Éditeur : ActuSF
Date de sortie : 19 novembre 2021
Genre : fantastique

Synopsis

Johannes Cabal n’a jamais prétendu être un héros. Qu’y a-t-il d’héroïque, après tout, dans le fait de piller des tombes, de voler des ouvrages occultes ou d’entretenir de bons rapports avec les démons ?

Son but, cependant, n’est pas dénué de noblesse : toutes ses recherches visent à ressusciter les morts, à les ranimer tels qu’ils étaient de leur vivant. Sauf que pareil accomplissement demande certains sacrifices – parmi lesquels son âme, que Cabal aimerait finalement bien récupérer, non seulement pour ses recherches, mais aussi pour son propre bien.

Malheureusement, ladite âme est désormais prisonnière de la bureaucratie de l’Enfer. Or Satan est peut-être cruel et capricieux, mais surtout il s’ennuie – ce qui peut s’avérer plus dangereux encore. Surtout lorsque le Prince des Ténèbres propose au nécromancien une offre qu’il ne peut pas refuser.

En échange de son âme, Cabal va devoir lui en récupérer cent autres. Placé aux commandes d’une fête foraine diabolique – où tout est fait pour pousser à la querelle, au blasphème et au meurtre – et armé de sa seule intelligence, d’une très grosse arme de poing et d’une absence totale de fantaisie, Johannes Cabal dispose d’un an pour y parvenir…

Critique

Nouvelle année, nouveau partenariat

C’est avec un plaisir non dissimulé que je vous annonce mon partenariat avec la maison d’édition ActuSF dont les parutions centrées sur l’imaginaire ne peuvent que me correspondre. Pour le premier envoi, j’ai beaucoup hésité entre Le Nécromancien et Haviland Tuf de George R. R. Martin, deux romans aux genres diamétralement opposés. Au vu de ma chronique, vous connaissez mon choix. Manque de chance, cette lecture ne fut pas une totale réussite, néanmoins cela est avant tout une question d’appréciation personnelle.

En toute objectivité, le premier tome de Johannes Cabal est bon ! Il devrait même plaire à tous les amateurs de fantasy humoristique. Personnellement, j’aurais souhaité que l’intrigue soit plus approfondie, mais telle n’était pas la volonté de l’auteur, et je le comprends puisqu’il désirait avant tout conserver une ambiance légère.

Sous le signe de l’humour

L’histoire débute par l’arrivée de Johannes Cabal en enfer – j’ai adoré la manière dont Jonathan L. Howard imagine ce dernier ! – dans le seul but de récupérer son âme. Et dès les premières lignes, j’ai apprécié le ton délicieusement décalé, la plume divinement mordante. De piques acerbes en réflexions inattendues, j’ai aussitôt accroché à l’ambiance… pour m’en lasser quelque temps plus tard. Et oui, ce sont des choses qui arrivent !

Quoi qu’il en soit, j’ai souri et même ri à plusieurs reprises. Alors, si vous êtes sensible à l’ironie, aux comparaisons douteuses et à l’audace que représente le fait de se moquer de la mort sous toutes ses formes, c’est sûr, le style de Jonathan L. Howard est fait pour vous !

Une intrigue linéaire, quoique…

Après une petite centaine de pages, j’ai craint que l’intrigue ne se révèle répétitive. Rappelons que le héros doit collecter cent âmes pour pouvoir récupérer la sienne, raison pour laquelle il échafaude des plans afin de piéger ses victimes. Plus exactement, un plan pour chaque victime. 

Sans autre enjeu que celui-ci, j’ai quelque peu décroché, je l’admets. Mais le pire était à venir, puisque l’un des chapitres est en partie rédigé de la main d’un enfant avec toutes les fautes d’orthographe que cela inclut. Or, ce n’est pas un procédé que j’affectionne, à plus forte raison lorsque les passages concernés n’apportent rien de fondamental à l’intrigue.

Heureusement, le scénario emprunte une autre direction par la suite, même s’il reste centré sur la récolte des âmes. Mère désespérée, tueur en série et policier à la retraite font finalement leur entrée, ravivant finalement mon intérêt. En outre, les trahisons, faux-semblants et coups fourrés du dernier tiers, bien qu’un peu tirés par les cheveux, pimentent sans conteste l’histoire.

Rivalité fraternelle

Lorsque Johannes Cabal sollicite son frère pour l’aider dans sa quête, j’avoue ne pas avoir compris quelle était la nature exacte de leurs rapports. À l’évidence, ce ne sont pas les meilleurs amis du monde. J’étais donc frustrée de ne pas obtenir d’explications, toutefois j’ai rapidement compris que l’auteur comptait aborder la question tout au long du livre. Sous couvert d’un pari risqué, ce dernier explore toute la complexité de cette relation tantôt chaleureuse, tantôt explosive – enfin, surtout explosive ! 

Dans ce contexte, tous les coups sont permis lorsque l’un estime que l’autre n’a pas agi comme il le devait. Et puisque la mort n’est plus vraiment un frein…

Des enjeux dissimulés ?

Même si le ton se veut désopilant et l’atmosphère légère, le roman comporte de véritables enjeux. Alors, certes, les héros ne semblent jamais prêter attention aux conséquences de leurs actes – pour preuve, Johannes a vendu son âme à Satan ! -, cependant le dénouement laisse présager un sens à cette quête. En vérité, ma déception est liée à cette signification que l’on ignore jusqu’à la fin. Pourquoi n’a-t-elle pas été abordée plus tôt ? 

Bref, j’aurais préféré une intrigue sérieuse parsemée de quelques touches d’humour, or c’est tout l’inverse que propose Jonathan L. Howard. Un parti pris que je respecte malgré mon ressenti mitigé !