Éditeur : Hachette
Date de sortie : 31 mars 2021
Genre : fantasy, aventures (young adult)

Synopsis

Dans le royaume de Hélios, les mots ont un pouvoir.

Celui de créer, d’équilibrer, puis de détruire le monde. Lorsqu’on les prononce, aucun retour en arrière n’est possible. Arya, une jeune fille de la capitale, est passionnée de livres. Elle en dévore chaque mot.

Mais elle est loin de se douter qu’elle est la clé pour sauver son royaume, le seul qui ait restreint l’utilisation de la magie grâce à un traité. Un traité qui ne plaît pas aux rebelles, prêts à tout pour l’éradiquer.

À l’aube des changements qui s’annoncent, les Mots se réveillent pour établir l’ordre dans le chaos, la vérité dans l’illusion. Ils attendent leur Appel. Celui de la Passeuse de Mots.

Critique

Des débuts relativement lents

Depuis mon presque coup de cœur pour La Ville sans vent, je guette avec attention les futures parutions des éditions Hachette. J’ai donc repéré La Passeuse de Mots dès l’annonce de sa sortie. À ma plus grande joie, la maison d’édition – que je remercie au passage ! – m’a proposé ce premier volet en service de presse. Autant vous dire que j’ai aussitôt accepté !

C’est donc pleine d’enthousiasme que j’ai débuté La Passeuse de Mots. Après plusieurs chapitres cependant, j’ai trouvé que le récit peinait un tantinet à décoller. Rien de bien grave, mais sachez que les auteurs prennent leur temps afin d’exposer le contexte de l’histoire et de relater le quotidien d’Arya. Pourtant, nul besoin de s’y attarder selon moi, puisque ces éléments sont faciles à appréhender.

Bref, j’ai rongé mon frein pendant une bonne centaine de pages, malgré un style très agréable. Après coup, je me dis que ce n’était pas si long, mais mon impatience a certainement joué dans mon ressenti.

Quand enfin survient l’élément déclencheur

Dès cet instant, je me suis régalée en tournant les pages. Les quelques indices concernant la mission d’Arya sont pleins de promesses ! J’y ai d’ailleurs vu une ressemblance avec Sakura, chasseuse de cartes, inspiration que m’ont confirmée Alric et Jennifer Twice. Or, ayant adoré ce manga durant mes jeunes années, ce n’était pas pour me déplaire.

J’étais donc prête à en apprendre davantage sur le système de magie ô combien passionnant, à suivre Arya dans sa quête, à vivre mille et une aventures afin de rééquilibrer le monde ! Néanmoins, tout ne s’est pas passé comme prévu

Une phase d’apprentissage qui a mis mes nerfs à rude épreuve

C’est une étape toujours délicate, mais indispensable dans les quêtes initiatiques. Elle est plus ou moins bien gérée en fonction des romans, mais ce n’est jamais la partie que je préfère. Je demeurais toutefois curieuse d’en savoir plus, raison pour laquelle je n’ai pas hésité à poursuivre ma lecture.

Le hic ? Cet apprentissage est à peine centré sur les pouvoirs d’Arya, à mon grand désarroi. En vérité, ce pseudo apprentissage est mené par Killian, un homme aux multiples talents qui cache bien des secrets derrière son air bravache. Soyons honnêtes : c’est le genre de personnages qui plaît plus que de raison et que l’on rencontre dans nombre d’ouvrages. C’est donc pour moi un cliché qui m’est de plus en plus insupportable. Certes, j’aime les personnages mystérieux, mais uniquement ceux qui se distinguent des types torturés prétendument irrécupérables, mais qu’un fond de bienveillance finit toujours par animer dans les moments forts, en particulier lorsqu’une jeune demoiselle est en danger. Vous voyez le topo ? Eh bien, c’est exactement ce que j’ai retrouvé dans La Passeuse de Mots

Durant des jours et des jours, Killian tente de guider Arya, mais sans grand succès. En fait, la majorité de leurs échanges se résume à des disputes et à des mises au point inutiles, puisque l’un et l’autre n’en font qu’à leur tête. Résultat : je me suis lassée de cette rengaine et de leur relation entre amour et haine.

Une mission dont on ne connaît pas l’enjeu

C’est une volonté des auteurs de ne pas trop en dévoiler, et je respecte cela. Cependant, ce premier volet fait tout de même plus de 700 pages. Je m’attendais donc à obtenir quelques réponses. Eh bien, non ! On sait simplement qu’Arya suit son instinct mais, si vous voulez mon avis franc et honnête, celui-ci a bon dos

Par ailleurs, un autre point m’a fait tiquer. En parallèle de sa mission principale, l’héroïne s’est en effet fixé un objectif – que je préfère taire pour ne pas vous spoiler – qui semble vital pour elle. Et pourtant, il passe très vite à la trappe, même si elle prétend le contraire. Un peu facile, n’est-ce pas ?

Mais rassurez-vous, vu l’épaisseur du livre, il s’en passe des événements. Ainsi, Alric et Jennifer Twice entraînent le lecteur dans une suite d’aventures… auxquelles je n’ai pas spécialement adhéré, du moins en partie. Pour ceux qui ont lu ce premier tome, je fais référence aux épisodes se déroulant à la Banque de Corndor et au Val de Fer. Par la suite toutefois…

Incroyable, mais vrai !

Après 475 pages de montagnes russes, je suis finalement rentrée dans l’histoire. Comment ? Eh bien, je ne sais pas trop. Disons qu’à partir de cet instant, j’ai eu l’impression que le scénario était véritablement construit alors qu’auparavant, il s’apparentait plus à une succession d’événements imprévus. L’intrigue s’est donc révélée moins hasardeuse, selon moi.

L’évolution d’Arya y est également pour quelque chose. Au début naïve et impulsive, elle m’a rapidement tapée sur les nerfs, car elle n’écoute jamais ce qu’on lui dit. Son réflexe ? S’excuser une fois qu’il est trop tard ! Avec le temps néanmoins, elle s’affirme davantage et, surtout, devient la détentrice d’un pouvoir qui m’a indubitablement conquise. 

Du côté des protagonistes secondaires – enfin, pas si secondaires que cela -, je suis beaucoup plus mitigée. Victime de sa condition, Alric est bien trop valorisé pour son comportement irréprochable, au point de paraître parfait. Quant à Saren, il fait pâle figure aux côtés d’Alric et de Killian.

Dernier point : je n’ai pas cru une seule seconde à l’amitié qui lie Arya au prince Aïdan, tant celui-ci n’hésite pas à la blesser pour son bon plaisir. Ce n’est pas parce qu’il souffre de sa relation conflictuelle avec son père qu’il peut tout se permettre ! Pour autant, ce personnage pourrait être à l’origine de bien des rebondissements par la suite. Mais vais-je lire la suite ? Franchement, à l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais toujours pas…