Éditeur : Ocrée
Date de sortie : 25 novembre 2021
Genre : thriller fantastique

Synopsis

Paris, fin XIXe siècle. Alors que la France et la Russie se félicitent d’un récent traité d’alliance, une vague de meurtres étranges inonde la capitale. La presse accuse publiquement l’aristocratie russe, fraîchement arrivée en ville, et fragilise ainsi la nouvelle entente. Étant donné le caractère indéniablement vampirique des crimes, le Ministère des Affaires Étranges et Surnaturelles, institution secrète enquêtant sur les phénomènes paranormaux, envoie son meilleur homme résoudre l’affaire : le duc Falko Toustain. Il a pour mission de découvrir l’identité du tueur et, s’il s’agit d’un Russe, de l’exfiltrer discrètement sans ébruiter son nom afin de préserver la nouvelle alliance.

Embarquez avec Falko Toustain aux quatre coins de la ville lumière : des rues sordides de l’ouest parisien aux hôtels luxueux de la rue de Rivoli ; des lupanars de Pigalle aux ambassades des grandes nations ; de la Sorbonne aux caboulots enfumés du 19e arrondissement…

Critique

Quand les vampires s’invitent à Paris

Passionné d’histoire, le Stryge a choisi la Ville Lumière à la fin du 19e siècle comme cadre pour son premier roman. Cadre auquel il a ajouté vampires et autres créatures surnaturelles ! Autant d’arguments qui m’ont poussée à accepter le service de presse proposé par les éditions Ocrée.

Verdict ? Malgré un passage inutilement sanglant, j’ai tourné les pages assez facilement, appréciant l’ambiance générale du récit. Cependant, celui-ci n’est pas exempt de stéréotypes auxquels je n’ai malheureusement pas adhéré.

Falko Toustain : duc, agent secret et homme à femmes

J’ai beaucoup aimé les deux premiers qualificatifs, moins le dernier. Dès qu’une belle femme fait son entrée, notre héros ne peut s’empêcher de la remarquer, de la désirer même. Au bout de la troisième fois, c’est un peu lassant. J’imagine que l’auteur souhaitait lui conférer un petit côté James Bond, néanmoins cela le fait apparaître assez superficiel, voire carrément macho. Quant aux scènes de sexe explicites qui accompagnent ses réflexions graveleuses, elles n’apportent vraiment rien à l’histoire.

Par ailleurs, je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux au ciel face à certaines de ses remarques, comme :

« Il était outré qu’un tel traitement fût subit par une si belle femme. ».

Dois-je comprendre que les femmes qu’il considère comme laides, elles, mériteraient un tel traitement ? Bien sûr, c’est aussi une manière de retranscrire l’époque, mais s’agissant d’un thriller fantastique, je m’attendais à un peu plus de modernité.

Bon, je le reconnais, Falko a du bagout, et c’est agréable de le suivre dans ses pérégrinations. Mais mon attachement au héros s’arrête là. D’ailleurs, il en va de même pour les autres personnages dont la psychologie n’est pas suffisamment creusée pour se révéler convaincante.

De l’action à revendre

Rappelez-vous : Votre Grâce est sur les dents est un thriller. Comme ce n’est pas mon genre de prédilection, je n’attendais pas grand-chose de ce côté, mais je me rends compte à l’instant que les férus d’enquête seront peut-être un peu déçus, car celle-ci n’est pas hyper développée. Certes, elle existe, et il y a même une forme de suspense, cependant je n’ai pas ressenti de tension particulière. 

L’aspect politique n’est pas non plus très étoffé, alors qu’il aurait pu être passionnant au vu du contexte historique.

En vérité, la véritable force de ce roman, c’est l’action. Bien que Le Stryge ménage son lecteur par des moments plus calmes, propices à la réflexion et à la découverte de Paris, il l’entraîne également dans une suite de rebondissements et de dangers qui font le cœur du récit. C’est certain, on ne s’ennuie pas !

Et pour le côté vampirique ?

Il est bien présent, je ne peux pas le nier, mais ce n’est pas un atout à proprement parler. L’auteur ne réinvente pas le mythe du vampire, toutefois il le respecte en créant des personnages capables de tuer sans remords.

D’autres créatures font leur apparition un peu plus tard dans l’intrigue et apportent leur lot de révélations. Étrangement, ce ne sont donc pas les vampires qui m’ont le plus intéressée pour une fois !

Un final décidément trop abrupt

C’est mon plus grand bémol ! Je m’attendais à un final explosif, or celui-ci retombe comme un soufflé. L’enquête est résolue en deux temps trois mouvements, et l’auteur ne nous fournit aucun « après ». Pas d’épilogue explicatif, pas d’objectifs nouveaux pour les héros, alors que j’imaginais déjà une suite. Vraiment dommage !