Éditeur : Snag
Date de sortie : 9 juin 2021
Genres : thriller, steampunk, uchronie (young adult)

Synopsis

Nouvelle Orléans, 1919.

Alors que le tueur à la hache sème la terreur dans les rues et nargue les enquêteurs, le corps mutilé d’une jeune femme est découvert en ville. Que signifient ces notes de musique retrouvées sur sa peau et ces étranges plumes métalliques plantées dans son dos ?

Pour les inspecteurs Perkins et Bowie, une nouvelle enquête s’ouvre. Se pourrait-il qu’un deuxième meurtrier soit à l’oeuvre ?

Mais prenez garde, écouter du jazz pourrait bien vous coûter la vie…

Critique

Jamais deux sans trois

Ayant lu Cendres et Oxygen de la même auteure, je ne pouvais refuser de recevoir Encens (qui s’inscrit d’ailleurs dans le même univers que Cendres) en service de presse. Pourquoi ? Eh bien, je suis convaincue que Johanna Marines possède un véritable talent pour l’écriture. Alors, oui, je trouve toujours quelques bémols, mais que voulez-vous ? Je suis une éternelle insatisfaite !

Quoi qu’il en soit, je remercie l’auteure pour sa proposition et la maison d’édition pour l’envoi du livre.

Une intrigue entraînante, mais quelque peu prévisible

Encens se lit très rapidement. La plume de l’auteure, que j’avais déjà remarquée dans Cendres, n’y est pas étrangère. Le texte est fluide, sans lourdeur. C’est agréable de tourner les pages et de suivre les péripéties des personnages dans une ambiance steampunk. Entre oiseaux mécaniques ou aérocabarets, celle-ci est une réussite !

Seul bémol à l’horizon : j’ai deviné les dessous de l’histoire, et tout particulièrement l’identité du (des ?) tueur(s). Attention, ce ne sera peut-être pas le cas de tous les lecteurs. En outre, je ne connaissais pas les détails, j’ai donc apprécié les découvrir lors du grand final.

Et si l’histoire n’était pas assez creusée ?

Il s’agit d’un ressenti tout à fait personnel, mais j’aurais apprécié que l’auteure développe plus avant certains pans de son histoire, comme par exemple le passé de Molly ou le rôle de Rachel. Je tiens cependant à préciser que tous les éléments de réponse sont présents, ce qui n’était pas le cas dans Cendres selon moi. Il n’y a donc nulle frustration, toutefois ma curiosité n’a pas été entièrement satisfaite. De plus, certaines transitions sont un peu faciles.

Ceci étant dit, je dois reconnaître que le dynamisme du récit est excellent. Or, en y ajoutant une multitude de détails, le résultat n’aurait pas été le même ! Je comprends donc ce choix, d’autant plus qu’il s’agit de young adult.

J’ai adoré l’héroïne, mais j’ai détesté son père

Au cœur de l’histoire, Grace m’a beaucoup plu. Elle vit en 1919 et pourtant, elle est dans l’air du temps. Elle est en faveur de l’évolution des mentalités, possède une ouverture d’esprit à toute épreuve et revendique son indépendance, malgré son statut de femme. Une belle leçon de courage qui a sa place dans le monde actuel !

A contrario, j’ai détesté son père, William. Même si l’auteure le présente comme un policier consciencieux qui souhaite plus que quiconque arrêter le(s) tueur(s), je l’ai surtout trouvé irrespectueux. Alors, bon flic peut-être, mais ce n’est pas un père compréhensif, ni un mari attentionné. Bref, son quotidien, rude par bien des aspects, n’a pas suffi à excuser son comportement à mes yeux. Tant pis !

Quant aux antagonistes, eh bien… J’aurais aimé que leur psychologie soit plus approfondie, mais la manière dont ils sont intégrés à l’histoire est excellente. Je n’en dirai pas plus !

Le thriller YA : pas mon genre de prédilection ?

C’est un constat qui m’apparaît après la lecture de quelques romans, notamment ceux à l’ambiance steampunk. Attention, je ne les remets pas en question pour autant. Néanmoins, il s’agit d’un genre hybride qui ne permet pas à l’auteure de pousser l’aspect thriller jusqu’au bout, puisqu’il il est tout aussi important de développer l’univers. 

Or, avant de me consacrer à l’imaginaire, je me suis un peu cherchée. J’ai donc lu des thrillers dits classiques, et certains d’entre eux m’ont réellement happée. L’enquête était si bien ficelée que je ne parvenais plus à les lâcher ! Malheureusement, je ne retrouve pas cette sensation grisante dans les thrillers YA qui me semblent moins fouillés et incontestablement plus édulcorés.

Bref, je pense tout simplement que le thriller YA n’est pas fait pour moi, même lorsqu’une pointe de steampunk fait son entrée. Car ce que je recherche avant tout, c’est le suspense. Une qualité qu’Encens ne possède pas. Je le conseille tout de même aux amateurs du genre qui devraient se régaler avec cette histoire !

De la même auteure

Cendres, Johanna Marines
Oxygen, Johanna Marines