Éditeur : Hachette
Date de sortie : 14 octobre 2020
Genre : fantasy, aventures (young adult)

Synopsis

Alors que le froid s’abat sur Hyperborée, Lastyanax et Arka sont séparés. Le jeune mage a laissé derrière lui famille et amis pour se lancer à la recherche de sa disciple, partie retrouver ses racines loin du nord.

Pendant ce temps, la conquête de la cité semble à portée de main pour le maître des lémures. Mais les projets mortifères de ses supérieurs vont faire vaciller ses plans…

Parmi ces êtres aux destins entrelacés, qui prendra la tête de la ville sans vent ?

Critique

Une suite à la hauteur du tome 1

Très peu de temps après ma lecture du premier volet de La Ville sans vent, je me suis plongée avec délice dans le second. D’ailleurs, c’est assez rare pour être souligné, car j’ai tendance à laisser passer plusieurs mois entre chaque tome d’une saga. Mais, mais, mais… ce n’est jamais qu’un diptyque, très bon qui plus est. Bref, je me suis lancée !

Dans La Fille de la forêt, l’action est un peu moins présente, néanmoins cela n’est en rien un défaut. Au contraire, les enjeux politiques prennent davantage d’ampleur afin d’entraîner le lecteur vers un final explosif !

Bienvenue chez les Amazones !

Tout comme j’ai adoré découvrir Hyperborée, j’ai pris plaisir à explorer la forêt des Amazones en compagnie d’Arka. Grâce à cette dernière, nous partageons le quotidien de ces femmes qui ont refusé de s’incliner devant la prétendue supériorité des hommes. Bien évidemment, cela ne les empêche pas de se fourvoyer sur bien des points…

Pour être tout à fait honnête, j’aurais voulu en savoir encore plus à leur sujet, mais l’auteure n’est pas avare d’informations. Elle répond ainsi à nos questions et nous offre une multitude de détails qui, selon moi, participent à la construction de son univers passionnant !

Entre révélations et révolution

Si l’auteure revient sur le passé de certains personnages de manière ponctuelle, c’est pour mieux nous surprendre par la suite. Petit à petit, j’ai vu les pièces du puzzle s’assembler, composant ainsi une fresque grandiose qui s’étale sur plusieurs générations.

Ce pan de l’histoire prédomine, cependant l’action est tout de même au rendez-vous et prend la forme d’une révolte. En effet, il est hors de question pour les Hyperboréens de laisser leur ville aux mains des envahisseurs. Dans l’ombre, la rébellion s’organise et elle réserve bien des surprises…

J’admets toutefois être passée à côté de quelques subtilités, notamment concernant les propos de Python qui me semblent toujours aussi sibyllins après lecture du livre. Dommage !

Une héroïne qui s’accomplit enfin

Comme l’indique son nom, ce second volume s’intéresse beaucoup à Arka, à son passé, à la malédiction qui pèse sur ses épaules. Je l’ai dit plus haut, Éleonore Devillepoix lève le voile sur les mystères qui la touchent de près et la met dans des situations quasi inextricables. Alors qu’elle gagne en maturité sans, pour autant, délaisser sa témérité, la jeune fille se lance un défi risqué : trouver un juste équilibre entre son allégeance pour les Amazones et son amour pour Hyperborée. 

Alors, même si j’ai mis du temps à m’attacher à ce personnage, elle a en définitive dépassé toutes mes espérances. C’est bien elle qui porte ce récit à son dénouement !

Des personnages finement construits

Davantage tourné vers l’avenir, Lastyanax se découvre des ressources insoupçonnées au contact de Pyrrha. Il faut dire que son amie est bien décidée à imposer ses idées, à la fois progressistes et féministes. Tous deux ajoutent donc du piment à l’intrigue ; j’ai adoré leurs échanges, un peu moins leurs entêtements, mais ça fait partie intégrante de leur charme.

Quant aux antagonistes, eh bien je ne suis on ne peut plus convaincue par Alcandre. Au vu de son histoire, il m’est arrivé de le comprendre, sans approuver ses choix, ses actes, son attitude. Il n’en va pas de même pour Rodolphe malheureusement, que j’ai trouvé inutilement machiavélique. Il s’agit cependant d’un personnage tout à fait secondaire ayant peu d’impact sur l’intrigue.

Mais quel que soit leur camp, Éleonore Devillepoix n’hésite pas à faire souffrir ses personnages, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. En outre, ce ne sont pas toujours les gentils qui l’emportent. Bref, le récit n’est donc en rien manichéen et c’est franchement appréciable ! De ce fait, je ne dirai pas non à un spin-off…

De la même auteure

La Ville sans vent (livre 1), Éléonore Devillepoix