Éditeur : Mnémos 
Date de sortie : 11 juin 2021
Genre : urban fantasy 

Synopsis

Dans la ville américaine de Dakota, Mike Stepovitch, un policier divorcé, s’approche dangereusement des rives de la dépression. Lorsqu’il découvre des victimes assassinées dans le sillage d’un gitan amnésique, il croit tenir son coupable. Pourtant, des événements surnaturels le font douter.

Alors que le gitan recouvre peu à peu la mémoire, Stepovitch comprend que ce dernier sera son seul allié pour combattre l’étrange magie qui frappe les habitants de la bourgade. Il lui faudra se tenir aux portes du Monde d’en bas, un univers de ténèbres dont la menace hante sa petite ville si paisible…

Critique

Une auteure incontournable

Lorsque les éditions Mnémos, que je remercie au passage, m’ont proposé leur dernière parution coécrite par Megan Lindholm, alias Robin Hobb, j’ai sauté de joie. Ayant adoré plusieurs sagas de cette auteure célèbre (notamment L’Assassin royal, Le Fou et l’Assassin et Les Cités des Anciens), j’étais assurée de passer un bon moment de lecture, si ce n’est plus encore.

Il est vrai que j’ai un peu occulté Steven Brust. Je me souviens tout de même avoir lu Liavek, un recueil de nouvelles également écrit à quatre mains, cependant… En fait, j’ai surtout apprécié les nouvelles signées Robin Hobb. C’est bien la preuve que j’apprécie les œuvres de cette dernière.

Pourtant, je ressors mitigée de cette lecture en dépit de sacrés atouts…

Des débuts enchanteurs

C’est sans appréhension aucune que j’ai débuté Gypsy. Dès les premières pages, j’ai été charmée par l’univers onirique, par l’ambiance mystérieuse qui s’en dégageait. Certes, je ne comprenais pas grand-chose à l’intrigue, mais j’étais certaine que les explications viendraient plus tard.

Sans vous en dévoiler trop, sachez tout de même que ce roman est construit sur un genre de conte inventé de toutes pièces, du moins je n’en ai jamais entendu parler. Moi qui aime les atmosphères à mi-chemin entre le merveilleux et l’horreur, j’étais plus que ravie.

Bref, l’originalité était au rendez-vous !

Stepovitch, seul point de repère

Puisque les héros demeurent impénétrables, puisque l’univers refuse de révéler ses secrets, l’histoire demeure dans un flou permanent, excepté en ce qui concerne Stepovitch. Ce personnage nous permet de rester ancré dans le réel, de partager notre incompréhension face à des événements étranges et, petit à petit, d’obtenir quelques réponses – pour toujours plus de questions, mais ça c’est un autre problème.

Alors, certes, Stepovitch, c’est le cliché du flic divorcé qui ne sait comment se rapprocher de ses enfants et affronte difficilement la solitude à la nuit tombée. Pourtant, il est très touchant, ne serait-ce que parce qu’il est lucide quant à ses défauts, ses envies profondes et son avenir. J’ai également apprécié l’amitié indéfectible qui le lie à Ed, son ancien mentor au sein de la police.

Je suis restée indifférente face aux autres personnages. À force de les entourer de mystères, les auteurs instaurent une certaine distance que je ne suis pas parvenue à franchir. Je n’ai donc ressenti aucun attachement pour le Gitan ou ses frères. En revanche, j’ai beaucoup aimé l’évolution de Durant, le tout jeune coéquipier de Stepovitch.

Et si je n’avais pas tout compris à l’histoire ?

Au début, cela me paraissait normal. J’étais persuadée que tout finirait par s’éclaircir au fil des chapitres. Le hic, c’est que ce moment n’est jamais arrivé. Résultat : j’ai progressivement décroché.

Je tiens à le préciser, il se passe énormément de choses. Pris indépendamment les uns des autres, tous les événements sont très beaux, à la fois oniriques et poétiques. Mais je peinais à établir des liens. Cela est surtout vrai pour le Cocher dont j’ai eu du mal à saisir le rôle ou même le camp auquel il appartenait, du moins jusqu’à la fin.

En outre, plus je tournais les pages, plus le rythme paraissait ralentir. C’est peut-être ma patience qui atteignait ses limites, mais j’avais l’impression que le récit multipliait les longueurs.

Verdict : un roman qui n’était pas pour moi, mais peut-être pour vous ?

Il m’a fallu trois semaines pour venir à bout de Gypsy, ce qui est beaucoup pour moi, même en cette période surchargée. C’était bien la preuve que je n’avais pas vraiment envie d’y revenir. Malgré cela, j’ai persévéré, déjà parce qu’il s’agit d’un service de presse, ensuite parce que c’est du Robin Hobb (enfin, pas seulement, c’est vrai). J’attendais donc le déclic qui ferait de cette lecture un moment magique. Malheureusement, il ne s’est jamais produit.

De ce fait, le dénouement m’a laissée complètement de marbre. Néanmoins, en toute objectivité, il est plus que satisfaisant. Simplement, j’avais déjà renoncé à aimer cette histoire.

Ceci étant dit, je suis convaincue que d’autres lecteurs pourraient l’adorer, mais peut-être pas les fans de L’Assassin royal, car le style est très différent. Vous voilà prévenu !

De la même auteure

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Le Fou et l’Assassin, tome 6 : Le destin de l’Assassin, Robin Hobb

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Le soldat chamane (intégrale 2), Robin Hobb
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