Éditeur : Plume Blanche
Date de sortie : 6 juillet 2021
Genre : heroic fantasy

Synopsis

Depuis des Cycles, tous connaissent Talyä, la Furie. Celle qui fut le Maître le plus redoutable et le plus redouté de Mort. Celle qui causa massacres, bains de sang et dont le nom, aujourd’hui encore, fait frémir tous les Aspirants.

Voilà ses carnets, son histoire. Avant qu’elle ne devienne légende, puis mythe. Des siècles avant l’avènement de Dënorh.

Critique

Comme une envie de rencontrer Talyä

C’est en compagnie de Callysse (découvrez sa chronique ici) que je me suis plongée dans ce deuxième volet, impatiente de découvrir l’univers des Pointes et l’histoire de Talyä, enfin ! Évoquée à plusieurs reprises dans Les Cycles corrompus (qui se déroulent en majeure partie après Le Cycle honni), elle semble avoir marqué l’histoire plus que n’importe quel autre Maître d’Asroth, notre cher dragon Mort. D’ailleurs, ce dernier lui porte une affection toute particulière, et je souhaitais en connaître les raisons.

Sous le charme de la plume de Serenya Howell, j’ai donc remonté le temps pour rencontrer Talyä, la Furie !

Ce n’est d’abord qu’une adolescente

Avant son entrée à la Tour, Talyä n’est rien d’autre qu’une jeune fille perdue. Ses cauchemars sont sans fin, car elle se sent éperdument seule ; les partisans d’Asroth ont tué toute sa famille. L’appel de Lëysha est donc comme une délivrance. Un nouveau départ. Une chance de tourner la page… ou bien de se venger en écrasant l’ennemi !

J’avais beau savoir ce que Talyä deviendrait plus tard, je me suis laissé attendrir par cette adolescente si forte et si fragile à la fois. Dès cet instant, j’ai redouté le retour de Mort, car il signerait la fin de ses espoirs et de son innocence. Ce moment est tout de même survenu, et je reste encore marquée par le désespoir de Talyä tandis qu’elle comprend enfin les manipulations dont elle a fait l’objet. Rien que pour cela, j’adresse un grand bravo à l’auteure !

De jeune fille perdue à Seigneur accompli

Comme vous le savez, Le Cycle honni est entièrement dédié à Talyä. Et si je craignais un temps que baser l’histoire sur ce seul personnage – ou, tout du moins, sur le duo qu’elle formerait avec Asroth – pourrait se révéler lassant, j’ai été bien vite rassurée.

Talyä porte cette histoire jusqu’à son dénouement sans jamais flancher. Son évolution au fil des pages est absolument incroyable ! Je n’ai pas toujours été d’accord avec ses décisions, ni même avec ses pensées, mais je ne peux nier que Serenya Howell a construit une héroïne absolument fascinante qui, malgré sa jeunesse et son ignorance, prendra les rênes de tout un peuple dans le seul but d’accomplir sa vengeance !

Une héroïne émotive, et non froide !

Ce que la légende ne dit pas, ce que les autres ne voient pas, c’est que Talyä est pleine d’émotions. Même si, à l’intérieur, c’est bien souvent le chaos, elle se sert de ses sentiments comme d’une arme. Parfois, cette sensibilité exacerbée m’a déstabilisée, voire déplu lorsqu’elle dépassait les limites du raisonnable. Mais d’autres fois, je l’admirais pour sa capacité à rebondir en dépit de la souffrance. En débutant ce deuxième volet, je me demandais comment Talyä allait bien pouvoir s’endurcir au contact de Mort. Eh bien, j’ai eu ma réponse !

Seul bémol : ses multiples plans ont fini par me perdre. Par moments, je ne savais plus à qui était réellement destinée sa haine, Vie ou Mort. En fait, je pense qu’elle-même ne le savait plus. Sans le vouloir, elle s’est progressivement attachée à Asroth, mais je ne saurais dire quand elle a réellement basculé. C’est encore une fois la preuve du talent de l’auteure.

Celle-ci a par ailleurs inséré des ellipses temporelles tout au long du récit, et heureusement. En effet, les Maîtres bénéficient d’une plus grande longévité que la moyenne, il n’était donc pas nécessaire de tout relater, au risque de voir des longueurs s’installer. La transformation de Talyä s’achève alors quand elle prend la décision de ne plus s’attacher aux hommes, trop consciente de la brièveté de leur existence. C’est cette ultime résolution qui lui permet de se montrer, non pas cruelle, mais sans pitié lorsqu’il est nécessaire de tuer pour permettre à son peuple de mieux prospérer.

Quelques personnages entourent Talyä

Ils ne sont pas très nombreux, ce qui me laissait dubitative au début. Je me demandais comment l’auteure allait bien pouvoir construire un récit entier avec si peu de personnages, d’autant que Talyä a l’intention de conquérir le monde (ou presque). En définitive, Serenya Howell s’en est admirablement bien tirée. Et puis, l’avantage, c’est qu’on n’a pas de mal à s’y retrouver, ce qui n’était pas le cas dans Le Cycle primordial (situé à la fin du premier volume).

Dans l’ensemble, j’ai apprécié le Général et ses enfants grâce auxquels Talyä découvre les Pointes, s’initie à son fonctionnement, s’intègre à son peuple.

Ah, et n’oublions pas Asroth que j’ai pris plaisir à retrouver. Cependant, comme Callysse, je l’ai un peu trouvé en retrait dans ce tome. Il faut dire qu’il évolue dans un environnement qui lui est familier et qu’en dehors de celles qui affectent son Maître, il se soucie peu des affaires humaines. Ce n’est donc pas le héros de ce cycle, même s’il y joue un rôle important !

Le pire (ou le meilleur) est parfois de savoir la fin de l’histoire avant qu’elle ne se produise

Sur la fin, la conquête de Talyä se révèle un peu répétitive, bémol qu’a également relevé ma binôme de lecture dans sa chronique. À force, je ne savais plus quel territoire était ou non annexé aux Pointes, et ça n’avait pas vraiment d’importance. Par chance, alors que je commençais à me lasser de ces guerres incessantes qui ne menaient à rien, le final s’est amorcé. Et il m’a brisé le cœur !

Pourtant, je savais que ce cycle s’achèverait avec la mort de Talyä. Mais découvrir de quelle manière elle allait s’éteindre m’a touchée. Ainsi, plutôt que de casser le suspense, le fait de connaître le dénouement n’a fait que renforcer mes émotions. Un atout de plus pour ce roman !

De la même auteure

Les Aînés, tome 1 : Les Cycles corrompus