Éditeur : ActuSF
Date de sortie : 21 janvier 2022
Genre : post-apocalyptique

Synopsis

Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.

Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

Critique

Un sublime écrin pour une histoire pas comme les autres

Qui n’a jamais entendu parler d’Estelle Faye et de son roman Un Éclat de givre ? Ce dernier a déjà bénéficié de plusieurs éditions, parmi lesquelles se trouve cette superbe version reliée. Même si le vert n’est pas ma couleur de prédilection, je n’ai pas résisté à la tentation, d’autant que j’étais curieuse de découvrir ce que l’auteure pouvait proposer en adulte.

Un grand merci aux éditions ActuSF pour l’envoi !

Aux frontières du réel

Pour moi, ce n’est pas l’intrigue, somme toute peu fouillée, qui fait la richesse de ce roman, mais l’univers post-apocalyptique surmonté d’une pointe d’onirisme. Estelle Faye nous livre un Paris complètement revisité, fait de bizarreries et de créatures tout droit sorties de son imaginaire.

J’ai adoré m’y balader en compagnie de Chet, découvrir ses moindres recoins, explorer toutes ses facettes, même les plus sombres. Je pense notamment à l’Enfer dont il semble difficile de s’échapper… Bref, pour qui aime les villes fantasmagoriques, c’est une réussite !

Comme un air de conte

Et pas n’importe lequel, puisque l’auteure fait directement référence à La Reine des Neiges – pas la version Disney bien sûr, mais celle d’Andersen. Bien que l’histoire se déroule en pleine canicule, le givre a toujours sa place, tout particulièrement dans le cœur de Chet où se nichent ses démons intérieurs.

Avant de vous en dire plus au sujet de ce héros hors du commun, je tiens à parler de la plume d’Estelle Faye : aussi poétique qu’enchanteresse. En quelques mots bien choisis, qui glissent entre les pages, le décor se dessine et l’action se met en branle !

Chet, ce héros qui doit diviser les lecteurs

Tout en ayant conscience de ses défauts, j’ai été sensible à ses failles, et elles sont nombreuses ! À la fois chanteuse de jazz et rêveur invétéré, Chet change de genre comme bon lui semble. Prisonnier d’un mal-être qui porte le nom de sa meilleure amie d’enfance, il multiplie les conquêtes d’un soir – homme ou femme, ça n’a pas d’importance -, et apporte une dimension sensuelle, si ce n’est sexuelle au roman. Vous voilà prévenus !

Mais cette liberté, Chet la revendique ! Sans autres attaches que celles qu’il s’est choisies, il décide de ses passions et de ses combats au jour le jour. Souvent, le courage est aux abonnés absents, néanmoins son sens de la justice finit toujours par reprendre le dessus.

Un héros complexe que l’on a parfois envie de secouer, mais que l’on soutient envers et contre tout !

Les deux raisons pour lesquelles Éclat de givre n’est pas un coup de cœur

Et oui, c’est comme ça, je suis difficile ! Même si j’ai dévoré cette lecture, je lui reconnais deux défauts (personnels, bien évidemment).

Le premier, c’est le creux dans l’intrigue pile au milieu du roman. À ce moment-là, Chet tourne en rond, et le lecteur n’a d’autre choix que de le suivre dans ses errances. Or, quelques chapitres auparavant, l’action était à son comble. Le changement m’a donc déstabilisée, rendue plus impatiente. Je ne désirais pas voir le rythme s’essouffler aussi brusquement !

Quant au second bémol, eh bien j’hésite toujours à l’appeler ainsi. Disons que la fin m’a laissée dubitative. Tout au long du livre, l’intrigue flirte avec l’étrange, mais sans jamais franchir la limite du raisonnable. Toutefois, le dénouement s’y abandonne complètement, et je ne m’y attendais pas. Alors, si d’un côté, j’ai apprécié la surprise, de l’autre j’ai trouvé cette fin très éloignée du reste.

Autres livres d’Estelle Faye

Le Drakkar éternel, Estelle Faye