Éditeur : Pocket
Date de sortie : 10 février 2022
Genres : anticipation, romance

Synopsis

Sur la planète Lisle, vivent les Cian, peuple pétri de traditions et proche de la nature, et pourtant passé maître dans l’art du génie génétique. Alors qu’il y séjourne, Joseph Farber, un Terrien, rencontre Liraun Jé Genawen, une Cian, pendant la cérémonie de l’Alàntene, la Pâque du solstice d’hiver.

Ces deux êtres en marge de leur propre communauté vont s’éprendre follement, Joseph allant même jusqu’à accepter des modifications génétiques afin de s’unir selon la coutume à celle qui deviendra sa femme. Mais les non-dits, les malentendus et la haine que provoque leur couple les mèneront inéluctablement au drame.

Critique

Mauvaise interprétation

Si ma préférence ira toujours à la fantasy, je suis de plus en plus tentée par des romans de science-fiction. Mon partenariat avec les éditions Pocket – que je remercie au passage – me permet justement d’assouvir cette envie de découverte !

C’est pourquoi j’ai demandé Étrangers en service de presse. Bien malgré moi, j’y voyais un genre d’Avatar, film dont j’avais adoré l’histoire. Or, on est loin du compte, ce qui explique ma déception des débuts. Néanmoins, la tendance s’est rapidement inversée…

Des débuts trop descriptifs

C’est le lot des lecteurs malchanceux que de ne pas trouver, dans un livre, ce qu’ils avaient imaginé avec tant d’ardeur. Un tel décalage crée des attentes qui ne seront jamais comblées. Résultat : la frustration est grande ! Et c’est exactement ce qui m’est arrivé.

Au lieu d’assister à la rencontre de peuples opposés, de voir les sentiments naître dans le cœur des héros, j’ai affronté une introduction, certes intéressante, mais ô combien descriptive. Et comme je l’ai dit et répété, les descriptions, ce n’est pas ma tasse de thé, que ce soit en fantasy ou en science-fiction. Dans la première moitié du roman, elles sont malheureusement très présentes, prenant parfois une page entière. Bref, j’ai vite déchanté !

Comme un revirement de situation

Si j’ai persévéré malgré des débuts difficiles, c’est parce que je sentais le potentiel de l’histoire. L’auteur propose une vision, non pas idéalisée, mais réaliste de la conquête spatiale et de la rencontre entre humains et espèces extraterrestres. Exit les clichés en la matière, ils sont ici remplacés par des questionnements profonds, voire carrément pratiques.

Il en va de même pour la romance qui n’inclut ni déclarations enflammées, ni promesses d’amour éternel. Au contraire, les protagonistes eux-mêmes ne semblent pas toujours comprendre ce qui les attire l’un vers l’autre, subissent parfois leur choix de rester ensemble, souffrent au point de se délaisser quelque temps, mais finissent toujours par se retrouver. Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle un conte de fée ! Et oui, vivre aux côtés d’un être dont on ne comprend pas véritablement la nature peut se révéler bien difficile…

J’étais donc en phase avec le héros, Joseph Farber, privé de repères et d’explications, malgré les attentions de sa compagne. Ce côté nébuleux a perduré, tant et si bien que j’ai cru que l’action ne viendrait jamais. J’avais tort…

Quand une déception se transforme en coup de cœur !

Contre toute attente, le roman a su éveiller mon intérêt dans la deuxième partie pour laquelle j’ai eu un petit coup de cœur ! 

Après tant d’avertissements impénétrables et de malentendus inexplicables entre deux individus qui désirent s’aimer envers et contre tout, mais n’y parviennent qu’à moitié en raison de leurs différences culturelles, j’ai enfin compris. L’enjeu de ce livre, l’intensité de cette intrigue, le destin de ce couple. Tout !

Dès lors, impossible de m’arrêter ! J’ai tourné les pages avec l’envie de plus en plus forte que tout se termine bien. Mais le synopsis nous le dit clairement : un drame va survenir. Lequel ? Je vous laisse le découvrir, néanmoins je me permets un conseil : accrochez-vous ! 

Heureusement, au-delà de ce final bouleversant, ce qui importe vraiment, c’est le message d’amour universel que transmet Gardner Dozois. Même s’il est impossible, même s’il se confronte à la différence et à la haine des autres, il existe envers et contre tout !

Alors, bien sûr, je pourrais décortiquer encore et encore cette intrigue créée avec beaucoup d’intelligence, ou même détailler ses enjeux sociologiques et culturels, toutefois je préfère rester sur une émotion forte que de me lancer dans une analyse approfondie. Si tel n’est pas votre cas, je vous invite à lire les chroniques de Tampopo24 et de Célinedanaë qui offrent une vision un peu différente de la mienne, mais tout aussi captivante !