Éditeur : Bragelonne / Castelmore (collection BigBang)
Date de sortie : 1er septembre 2021
Genres : fantasy politiquesteampunk (young adult)

Synopsis

Alors que la guerre civile éclate, Yukiko et son tigre de tonnerre, Buruu, se voient contraints de prendre la tête d’une rébellion fragilisée par la trahison de Kin. Pourtant, il va falloir faire face, car la Guilde du lotus s’apprête à utiliser son invention la plus meurtrière, afin d’unifier l’empire sous le règne de la terreur.

Yukiko et Buruu devront faire appel à de nouveaux alliés et de vieux amis. Mais les fantômes du passé de Buruu rendent la tâche difficile… et avec l’arrivée d’un nouvel adversaire dans la bataille, la victoire est plus qu’incertaine.

Alors que la terre s’ouvre sous leurs pieds, que les armées se détruisent l’une l’autre pour prendre le contrôle d’un empire qui n’est plus que cendres, l’ultime secret du lotus sanguin va être enfin révélé…

Critique

En route pour le dernier tome

Ayant eu un presque coup de cœur pour Kinslayer, je n’avais qu’une seule idée en tête : connaître le dénouement de cette trilogie époustouflante. Alors, après une pause de quelques jours, j’ai rapidement enchaîné avec Endsinger, également envoyé par les éditions Castelmore que je remercie au passage.

Moins sombre que le précédent selon moi, ce tome n’échappe pas à quelques clichés du young adult, côté que la saga semblait avoir perdu en chemin. Cela ne m’a pas dérangée, au contraire ; en fait, j’aime le YA lorsqu’il est bien maîtrisé, ce qui est le cas ici !

Pour autant, ne vous attendez pas non plus à une balade de santé. Car, dans les romans de Jay Kristoff, rien ne se déroule jamais comme prévu…

Place à l’action !

Dans ce volet, il n’est plus temps de tergiverser. Que ce soit Yukiko, symbole de la rébellion malgré elle, la Guilde, prête à toutes les ignominies pour éradiquer cette dernière, ou même les Kagés, bien décidés à prendre leur revanche pour la capture de Daïchi, tous ont l’intention de se battre. Ils établissent des plans, tentent de saboter ceux de l’adversaire, échouent et puis, finalement, se relèvent. Chaque instant est une question de survie. Ou de mort. Sachez-le : les pertes seront nombreuses !

Des alliances se nouent autour d’un ennemi commun, toutefois les trahisons se poursuivent. D’ailleurs, celle de Kin m’avait laissé un goût amer, car je ne comprenais pas ses raisons. Maintenant, je sais… Mais j’ignore si j’adhère à ses explications !

Buruu, arashitora aux grands secrets ?

Je l’ai remarqué depuis le premier numéro, Jay Kristoff aime remonter dans le passé afin d’expliquer l’évolution de ses personnages. J’aime beaucoup ce procédé, plus encore lorsque je ressens de l’affection pour les protagonistes concernés. En outre, cela permet de casser la tension ambiante, qui ne cesse de grimper au fil des pages.

Bon, avouons-le, l’auteur n’y va pas de main morte. Sans exception, ses héros ont tous vécu des drames, ont souffert plus que de raison, voire ont commis des actes dont ils ne sont pas fiers, mais que la guerre justifie plus ou moins.

Dans Endsinger, Jay Kristoff s’intéresse tout particulièrement à Buruu. Personnage phare depuis le début, il est bien plus qu’un simple animal. Au contraire, c’est un être complexe dont les pensées gagnent en nuances grâce à l’influence des hommes. Et si je me demandais comment il avait pu s’attacher si vite à Yukiko, cette jeune fille qui rêvait simplement de le sauver de la folie du shõgun, j’ai obtenu ma réponse. Mieux encore, j’ai apprécié cette partie de l’histoire qui nous permet d’en apprendre plus sur les arashitoras

Enfin, la relation qui unit Buruu à Yukiko m’a touchée. Sans que je ne m’en aperçoive, elle a évolué jusqu’à déboucher sur une amitié, non un amour indéfectible, entre deux êtres que tout oppose.

Un style qui se démarque

Je ne pense pas l’avoir évoqué dans mes chroniques précédentes, alors je prends le temps d’une parenthèse pour vous décrire le style de Jay Kristoff. De mon point de vue, il est un brin théâtral, joue sur la corde sensible en prenant le risque de verser dans le too much. Ça ne fonctionne pas toujours, malgré cela j’ai pris goût à ses rappels dramatiques. À ses phrases courtes et souvent tragiques. À ses descriptions poétiques. Bref, à ses incitations à l’émotion !

Beaucoup, beaucoup de combats !

Je vous l’apprends peut-être, mais je ne suis pas une grande adepte des combats. Je suis plutôt révélations inattendues, machinations politiques et rebondissements inopinés, autant de qualités réunies dans La Guerre du Lotus. Néanmoins, pour le grand final, impossible d’échapper aux grandes batailles.

Mais je reconnais à Jay Kristoff un véritable talent pour conter les combats menés par Yukiko et ses proches. Pas une seule fois, il ne m’a perdue dans ses nombreuses descriptions. Il est pourtant question d’actions militaires, pas toujours bien coordonnées, alors chapeau bas !

Le hic ? Eh bien, peut-être qu’il y avait un peu trop de combats, justement. Ce dernier tome est certes l’apothéose de la saga, toutefois je les ai trouvés trop présents, amenant même des longueurs. De ce fait, sans être larguée ou carrément lassée, j’attendais avec beaucoup d’impatience le véritable dénouement. 

Heureusement, celui-ci a été à la hauteur de mes espoirs. S’il n’échappe pas à quelques clichés, j’ai ressenti un pincement au cœur à l’idée de quitter cet univers. Après 3 tomes lus de façon rapprochée, je suis déjà nostalgique. Pas d’inquiétude cependant, d’autres romans de l’auteur m’attendent, comme le tome 2 d’Illuminae par exemple…

Du même auteur

La Guerre du Lotus, tome 1 : Stormdancer, Jay Kristoff
La Guerre du Lotus, tome 2 : Kinslayer, Jay Kristoff

Illuminae, tome 1 : Dossier Alexander, Amie Kaufman & Jay Kristoff