Éditeur : auto-édition
Date de sortie : 24 novembre 2020
Genre : anticipation

Synopsis

Les Bulles. Immenses cités de verre suspendues où tout est réfléchi pour protéger ses habitants. Les protéger des Ombres.

La guerre que mènent l’Impératrice et son Commandant est sans relâche. Seules les Chuchoteuses pourraient intervenir, car elles connaissent le langage des Ombres.

Mais des Chuchoteuses, il n’y en a plus. En apparence, du moins.

Adèle ne sait pas encore qu’elle en est une. Et qu’une mission qui la dépasse l’attend.

Critique

Le bon choix 

Vous le savez, j’accepte régulièrement des romans auto-édités en services de presse et ce, en dépit de mes déceptions passées. Chaque auteur est différent, chaque histoire unique, je ne désespérais donc pas de trouver la perle rare. Et peut-être l’ai-je enfin dénichée…

Pour être totalement honnête, ce premier tome n’est pas parfait, mais j’ai passé un très bon moment de lecture entre ses pages. Je remercie donc Josépha Juillet pour l’envoi !

Un univers qui réserve encore bien des surprises

Comme l’indique le titre de la saga, l’histoire porte sur les Ombres. C’est un concept que j’ai déjà rencontré dans d’autres romans. Ce fut le cas, par exemple, dans le livre d’Angel Arekin, dont le titre est justement Ombres. Cependant, Josépha Juillet a su s’approprier l’idée, la modeler selon ses désirs, l’exploiter au mieux. 

D’ailleurs, on en sait peu au sujet de ces Ombres, et de l’univers dans son ensemble puisqu’il se résume (presque) à Adèle et à son entourage proche. Néanmoins, je ne doute pas que la suite répondra à toutes mes questions.

Je vous rassure, on découvre tout de même la Bulle dans laquelle vit l’héroïne, ses instances de pouvoir, son fonctionnement, ses particularités. Encore une fois, il s’agit là d’une approche souvent exploitée, mais Josépha Juillet ne semble pas s’être inspirée des univers dystopiques dans lesquels elle se retrouve habituellement. Pour moi, La Nation des Bulles relève plus de l’anticipation – sans trop verser dans la science-fiction ! – avec une pointe de thriller. Un mélange pour le moins réussi !

À propos de l’intrigue

Elle se met doucement en place, l’auteure préférant prendre son temps pour exposer la situation initiale, présenter ses personnages, expliquer leurs liens. Même si l’élément déclencheur survient très rapidement, il est suivi d’une phase d’apprentissage relativement longue. Sans être palpitante, celle-ci est bien menée et, surtout, entrecoupée d’événements intéressants. Bref, c’est plutôt bien géré malgré quelques lenteurs.

Par la suite, le scénario monte en puissance. Composé de dangers et de machinations politiques, il m’a emportée dans une série de rebondissements inattendus. Si j’ai jugé certains passages inutiles, j’ai pris plaisir à voir le récit se construire au fil des pages, à découvrir l’envers du décor, à entrapercevoir des enjeux de plus en plus grands !

Une héroïne, deux instructeurs et qui d’autre ?

Alors qu’elle est précipitée dans les hautes sphères du pouvoir, Adèle est entourée de quelques personnes, seulement. J’avoue avoir trouvé cela étonnant au départ, m’attendant à un défilé de personnages, tant principaux que secondaires. Josépha Juillet a toutefois privilégié une narration à la première personne, ce qui limite forcément son champ d’action (pas tant que ça, en fin de compte…). En outre, elle a choisi de développer un cercle restreint afin d’approfondir ses protagonistes, quitte à en laisser certains dans le flou total. Et ça fonctionne !

J’ai apprécié Adèle ou, tout du moins, la Adèle qui évolue au fil du temps. De celle qui agit dans l’ombre, elle devient femme de pouvoir dans tous les sens du terme. Ses réflexions, ses aspirations et même ses erreurs servent directement l’intrigue. En voilà une personnalité prometteuse !

Quant aux instructeurs Léo et Ben, eh bien j’ai une nette préférence pour ce dernier, parce qu’il est plus intéressant, plus secret. Pourtant, dans la réalité, ce serait vers Léo que je me tournerais, car il est beaucoup plus avenant. En vérité, il m’a paru trop lisse, ce qui me pousse à la méfiance. Quoi qu’il en soit, les deux sont indispensables à l’histoire… mais peut-être pas leur rivalité ? J’ignore où elle mènera exactement, alors je réserve mon jugement sur ce point.

Enfin, une romance semble se dessiner, mais elle n’en est qu’aux prémices. Par chance, Josépha Juillet n’a pas choisi la facilité. En effet, qui a dit qu’un amour devait forcément être partagé ?

Le rythme s’accélère sur la fin

Si vous débutez cette trilogie, attendez-vous à un petit cliffhanger dans le dernier chapitre. Rien de trop insoutenable, mais tout de même ! D’ailleurs, il permet d’expliquer certaines choses que je trouvais étranges, voire anormales. Or, j’aime tout particulièrement les justifications qui tiennent la route et sur ce point, je suis satisfaite.

En résumé, le dénouement m’a donné envie de lire la suite, ce que je compte faire très prochainement puisque l’auteure a eu la gentillesse de me proposer le tome 2, L’Univers des Chuchoteuses, en service de presse.