Éditeur : auto-édition
Date de sortie : 18 février 2021
Genre : fantasy, aventures (kréol fantasy)

Synopsis

À peine installé au Palais, le vainqueur des Trois Rites apprend qu’il est l’objet d’un complot. Dès lors, une succession d’événements étranges se produisent. Plusieurs individus aux intentions douteuses rôdent autour du Palais.

Le nouveau Zilwa est plus isolé que jamais.

Le doute s’installe. En qui avoir confiance ? Que prépare le Chaman ? Qui est le fourmilion ? Comment mener à bien la gouvernance des deux villages dans ce contexte ?

Entre paranoïa, enquêtes et combats, le nouveau Zilwa glisse doucement dans un piège mortel.

Critique

Moi, en retard ?!

C’est en mars 2021 que Grégoire Laroque a eu la gentillesse de m’envoyer le deuxième volet de sa saga Zilwa. Je le remercie donc pour sa patience, car j’ai mis près d’un an à le sortir de ma PAL. Mais, comme le dit, l’adage : mieux vaut tard que jamais ! En plus, j’ai eu la chance d’être accompagnée d’Amandine (n’hésitez pas à découvrir son compte Instagram) tout au long de ma lecture.

Alors, verdict ? Eh bien, pour être honnête, mes attentes n’ont pas été entièrement comblées. Certes, il ne s’agit pas d’un échec complet, car Le piège du fourmilion reste agréable et divertissant. Néanmoins, j’ai quelques reproches à formuler. Vous êtes prêts à les entendre ? C’est parti !

Quelques problèmes de forme

Débarrassons-nous de ce bémol avant de rentrer dans le vif du sujet !

Outre quelques formulations bancales, j’ai relevé de nombreuses erreurs de conjugaison. En effet, les temps utilisés n’étaient pas toujours les bons. Résultat : j’ai buté sur les mots, surtout au début. J’ai donc fini par les corriger dans ma tête, mais il m’a fallu un peu de temps pour oublier la gêne occasionnée.

Je tiens toutefois à rappeler que le roman n’a pas bénéficié de corrections poussées, comme c’est le cas en maison d’édition, puisque Grégoire Laroque a fait le choix de l’auto-édition.

Une intrigue de cour… ou presque !

Vous le savez, je raffole des machinations politiques ! Malheureusement, je n’ai trouvé ni complots finement orchestrés, ni faux-semblants prometteurs dans Le piège du Fourmilion. Tel n’était peut-être pas le but de l’auteur, en fin de compte.

Quoi qu’il en soit, Shivan comprend très rapidement que l’on complote dans son dos. Un peu trop rapidement, sans doute. Les indices m’ont paru faiblards, malgré cela notre héros ne doute pas une seconde qu’on lui veut du mal. Bon, pourquoi pas, après tout ? Cela a le mérite de lancer l’intrigue.

Un background insuffisant

Une intrigue de cour – oui, je persiste à en parler ! – repose généralement sur un contexte approfondi. Les protagonistes doivent suivre certaines règles, appliquer des protocoles et, surtout, éviter les faux pas. Alors, certes, dans Le Piège du fourmilion, Shivan est invité à des événements officiels, mais en dehors de ces obligations, il a tout le temps pour réfléchir, se divertir, batifoler même. En outre, jamais on ne lui explique ce que l’on attend de lui durant ces événements (ou alors à la toute dernière minute).

Comme ce point me chiffonnait beaucoup, j’en ai discuté avec l’auteur qui m’a expliqué que le rôle de Zilwa était avant tout ornemental. Je comprends et approuve cette idée, cependant Shivan aurait dû, selon moi, avoir un emploi du temps plus serré et être entravé dans ses mouvements. C’est comme si ses ennemis lui laissaient le champ libre pour les débusquer. Étrange, non ?

Attention, cela ne signifie pas pour autant que l’intrigue est dénuée d’action ou de rebondissements. Elle est un peu linéaire, c’est vrai, mais il se passe toujours quelque chose. Dès lors, impossible de s’ennuyer ! Les pages défilent, et l’on cherche avec plaisir l’identité des véritables antagonistes. Avec Amandine, nous nous amusions beaucoup à faire des suppositions !

Le manque de subtilités, un bémol récurrent

Je l’avais déjà souligné dans ma chronique du premier tome, Les Trois Rites. J’espérais même une amélioration, à l’époque. Hélas, il n’en est rien. Le problème est d’ailleurs global ; il touche autant les personnages que le déroulé de l’intrigue.

Pour commencer, Grégoire Laroque énonce un peu trop des évidences concernant les sentiments ou les pensées de ses personnages, alors que les faits parlent d’eux-mêmes. À ceci vient s’ajouter le comportement puéril, parfois extrême, des personnages. Shivan en est le parfait exemple, car il passe son temps à changer d’avis. Son instabilité est toute compréhensible au vu de sa récente intronisation, mais il aurait fallu étoffer ses raisons, expliciter ses doutes. En définitive, il ressemble davantage à un gamin capricieux qu’à un Zilwa perdu.

Quant au scénario, il n’est pas exempt de facilités. L’auteur accentue malgré lui ce défaut en révélant certains indices ou en élaborant des théories peu crédibles. En bref, j’aurais préféré davantage de nuances.

Des héros immatures et une romance invraisemblable

Comme je l’ai dit, leur comportement est assez puéril. Sur ce point également, j’ai eu l’occasion d’interroger l’auteur. En vérité, c’est une volonté de sa part. Comme ses héros sont ignorants, ils se conduisent forcément comme des adolescents. Ils n’ont que peu d’expérience dans la vie, voire aucune en amour. Shivan m’a beaucoup énervée dans ce domaine, d’ailleurs…

Ah, et sans trop en dire, sachez que le triangle amoureux que je redoutais s’est concrétisé. Aïe, aïe ! Il manque cruellement de crédibilité, même chez des ados. En fait, les enjeux sont trop grands pour se permettre d’agir sur un coup de tête. Et pourtant…

Je suis par ailleurs déçue du rôle de Melen. C’est un personnage intéressant qui apporte beaucoup à l’histoire, mais ses réactions ne collent pas. Grégoire Laroque tente de la rendre mystérieuse, toutefois elle non plus ne fait pas dans la subtilité. Au final, seule Alynn est plus ou moins restée la même. Ouf !

Un dénouement aux petits oignons

Le Piège du fourmilion présente les mêmes faiblesses que Les Trois Rites, mais aussi les mêmes forces. L’histoire révèle tout son potentiel dans la dernière partie. Si j’ai apprécié la découvrir, je regrette néanmoins un tel déséquilibre. Des indices plus éparpillés, quelques révélations intermédiaires : voilà qui aurait permis d’enrichir le scénario en cours de route.

Mais revenons-en à ce dénouement. Bien qu’un brin rapide, il est riche en rebondissements et en découvertes. Et quel cliffhanger ! J’ai aussitôt eu envie d’enchaîner avec la suite, toutefois celle-ci n’est pas encore disponible.

De plus, l’on connaît enfin l’identité du (des) comploteur(s). Bon, pas de réelle surprise de ce côté, Amandine et moi avions déjà repéré un double jeu. Le rôle du chaman nous a également étonnées, mais pas en bien. Disons que nous aurions préféré davantage de profondeur…

Finissons sur une note positive : le prochain volume semble s’intéresser à un nouveau pan de l’univers !

Autres livres de Grégoire Laroque

Zilwa, tome 1 : Les Trois Rites, Grégoire Laroque