Éditeur : Bragelonne / Castelmore (collection BigBang)
Date de sortie : 1er septembre 2021
Genres : fantasy féerique, romance (young adult)

Synopsis

Isobel est une jeune artiste peintre exceptionnelle, aux clients bien particuliers : les redoutables faés, des créatures immortelles capables de jeter de terribles sorts. Les faés envient une seule chose aux humains : leur Art, car eux-mêmes sont incapables de donner un coup de pinceau sans tomber en poussière.

Le talent d’Isobel est si convoité que Corneille, le prince d’automne, lui commande un portrait. Mais la jeune femme va commettre une grave erreur et mettre le prince dans une position difficile, qui pourrait bien lui coûter la vie. Furieux, Corneille l’entraîne sur les terres des faés pour comparaître devant un tribunal. Un voyage périlleux, où, cernés d’ennemis, ils seront contraints de s’en remettre l’un à l’autre pour survivre… au risque de voir naître entre eux un sentiment plus dangereux encore.

Critique

Une lecture parfaite pour l’automne

J’ai longuement hésité avant de demander Enchantment of Ravens en service de presse. En effet, il s’agit d’une romance et, comme vous le savez, ce n’est pas vraiment mon genre de prédilection. Pourtant, j’ai fini par céder, attirée par le monde périlleux dépeint dans le synopsis.

Et j’ai bien fait ! Ce one-shot de 379 pages à peine est une petite douceur, une histoire à dévorer entre deux gros pavés ! Certes, l’intrigue n’est pas des plus complexes, mais elle se suffit à elle-même. Je remercie donc les éditions Castelmore pour l’envoi.

Oui, j’ai apprécié cette romance

Il faut dire qu’elle est loin d’être conventionnelle, puisqu’elle concerne une humaine et un faé. Alors, les sentiments sont bien présents, presque infinis tant ils transcendent les héros, toutefois l’auteure se sert de la maturité d’Isobel pour nous rappeler qu’une histoire d’amour n’est jamais parfaite. Et puis, n’oublions pas qu’ils n’ont pas le droit de s’aimer !

Bien sûr, j’ai trouvé quelques défauts à ce récit, mais cela ne m’a pas empêchée de tourner les pages, avide de connaître la suite. Il s’agit donc d’une romance parfaitement maîtrisée et si, je l’ai tant aimée, c’est parce qu’elle laisse beaucoup de place à un univers enchanteur. Du moins, en apparence…

Bienvenue chez les faés

Au début du roman, nous faisons la connaissance de ces créatures aussi belles que redoutables. Grâce à Isobel cependant, nous apprenons à nous en méfier. Elle connaît bien le sort réservé aux humains les plus naïfs qui, attirés par leurs artifices, ne voient jamais le drame derrière leurs enchantements. Grave erreur !

Une fois propulsée dans le monde des faés, Isobel perd ses repères, mais pas sa méfiance, heureusement ! Elle traversera mille dangers, parfois sans même s’en rendre compte, pour assurer sa survie. Car les faés sont très différents des hommes…

Leurs cours, leurs coutumes, leur obsession pour l’Art, leur incompréhension des besoins humains : chaque élément m’a passionnée. Alors oui, j’aurais aimé en apprendre davantage, et pourquoi pas explorer le Monde du Dehors. Malheureusement, ce ne fus pas le cas. Tant pis !

Réflexions, humour et dangers

Tout au long de ses aventures, Isobel se pose beaucoup de questions et se perd dans ses incertitudes. Parfois, ses pensées tournent en rond, mais on ne s’ennuie pas pour autant. En fait, l’acte humain le plus anodin laisse perplexes les faés, ce qui donne lieu à des situations cocasses. J’ai donc souri à de nombreuses reprises durant ma lecture.

Si l’on excepte la fin riche en rebondissements, le récit est relativement calme. Mais attention, le danger rôde, subtil et pernicieux. Il se cache dans les yeux et les gestes des faés qui, à tout moment, peuvent se montrer cruels ou imprévisibles. Bien souvent, les pièges se referment de façon inattendue…

Une humaine perdue parmi les faés

Margaret Rogerson a su donner vie à ses personnages, s’attardant sur chaque détail, exploitant jusqu’à la moindre différence. La romance est donc ancrée dans la réalité, et c’est sûrement pour cette raison qu’elle m’a plu. En effet, Isobel et Corneille ne cèdent pas à la facilité et tentent de résister à leurs sentiments, car les conséquences de cet amour seraient terribles pour l’un comme pour l’autre.

J’ai apprécié Isobel pour sa force de caractère et son indépendance. Elle parvient même à se remettre en question, tandis qu’elle tombe amoureuse et ressemble alors à toutes ces jeunes filles qu’elle méprise habituellement. Voilà une héroïne très bien construite !

Corneille, quant à lui, est plus mystérieux, mais c’est le lot de tous les faés. Bien sûr, Margaret Rogerson lui accorde plus d’humanité qu’aux autres, plus d’émotions même, mais il n’en demeure pas moins le prince d’automne. J’ai adoré l’ambivalence qui le caractérise ; Corneille est toujours en équilibre précaire, comme si sa nature n’était pas clairement définie.

Enfin, les autres fés sont fidèles à eux-mêmes. Que ce soit Mouche, Ciguë ou Alouette, ils apportent tous quelque chose à l’histoire, mais ce quelque chose est-il positif ? La réponse n’est pas toujours aussi simple…

Un final un brin trop rapide ?

Dans les derniers chapitres, le rythme se précipite et je n’y étais pas préparée. En vérité, j’appréciais l’ambiance d’origine, lourde de menaces. De ce fait, il m’a manqué un petit quelque chose pour apprécier pleinement ce final, mais je ne saurais dire quoi. Une transition, peut-être ?

En outre, je m’attendais à un autre dénouement, ce qui est toujours à double tranchant. D’un côté, j’ai été vivement surprise. De l’autre, j’espérais davantage d’originalité. Quoi qu’il en soit, je pense que cette conclusion pleine d’action ravira la majorité des lecteurs !

De la même auteure

Sorcery of Thorns, Margaret Rogerson