Éditeur : Fleurus
Date de sortie : 1er octobre 2021
Genre : heroic fantasy (jeunesse)

Synopsis

À peine âgée de 18 ans, Héla, du royaume des Corbeaux, est promise en mariage au prince Erebe, du sinistre royaume des Dragons, un peuple de bien triste réputation. C’est donc le coeur lourd qu’elle arrive seule et sans allié à la forteresse de sa future belle-famille, qui s’avère encore plus sinistre et cruelle qu’elle ne l’imaginait. Heureusement, le prince Erebe ne semble pas partager les mœurs de son terrible frère aîné et de son père, et Héla se trouve même un allié inattendu en la personne du jeune prince Hermien.

Mais lorsque la jeune fille découvre que les Dragons sont sur le point de détenir une arme effroyable qui leur donnerait un avantage sans précédent sur le champ de bataille, et qu’ils ont prévu de l’utiliser contre le peuple des Abeilles, elle décide de s’enfuir pour empêcher le massacre en perspective. D’un royaume à l’autre commence alors, pour Héla, un voyage semé d’embûches et de rencontres…

Son courage et ses amitiés nouées suffiront-ils à ramener la paix au sein des quatre royaumes ?

Critique

Mauvais calcul

Il est des livres que l’on est certain d’aimer, et pourtant… Ce sont de cruelles déceptions ! Héla et les quatre royaumes fait malheureusement partie de cette catégorie. Je remercie tout de même les éditions Fleurus pour l’envoi de ce roman que je recommande néanmoins aux enfants (dès 10 ans), ou même à leurs parents en guise de cadeau de Noël.

En effet, si ce livre ne m’a pas convaincue outre mesure, je suis persuadée qu’il peut plaire à son public cible, tout simplement parce que je l’ai trouvé trop jeunesse.

Comment ça, trop jeunesse ?

Sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire : un univers foisonnant, une intrigue de cour prometteuse et un complot à déjouer. Dans les faits cependant, tout va beaucoup trop vite. Certes, l’auteure donne suffisamment d’éléments pour nous permettre de comprendre l’histoire, mais le résultat manque de développement. Pire encore, les obstacles qui se dressent sur le chemin d’Héla sont franchis bien trop facilement !

Ma plus grande déception concerne l’univers dont le potentiel est indéniable. Mais, comme tout le reste, Marie-Line Brault ne fait que l’effleurer, me laissant indubitablement sur ma faim. Ainsi, j’aurais aimé en savoir plus sur chaque royaume, découvrir leurs particularités, comprendre leurs forces et leurs faiblesses et même m’immiscer dans les hautes sphères du pouvoir. Or, je n’ai rien eu de tout ceci, ou alors si peu !

Une suite d’aventures trépidantes

Si l’on excepte son rythme trop effréné, l’histoire est plutôt bien construite. En 230 pages seulement, l’auteure parvient à créer un univers cohérent, ainsi qu’un scénario crédible. J’ai donc tourné les pages sans difficulté grâce, notamment, à une écriture fluide. Je n’ai donc aucune crainte pour de plus jeunes lecteurs.

Attention, toutefois : une scène de souffrance animale m’a beaucoup choquée. Certes, le sujet me touche particulièrement, mais je n’en demeure pas moins une adulte. Or, j’ai ressenti le besoin de sauter ce passage. Je m’interroge donc quant à son impact sur un enfant.

Un manque d’approfondissement du côté des personnages

Malgré les éléments positifs que j’ai pu citer précédemment, mon intérêt pour le récit a progressivement décru, principalement à cause des personnages. Sans surprise, ces derniers ne sont pas suffisamment creusés. Héla a beau être un vrai modèle de courage, Marie-Line Brault lui facilite bien trop la vie. Ainsi, elle ne peut réellement démontrer sa bravoure, selon moi. En outre, elle se lie d’amitié avec les bonnes personnes en un claquement de doigts, créant un véritable fossé entre gentils et méchants. De fait, les antagonistes sont caricaturaux ; inutilement cruels, ils sont obsédés par le pouvoir !

Bref, les personnages manquent de subtilité. Seul Erebe, déchiré entre ses convictions et l’obéissance qu’il doit à sa famille, fait figure d’exception.

Une belle conclusion

Si j’ai eu l’impression que l’histoire n’était pas assez creusée, en revanche je reconnais qu’elle est parfaitement achevée. En plus d’offrir toutes les réponses, le dénouement comporte quelques rebondissements, bien qu’il se révèle peu surprenant. Et oui, dans un roman jeunesse, le Mal triomphe rarement, et heureusement !