Éditeur : Pocket
Date de sortie : 12 mai 2022
Genre : fantastique

Synopsis

VIIIe siècle de l’Hégire, Kemal bin Taïmour, pêcheur de perles de Bahreïn, a reçu d’Allah, le Miséricordieux, le don de voyance – en plus d’un sixième doigt. L’émir local le fait enlever et l’intègre à sa cour peuplée d’autres infirmes voyants. À leur contact, les visions du pêcheur s’intensifient et c’est un avenir très lointain qu’il pressent. Mais que valent des augures qui annoncent la future richesse pétrolière des pays du Golfe ou l’Europe frappée par la peste ? Autant d’événements incompréhensibles pour ses contemporains. Alors, l’émir revend Kemal à un marchand, qui le revend à son tour. Ainsi commence le long voyage autour de la Méditerranée d’un modeste pêcheur de perles qui voyait si loin qu’il en est devenu prophète. Mais nul ne l’est en son pays, n’est-ce pas ?

Las, le pêcheur plantait ici ou là des graines dues à ses visions. Et peut-être ? Peut-être… que celles-ci germeraient au fil des siècles pour éviter le pire aux hommes qui sauront écouter les légendes ?

Critique

Promesse non tenue

Le Prophète et le Vizir, ce sont deux nouvelles fantastiques liées l’une à l’autre dans un univers oriental. Bien que scindée en deux textes distincts, l’histoire est centrée sur les visions d’un homme qui changera de maître à plusieurs reprises et fera ainsi bien des voyages. Un roman court, mais prometteur pour lequel j’ai rapidement craqué. 

Je remercie donc les éditions Pocket pour l’envoi de ce livre qui, malheureusement, ne m’a pas emballée autant que je l’espérais.

Les pièges n’étaient pas là où je l’aurais cru

Même si j’étais tentée par l’ouvrage, il me faisait un peu peur. En effet, j’aime beaucoup le fantastique et les univers orientaux, en revanche je ne suis pas friande des romans historiques. Cependant, les nouvelles ne sont pas suffisamment développées pour se perdre en dates, en noms ou en descriptions. 

J’étais donc plus que rassurée en lisant les premières pages, d’autant que le cadre oriental promettait une lecture courte, mais puissante. Et pourtant…

Un air de conte qui ne lui sied guère

Sans s’identifier pleinement au genre, Le Prophète et le Vizir rappelle ces petites histoires desquelles on peut tirer une morale satisfaisante. C’est grâce à celle-ci que l’on trouve de la profondeur au récit, en temps normal. Or, c’est ce qui m’a manqué ici.

Le ton et le vocabulaire sont adultes, les descriptions historiques également. Mais l’intrigue reste simple, sans fioritures ni rebondissements. Non, en fait, il y a bien des rebondissements, mais ceux-ci sont mal amenés. Ni le rythme, ni la construction du scénario ne les mettent en avant, ce qui rend le tout assez linéaire. 

Résultat : j’ai manqué d’émotions et, surtout, d’attachement pour les héros. Je suis pour ainsi dire restée en dehors de l’histoire.

Des thématiques intéressantes, malgré tout

Comme l’indique son nom, la première nouvelle met en scène un prophète. Son don est néanmoins une malédiction, car il ne contrôle pas l’époque qu’il voit en pensée. À chaque vision, il dépeint un futur trop lointain et donc incompréhensible pour ses pairs qui le jugent sévèrement. Malgré cela, il persiste à les raconter, et j’ai admiré son courage.

Quant à la seconde nouvelle, elle annonce la mort. Mais celui à qui l’on fait cette prédiction refuse d’y croire et met tout en œuvre pour y échapper. Qui du prophète ou du vizir l’emportera ? Rassurez-vous, le dénouement offre une réponse satisfaisante.

Autant de thèmes qui me parlent d’habitude, mais auxquels je suis restée insensible, probablement parce que la forme du récit ne me convenait pas. Ce sont des choses qui arrivent…