Éditeur : Rivages
Date de sortie : 12 octobre 2022
Genres : anticipation, techno-thriller

Synopsis

Xiaomi travaille sur l’île de Silicium, située au large de la Chine, où les appareils électroniques du monde entier sont envoyés au recyclage. Comme elle, des milliers de migrants sont attirés sur cette île polluée par la promesse d’une vie meilleure. Mais ceux que l’on surnomme les « déchetiers » demeurent à la merci de puissants chefs de clan.

Alors qu’un conflit se trame entre les trois clans rivaux, des investisseurs américains et des écoterroristes, Xiaomi découvre les débris d’une mystérieuse prothèse qui risque de changer le cours de leurs destins.

Critique

Les éditions Rivages se lancent dans l’imaginaire…

…et elles ont choisi L’Île de silicium comme second titre pour cette toute nouvelle collection. Un éco-techno-thriller dont l’histoire est directement inspirée du plus grand centre de recyclage de déchets électroniques du monde, situé à Guiyu, en Chine. Un terme bien comme il faut pour dire « décharge ».

Voilà une mise en bouche qui m’a convaincue d’accepter le roman en service de presse. Je tiens donc à remercier la maison d’édition pour l’envoi. Personnellement, je ne regrette pas d’avoir tenté l’aventure, cependant il s’agit d’une lecture assez exigeante qui ne conviendra pas à tout le monde. Il est d’ailleurs à noter que le récit contient une scène de viol un peu particulière qui pourrait porter atteinte à la sensibilité des lecteurs.

Mais par où commencer cette chronique ?

Par Scott, agent de Wealth Recycle, qui tente de négocier un accord faussement avantageux pour l’île avec les chefs de clan détenant la majorité des pouvoirs en ces lieux ? Par Xiaomi, jeune femme condamnée à mourir prématurément au contact des déchets électroniques qu’elle traite chaque jour ? Ou par Dang Kai-zong qui, à travers les yeux de cette dernière, redécouvre son île natale après l’avoir quittée des années auparavant ?

Autant de destins qui s’entremêlent dans cette histoire aux multiples ramifications. Et c’est bien là toute la complexité de L’Île de silicium. À la fois un atout de différenciation et un frein à la compréhension des événements.

Ceux-ci abordent par ailleurs des problématiques culturelle, économique, politique, sociale, technologique et, bien évidemment, environnementale dont il est difficile de comprendre les tenants et les aboutissants. Le sous-texte est riche, le contexte dense, et je m’apercevais parfois que je loupais des informations sans parvenir à les saisir. À certains moments, je n’étais plus sûre de l’histoire que je lisais.

Bref, ce fut une lecture intéressante, mais pas de tout repos. Elle mériterait que je m’y replonge dans quelque temp pour me dévoiler de nouveaux secrets !

Changement de cap

Après des débuts nébuleux, j’ai fini par situer chaque pièce sur l’échiquier. Je prenais même plaisir à suivre, d’un côté, Xiaomi et Dang Kai-zong dans leur rapprochement et, de l’autre, Scott dans ses tentatives pour convaincre les chefs de clan de signer avec Wealth Recycle. Je découvrais des personnages creusés dont le passé était aussi important que l’avenir !

Mais, pour être tout à fait honnête, je ne m’attendais pas à ce que l’aspect technologique prenne le pas sur le reste dans le dernier tiers du livre. J’ai eu l’impression de me perdre en chemin. L’auteur, lui, poursuivait habilement son intrigue, établissait des liens, allait jusqu’au bout de ses idées. Or, même si j’appréciais toujours le cadre qu’il s’était attaché à dépeindre avec tant de détails, il m’a laissée au bord de la route. Je ne l’ai pas suivi dans ses raisonnements, ni dans dans ses choix. 

En fait, le résultat est aussi fouillis que dense. Aussi inattendu que déconcertant. Encore une fois, on aime ou on n’aime pas, mais vous connaissez ma position. D’ailleurs…

Ce dénouement auquel je n’ai pas adhéré

Aussi subjective que soit mon opinion, j’ai trouvé que le final s’éloignait un peu trop des problématiques de départ que Chen Qiufan avait si bien développées. J’ai également perdu tout attachement pour Xiaomi, héroïne pourtant centrale, tant elle change au cours de l’histoire.

Alors, même si la conclusion ne manque ni d’action, ni de rebondissements surprises, elle n’est pas à mon goût. Dommage !