Éditeur : auto-édition
Date de sortie : 25 août 2020
Genre : heroic fantasy

Synopsis

Lorsque le message de Nacremail apparaît dans le ciel, Lys sait qu’elle va devoir choisir entre un lieu où elle n’a jamais choisi d’habiter et une ville qui depuis sa naissance a fait planer sur sa tête et celles de sa famille une menace de mort.

Et lorsque plus tard ce soir-là, sa mère lui offre une pierre remplie de tourbillons de cendres, elle comprend que sa vie vient de basculer.

Avec son grand-père, elle va se trouver entraînée sur la piste d’un oiseau de cendres, sur les traces des véritables raisons de son exil, mais aussi d’une armure aussi mystérieuse que légendaire…

Ce livre se veut une plongée dans l’imaginaire, où la magie peut prendre les traits les plus extrêmes, jusqu’à remettre en question la matière même de l’apparence. À la croisée d’un conte et d’une exploration, ce récit est la première histoire d’une série de trois livres.

Critique

Un titre pourtant prometteur

Afin d’éviter les déceptions, j’essaie de me montrer plus sélective dans le choix des romans auto-édités qui me sont proposés en services de presse. Ainsi, après avoir découvert le synopsis de L’Armure d’Orbandale, j’ai pris le temps d’en lire les premières pages sur Amazon et celles-ci ont confirmé mon envie de m’y plonger. Je remercie donc A. S. Bluzat pour l’envoi de son livre et la dédicace qui l’accompagne :

Malheureusement, mes espoirs ne se sont pas réalisés. Je tiens cependant à préciser que ce premier tome possède de véritables atouts. Personnellement, je ne suis pas parvenue à rentrer dans l’histoire pour des raisons que je développerai ci-dessous, mais ce ne sera peut-être pas votre cas. Attention, tout de même : selon moi, il est préférable d’avoir un certain bagage en littératures de l’imaginaire pour apprécier les subtilités et la complexité de cette saga.

C’est ce qui s’appelle passer à côté de l’histoire

Quand j’ai débuté L’Armure d’Orbandale, j’étais à la fois fascinée par l’univers qui se déployait devant moi et frustrée de ne pas en comprendre les fondements. Néanmoins, je connais bien cette sensation ; elle apparaît presque systématiquement lorsque je débute un roman, puisqu’il me faut un peu de temps pour prendre mes marques. C’est d’ailleurs un sentiment que j’aime voir se dissiper au fil de ma lecture.

Mais, cette fois, je n’ai pas réussi à le dépasser. J’avais beau relire certains passages, refermer le livre afin de faire le point, l’ensemble me restait flou. Et cela a perduré jusqu’à la fin ! Alors, même si je lui reconnais un potentiel incroyable, ce premier volet souffre selon moi d’un manque considérable de contextualisation. L’auteure connaît tout de son univers, de son scénario et de ses personnages, mais ce n’est pas le cas du lecteur. Et en tant que tel, j’avais besoin de davantage d’explications !

Univers hermétique et descriptions nébuleuses

Je pense l’avoir déjà dit, mais je n’apprécie pas lorsque l’on me prenne par la main lors de mon entrée dans un monde imaginaire. Au contraire, je préfère dénicher mes repères en toute indépendance. Toutefois, pour atteindre ce but, il me faut des indices, des renseignements, des éclaircissements.

Or, je me suis perdue dans les multiples descriptions que comporte ce premier numéro. Elles concernent en grande majorité le système de magie que j’ai tout simplement trouvé extraordinaire… sans en comprendre le fonctionnement. En fait, je ne parvenais pas à visualiser ce que je lisais, ce qui ne m’arrive pas si souvent. Quel dommage, vraiment !

Une intrigue aux trop nombreux mystères

Même si je suis capable de distinguer les grands événements de l’histoire, je n’ai pas établi de liens entre ces derniers. J’ignore pourquoi certains d’entre eux se sont produits, alors que l’auteure sous-entend clairement le contraire. De même, les personnages aboutissent souvent à des conclusions essentielles, mais leur raisonnement me laissait sur le carreau la plupart du temps.

Alors, certes, l’intrigue est véritablement complexe, et il n’est pas aisé de s’y retrouver. Pourtant, étant une lectrice passionnée de fantasy, je ne pensais pas rencontrer autant de difficultés. Cela me pousse, une fois encore, à émettre l’hypothèse selon laquelle l’histoire manque d’explications. En définitive, je suis restée en dehors du récit malgré mes efforts répétés et mon envie de l’apprécier.

Résultat : mon intérêt est progressivement retombé jusqu’à disparaître totalement, malgré un final exceptionnel !

Des personnages sans réelle consistance

Aux bémols déjà évoqués vient s’ajouter l’absence d’attachement envers les héros. Honnêtement, ils sont interchangeables à mes yeux. J’ai l’impression que l’auteure s’est surtout concentrée sur son intrigue et les points-clefs de celle-ci, délaissant involontairement ses personnage, ainsi que le développement de leur personnalité et de leurs relations. 

Si l’on excepte les rares moments de complicité que Lys partage avec son grand-père, les protagonistes de l’histoire ne servent qu’à dévoiler le scénario par leurs actes. Pourtant, certains deviennent amis, d’autres se disputent, mais ces échanges n’ont pas d’impact sur le récit. Peut-être le livre manque-t-il aussi d’enjeux secondaires, d’actions du quotidien, de complicité amicale ou familiale.