pouvait également repousser la Nuit ?

Bref, j’ai adoré avancer à tâtons dans cet univers, au même titre que les personnages qui tentent de comprendre leur singulier adversaire pour mieux lui échapper. Je tiens toutefois à préciser que Bastienne offre peu de réponses. Elle ne lève que légèrement le voile sur les mystères qui entourent la Nuit, ses origines, son but. Personnellement, cela ne m’a pas dérangée, mais pourrait frustrer d’autres lecteurs !

Comme l’impression de lire un script

Passer la nuit manque cruellement de transitions et s’il s’agit d’un parti pris de la part de l’auteure, il ne m’a pas convaincue outre mesure. Et pour cause, il nuit à la crédibilité du récit ! Par exemple, dans les premiers chapitres, Shaïa – une étrange magicienne – parvient à capturer Raven, notre héroïne, et hésite à la tuer. Quelque temps plus tard, cette dernière a l’occasion de s’enfuir, mais décide soudainement de suivre sa geôlière de son plein gré, car elle n’a nulle part où aller. N’est-ce pas un peu tiré par les cheveux ? Certes, avec davantage de développement, les événements ne m’auraient pas paru aussi invraisemblables, cependant je n’ai pas pu m’empêcher de tiquer. Or, ce défaut revient très régulièrement.

Je dois toutefois reconnaître qu’un tel raccourci confère une certaine dynamique à l’histoire. Celle-ci s’essouffle malheureusement assez vite en raison d’une intrigue répétitive, puisque Raven passe son temps sur les routes. D’ailleurs, à ce sujet, je tiens à souligner que les descriptions des différents paysages rencontrés m’ont beaucoup plu.

Un récit fort nébuleux

C’est l’impression globale que me laisse Passer la nuit. En vérité, on ne sait jamais vraiment pourquoi tel personnage se rend à tel endroit ou entreprend tel périple. Raven se laisse ainsi porter par les décisions de ses compagnons et diverses intuitions pour la plupart difficiles à cerner. De plus, certains combats sont rapidement expédiés, alors qu’ils semblaient revêtir une certaine importance quelques chapitres plus tôt ! 

Bref, le roman manque de précisions et d’éclaircissements, raison pour laquelle j’ai décroché par moments.

Jamais je n’ai rencontré personnages aussi inconstants

Les héros de cette histoire ne cessent de changer d’avis, de faire machine arrière, de prendre des décisions sans jamais s’y tenir. Leur comportement a fini par me perdre ; je ne savais plus quelles étaient leurs intentions, ignorais à qui faire confiance. Or, difficile de s’attacher à eux en de telles circonstances.

En fait, Raven m’a paru trop lisse. J’ai davantage apprécié Shaïa, personnage plus nuancé malgré quelques incohérences dans son attitude, ainsi que l’antagoniste dont je tairai volontairement le nom. Néanmoins, mon personnage favori n’est autre que le renard qui m’a beaucoup attendrie, même si son rôle s’est révélé inutile. Quel dommage !

D’autres créatures s’invitent également dans l’histoire, et elles m’ont tout d’abord laissée perplexe. Pourtant, elles permettent de relancer l’action, ce qui m’a enchantée. J’avais réellement besoin de ça pour replonger dans le récit !

Un final complètement bâclé

Si j’ai tant tardé à publier cette chronique – j’ai lu Passer la nuit il y a plus d’un mois maintenant -, c’est parce que le dénouement m’a frustrée au plus haut point. En dépit d’un scénario embrouillé, j’appréciais le dernier tiers du livre et n’attendais qu’une seule chose : un final grandiose ! Or, alors qu’il ne me restait que 5 pages, que l’action était à son comble, je me demandais comment l’auteure allait bien pouvoir achever son livre. En fait, c’était impossible !

En quelques lignes, la conclusion est posée, mais elle n’apporte ni réponses, ni satisfaction au lecteur. Elle est tellement facile que j’ai refermé le livre sans intention d’y revenir un jour…