Éditeur : auto-édition (Librinova)
Date de sortie : 18 février 2021
Genres : fantasy politique, romance

Synopsis

Le long des chemins tourbeux d’une île aux éléments déchaînés, les sœurs Hiona et Lone Abarante, filles du Haut-Roi de Jénovie, font route vers un avenir tout tracé. L’aînée, gracieuse et disciplinée, est promise au prince héritier du Nòttlandt. La plus jeune s’est jointe à l’expédition dans le but d’échapper aux quatre murs de la prison dorée dans laquelle elle a toujours vécu.

Impétueuse et avide de liberté, Lone n’ignore rien du sort qu’on lui réserve, à son retour. Elle sera novice, puis prêtresse de Namta. Un destin cruel et solitaire, une vie de claustration au nom d’un dieu de mort qui la terrifie.

Mais au cœur de la nuit norroise, des ombres guettent sans bruit. Esprits tutélaires ou guerriers-fauves ? Alliés ou ennemis ? Dans ce pays imprégné de magie ancienne, les frontières sont brouillées. Lone, armée seulement de la fougue de ses vingt ans, ne tarde pas à comprendre que s’affranchir du poids des conventions ne va pas sans consentir à d’amers sacrifices.

Critique

Une lecture plaisir coupable

Ma découverte de l’auto-édition n’est pas encore terminée. Après Quand s’abat la nuit et Faithless, voici Hurler avec les loups. Je remercie donc Virginia Schilli pour l’envoi de son roman avec lequel j’ai passé un bon moment de lecture.

En fait, pour moi, il s’apparente à un plaisir coupable. Un peu comme ces séries TV que l’on regarde en cachette, car elles privilégient parfois le suspense à la crédibilité du scénario. Mais qu’est-ce qu’elles sont addictives ! Bref, je n’ai pas pu m’empêcher d’être captivée !

Un talent incontestable pour l’écriture

Avant d’accepter Hurler les loups en service de presse, j’ai pris le temps de lire les premières pages sur le net. Et ce qui m’a aussitôt séduite, c’est la plume de Virginia Schilli : un brin soutenue, mais néanmoins très fluide. C’est un vrai régal que de la lire !

En outre, si j’apprécie rarement les longues descriptions, car elles ont tendance à alourdir le récit, c’est loin d’être le cas ici. Elles servent admirablement bien l’ambiance !

La romantic fantasy, vous connaissez ?

Comme vous l’avez sûrement deviné, c’est un mélange de romance et de fantasy. Le plus étonnant, c’est que j’ai apprécié cette histoire en dépit de la romance. Néanmoins, tout n’est pas parfait.

Pour commencer, les scènes de sexe sont très nombreuses. Cela ne me dérange pas outre mesure, du moins lorsqu’elles sont au service de l’intrigue. Or, pour la plupart, je les ai trouvées inutiles ou, tout du moins, inutilement explicites. Mais j’imagine que c’est un passage obligé pour ce genre de romances adultes.

Ensuite, les hommes désirent un peu trop souvent mettre l’héroïne dans leur lit. Elle est pourtant décrite comme une maigrichonne un peu sauvage, mais c’est visiblement une beauté qui s’ignore. Je ne suis pas tout à fait contre cette idée, toutefois c’était un peu trop poussé ici.

Enfin, je tiens à préciser pour les plus sensibles que le consentement est souvent banalisé. L’auteure fait souvent passer le « non » des femmes pour un « oui », ce que je n’approuve pas. J’ai rapidement perdu le compte du nombre de fois où l’héroïne prétend ne pas vouloir céder aux avances de son amant et où celui-ci ne lui laisse pas le choix. Bien sûr, elle finit par capituler car il lui procure beaucoup de plaisir… Vous voyez le cliché ?

En vérité, bien plus que la romance, c’est l’intrigue de cour qui m’a embarquée…

Encore une intrigue de cour

Derrière cette romance qui prend quand même beaucoup de place, se trouvent des complots politiques, des trahisons prévues de longue date et des alliances improbables. J’ai adoré découvrir par les yeux de Lone l’envers du décor. Au début, cette dernière n’y comprend rien et se fait avoir plus d’une fois. Mais au fil du temps, elle apprend, se construit et… se défend !

Bon, comme je l’ai sous-entendu, le scénario manque parfois de nuances. Les retournements de situation sont excellents, cependant ils ne sont pas toujours bien amenés. L’héroïne peut par exemple changer d’avis en un claquement de doigts au sujet de ses sentiments. Ainsi, les procédés permettant de créer du suspense sont un peu poussifs selon moi. Les explications ne tiennent pas toujours la route.

Est-ce que cela m’a empêchée de poursuivre ma lecture ? Absolument pas ! J’étais friande des rebondissements proposés par l’auteure, même si elle ose quelques raccourcis. Et puis, n’oublions pas la magie qui s’invite subrepticement dans le quotidien de l’héroïne…

Une héroïne de caractère

Le récit est écrit à la première personne, ce qui nous permet d’accéder aux pensées de Lone. Au début, j’appréciais son côté tête brûlée et comprenais ses caprices. Après tout, c’est une jeune fille qui n’a pas souvent l’occasion d’échapper à sa prison dorée !

Néanmoins, je l’avoue, elle m’a tapée sur les nerfs par la suite. Pas tout le temps, mais parfois. Surtout lorsqu’elle nuit à son propre bonheur par des choix insensés, en fait.

Du reste, les personnages sont tous un peu mélodramatiques, mais leur caractère correspond au style de l’histoire. Croyez-moi, on s’y fait !

Des rebondissements jusqu’à la dernière page

Virginia Schilli aime surprendre son lecteur et ne s’en prive pas dans la dernière partie de Hurler avec les loups. Seul bémol : elle finit par reprendre le chemin qu’elle avait initialement tracé. J’étais quelque peu déçue de ne pas terminer sur une note renversante, mais ce n’est pas bien grave.

Par ailleurs, n’oublions pas qu’il s’agit d’un premier tome. Je tiens toutefois à souligner qu’il peut se suffire à lui-même. En effet, d’après ce que j’ai compris, la suite se déroule quelques années plus tard. Je pense la lire, même si je n’en fais pas une priorité.