Editeur : Magic Mirror
Date de sortie : 16 juillet 2018
Genre : merveilleux (réécriture de conte)

Synopsis

La Bête est insaisissable. Elle se glisse dans les sous-bois quand tombe silencieusement la nuit. Elle rampe, rugit d’une rage sourde, prête à ravager les alentours de sa fureur meurtrière. Et nul ne la rencontre sans en mourir.

La Bête n’a pas d’ombre. Elle ne laisse aucune trace après son passage, si ce n’est que le corps massacré de sa pauvre victime. Dans la pâle lumière du soir, sa fourrure se marie à l’absence de couleurs.

Depuis qu’elle a décimé sa famille, Sybil n’a qu’une obsession : tuer la Bête et trouver enfin la quiétude dans la vengeance. Moins coquette que ses sœurs, moins prompte à se marier que les autres filles de son âge, la Belle, éprise de liberté, préfère s’exercer aux arts de la chasse et manie l’arbalète avec courage.

Retenue au village par l’amour qu’elle porte à son père défaillant, elle finit par répondre à l’appel obsédant de la forêt le jour où la Bête frappe de nouveau. Sait-elle qu’elle vient de poser le pied au cœur d’un labyrinthe inextricable fait de roses dorées, de contes oubliés et d’illusions démentes ?

Les rêves et les cauchemars, les histoires et les réalités se mélangent dans ce bois perdu où les reines mangent les cœurs des jeunes filles et où les princes cachent des monstres…

Critique

Quand la réputation d’une maison d’édition la précède

Sur la blogosphère, j’avais déjà entendu parler – en bien ! – des éditions Magic Mirror, mais je ne m’étais pas vraiment intéressée à leur catalogue, car j’ignorais si j’aimais les réécritures de contes. Et non, je n’ai toujours pas lu Les Chroniques lunaires de Marissa Meyer… Un jour, c’est promis !

Quoi qu’il en soit, quand cette maison d’édition m’a proposé La Bête du Bois Perdu en service de presse, une réécriture de La Belle et la Bête, je n’ai pas hésité une seule seconde ! Je remercie donc l’auteure pour avoir choisi mon blog – j’en suis très flattée ! – et Magic Mirror éditions pour avoir assuré l’envoi.

Cette plume…

C’est la première chose qui m’a marquée en débutant ce livre ; elle est tout simplement magnifique ! De plus, le style est fluide, sans lourdeurs, alors qu’il respecte ce côté féérique, poétique même, que l’on retrouve systématiquement en merveilleux. Un pur régal !

À noter que Nina Gorlier tient également un blog où elle chronique ses lectures. N’hésitez pas à y faire un tour !

Une histoire dans une histoire

C’est un peu sur ce principe qu’est construit ce one-shot. En effet, en début de chaque partie, on découvre quelques bribes d’un lointain passé où un roi et une reine tentent désespérément d’avoir un enfant. C’est d’ailleurs cet aspect du récit qui m’a le plus captivée.

En parallèle, Nina Gorlier relate les aventures de Sybil, une jeune femme dont la mère a été tuée par un monstre cruel, surnommé la Bête. C’est donc dans le sang que commence cette histoire, et je dois avouer que j’étais très emballée par cette entrée en matière prometteuse !

Une dynamique maladroite

Si, au départ, les bases de l’intrigue se mettent doucement en place – Sybil décide notamment de se venger de la Bête -, j’ai vu le rythme ralentir progressivement. Encore et encore, tandis que notre héroïne se perd dans la Forêt sans espoir de retour. Et c’est ce qui m’a gênée dans ce livre ; j’avais littéralement l’impression de tourner en rond, au même titre que Sybil.

De plus, un schéma récurrent apparaît rapidement. Pour faire simple, la Belle fait diverses rencontres durant son périple, ce qui lui permet d’en apprendre plus sur la Bête, mais chacune demeure éphémère. Or, cela n’a fait que renforcer mon sentiment de revivre les mêmes événements.

Heureusement, Sybil finit par s’attacher à un personnage en particulier, et c’est grâce à ce dernier que j’ai réussi à tourner les pages dans les moments creux, assez nombreux. Je ne vous en dirai pas plus, car même son nom constituerait un spoil, mais sachez que je l’ai apprécié ! 

Une réécriture de conte originale

Si j’ai peiné à suivre les errances de Sybil au coeur de la Forêt, j’ai repris confiance en voyant la fin s’amorcer petit à petit. J’ai alors découvert les dessous de l’intrigue, et c’est les yeux agrandis par l’émerveillement que je suis parvenue jusqu’au dénouement.

En fin de compte, ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman, ce sont les idées avancées par Nina Gorlier. En effet, celle-ci s’est totalement réapproprié le conte de La Belle et la Bête, tout en respectant le mythe initial. Mieux encore, dans La Bête du Bois Perdu, on croise d’autres contes très connus, et j’ai adoré repérer les indices me permettant de les identifier.

En bref, bien que mitigée, cette lecture m’a donné envie de découvrir d’autres réécritures de ce genre. Le bilan est donc plutôt positif.

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