Éditeur : L’homme sans nom
Date de sortie : 18 mars 2021
Genre : uchronie

Synopsis

Une année à la découverte des mirages et des merveilles de la cité sélène, joyau de l’âme slave arraché à la Terre, entre les mains d’un duc au destin défiant le cours du temps.

Une année où croiser dans ses rues Marie Curie, l’archiduc François-Ferdinand ou Howard Carter, mais aussi humbles ouvriers, voleur volubile ou automates au cœur de cuivre. Entre ruines lunaires à explorer, un championnat du monde d’échecs à préparer ou des complots à déjouer…

Les canaux ambrés de la ville n’ont pas fini de vous dévoiler ses secrets !

Critique

Un format qui m’avait manqué

La blogosphère ne tarissant pas d’éloges à son sujet, c’est avec grand plaisir que j’ai accueilli la proposition de service de presse d’Emmanuel Chastellière pour son dernier roman, Célestopol 1922. Je remercie également les éditions de L’Homme sans nom pour l’envoi.

Célestopol 1922 est un recueil de nouvelles, et cela faisait bien longtemps que je n’avais eu l’occasion d’en lire. Je suis donc contente d’avoir renoué avec ce format. Notez que, s’il peut se lire de manière indépendante, ce titre fait suite à un premier recueil, tout simplement nommé Célestopol.

Mon top 3

Comme toutes les histoires, certaines marquent plus que d’autres, et le format court ne change rien à cette habitude. J’ai sans conteste adoré La Fille de l’hiver qui m’a ravie par sa complexité et touchée par son issue inéluctable. J’ai également apprécié Le Correcteur de fortune et Katarzyna, la première pour son originalité, la seconde pour sa fin inattendue.

Mais qu’on se le dise : toutes les nouvelles sont intéressantes, toutes transmettent des émotions, délivrent un message fort. Lutte sociale, recherches scientifiques ou encore sentiments amoureux : les thématiques sont multiples ! En outre, l’auteur n’hésite pas à côtoyer les bas-fonds de Célestopol comme les hautes sphères du pouvoir. Dans son recueil, chacun possède une voix, quelle que soit sa condition !

Et si l’homme avait conquis la lune ? 

Telle est l’idée folle exploitée dans ce recueil de nouvelles. Avec simplicité, Emmauel Chastellière réinvente le passé de figures connues (citons par exemple Marie Curie et Howard Carter), se réapproprie leurs découvertes, leur dicte un nouveau destin. Certes, il pourrait s’agit d’un jeu dangereux, mais il s’en sort admirablement bien. Il faut dire que le format s’y prête puisqu’il permet de sauter d’un personnage à l’autre sans retracer toute sa vie. Bien évidemment, d’autres personnages sont créés de toutes pièces et je les ai tout autant appréciés !

En vérité, j’ai senti une véritable maîtrise dans la construction de ce livre uchronique. L’auteur a pris soin de développer divers aspects indispensables à toute société, et plus particulièrement le contexte géopolitique. Ah, et n’oublions pas l’essentiel : nous nous trouvons sur la lune ! Ainsi, j’ai adoré voyager dans tout Célestopol afin d’en découvrir les secrets, des plus sombres aux plus lumineux.

Des personnalités creusées

En quelques lignes, Emmanuel Chastellière offre à ses héros une histoire, un caractère et des aspirations qui leur sont propres. S’il n’hésite pas à les habiller de sentiments communs, comme l’amour, la tristesse ou la colère, il ne tombe jamais dans le cliché ou l’excès. C’est parce qu’ils sonnent juste que ses personnages parviennent à nous toucher dans leur détresse ou leur bonheur.

Cette réussite repose en grande partie, je pense, sur la finesse de sa plume. Fluide et sans lourdeurs, cette dernière nous pousse à tourner les pages sans jamais les compter.

Point de perfection, mais on s’en approche 

Disons-le franchement : j’ai passé un très bon moment de lecture entre les pages de ce recueil. Pour autant, j’aurais aimé davantage de liens entre les nouvelles afin de pouvoir les débusquer un à un. Alors, rassurez-vous, il en existe, ne serait-ce que par le cadre de l’histoire ou même par la récurrence de certains personnages tels qu’Arnrùn, Wojtek et Ajax (mention spéciale pour ce dernier dont j’ai adoré la personnalité). Cependant, j’ai trouvé que le potentiel n’était pas exploité au maximum. Mais comme toujours, cet avis n’engage que moi.

Enfin, ma frustration fut grande d’entendre parler du duc Nikolaï à maintes reprises, sans jamais le rencontrer vraiment. Heureusement, ce manque a été largement comblé dans La Fille de l’hiver, cette nouvelle lui offrant un rôle absolument spectaculaire. Toutefois, ma patience aura été mise à rude épreuve, puisqu’elle se situe à la fin du livre.

Ceci étant dit, ce personnage est peut-être creusé plus avant dans le premier recueil, ce qui serait une très bonne raison de m’y plonger…