Éditeur : L’Homme sans nom
Date de sortie : 17 juin 2022
Genre : light fantasy

Synopsis

« Le dieu omniscient en question a fait de moi son prête-plume. Disposant d’un peu de temps libre, il s’improvise guide pour vous faire découvrir sa planète. S’il vous plaît, ayez pour lui une certaine indulgence si ses obligations le rattrapent. Il a beau être un dieu, il n’aurait pas besoin de mon aide s’il était sans failles.

— Ysmahel…

Diantre ! Il me surveille jusqu’ici. Puisque je ne pourrai pas en dire plus, je le laisserai se présenter selon ses propres mots. »

Cher lecteur, chère lectrice, les humains sont passés de mode. Bienvenue dans une société d’eau, de feu et de roche, bienvenue dans un monde où les villes naissent, la révolution approche et le Jour paresse. Bienvenue sur Astria !

Critique

Attention OLNI (Objet Littéraire Non Identifié)

Je le savais avant même de l’ouvrir que ce livre serait différent. Original. Conceptuel. Complexe. Mais peut-être pas aussi complexe, c’est vrai. 

Je vais bien évidemment détailler mon avis mais, selon moi, Journal intime d’un Dieu omniscient est réservé à des lecteurs d’imaginaire aguerris. Pas parce qu’il est complètement incompréhensible, mais parce que les débuts sont quelque peu sibyllins. De quoi décourager celui qui n’y serait pas préparé, en gros.

De mon côté, malgré une lecture en montagnes russes, je lui ai trouvé de sacrés atouts. Je remercie donc les éditions de L’Homme sans nom pour cet envoi peu ordinaire !

Qu’est-ce que je disais à propos des débuts, déjà ? Ah oui, sibyllins !

C’est le moins que l’on puisse dire ! Si je comprends la volonté d’Adrien Mangold de laisser son lecteur découvrir son univers exclusivement (ou presque) composé d’élémentaires, je me suis sentie complètement perdue. Et pourtant, j’en ai lu des romans de fantasy au worldbuilding élaboré !

Présent dès les premières pages, l’humour, lui, est accessible, toutefois cela ne fonctionne jamais du premier coup avec moi – voire pas du tout dans la majorité des cas. Alors, à quoi s’accrocher ? Aux multiples points de vue ? En fait non car, même si j’adore les romans chorals, cela n’a fait qu’ajouter à la difficulté. Très rapidement, j’ai commencé à mélanger les noms et les histoires de chacun. Aïe !

Bref, j’ai ramé pendant 100 pages environ. Et puis…

Le déclic !

J’ai fini par y voir clair dans cette avalanche d’informations, par situer les personnages, par comprendre les règles de cet autre monde. D’ailleurs, à cette étape, il n’y a même pas encore d’intrigue, preuve que l’auteur a malgré tout veillé à la santé mentale de son lecteur…

Le résultat est tout simplement fou ! J’ai rarement croisé d’univers aussi riche, aussi approfondi, aussi original. Adrien Mangold a tout réinventé, y compris la façon dont s’écoule le temps. Il a été si loin dans son développement qu’il n’a pas résisté à l’envie d’insérer de petits traités entre les chapitres, histoire de nous expliquer deux, trois petites choses. Une autre manière de nous ouvrir les portes de son imaginaire.

Et s’il y a quelques ressemblances avec notre monde, c’est tout simplement parce qu’Astria (le fameux dieu omniscient) s’est inspiré du nôtre. Ah, la bonne excuse qui fonctionne tellement bien !

L’humour d’Adrien Mangold : plus loin encore que le second degré

J’ai brièvement abordé le sujet, mais ce n’était pas suffisant vu la place que l’auteur lui accorde dans son histoire. Si celle-ci est relativement sérieuse, les nombreux apartés entre Ysmahel et Astria – parfois en plein milieu de l’action ! – sont complètement décalés. Piques lancées en note de bas de page, chamailleries légères, réflexions inopinées : voilà ce qui crée la dynamique de Journal intime d’un Dieu omniscient.

Vous le savez, je ne suis pas friande d’humour en règle générale, et toutes les tentatives de l’auteur n’ont pas fait mouche, néanmoins dans l’ensemble c’est plutôt bien dosé !

Aurait-on oublié de parler de l’intrigue ?

Pas vraiment, c’est juste qu’elle démarre assez tardivement, ce qui, une fois n’est pas coutume, est un choix judicieux au vu des difficultés du début. Un scénario finit cependant par se dessiner, une sorte de quête entremêlée de préceptes religieux. Car oui, Adrien Mangold a aussi développé cet aspect-là !

Quoi qu’il en soit, c’est Astria qui tire les ficelles sans que les héros ne se doutent de rien. Après maintes péripéties que j’ai pris plaisir à découvrir, ces derniers sont amenés à se rencontrer pour changer la face du monde (ou pas, vous verrez bien !). J’ai apprécié chacun d’eux pour ses particularités, rendue curieuse par leur essence même. Ils sont tout bonnement fascinants.

Seule ombre au tableau : le dénouement que j’ai décidément trouvé trop abrupt. Bien sûr, il est à l’image de tout le reste, drôle et décalé, mais l’humour affectait davantage la forme du récit que son scénario jusqu’ici. Dommage, toutefois il s’agit d’un ressenti purement personnel.