Editeur : Thierry Magnier
Date de sortie : 23 mai 2018
Genre : dystopie (jeunesse)

Synopsis

Dans cette société-là, les bébés naissent hermaphrodites et, à 16 ans, tous les adolescents doivent choisir leur sexe. Tous, sauf les Porteurs, qui, dans ce troisième et dernier tome, sont au centre de toutes les convoitises. Quel pouvoir peuvent bien détenir Matt et Lou pour susciter un tel intérêt, à la fois de la part de l’État, des naturalistes et du mystérieux groupe Renaissance ?

Ce que les Porteurs cachent en eux pourrait bien bouleverser à jamais l’avenir de la néo-société. Mais est-ce vraiment souhaitable ?

Critique

Le dernier volet, enfin !

Enfin, j’allais connaître le dénouement de cette fabuleuse trilogie. Enfin, après deux tomes consacrés aux mêmes événements, j’allais entrer au coeur de l’intrigue. Enfin, j’allais découvrir les raisons d’un complot international, la conclusion d’un combat épique, le point final d’une romance interdite.

Et, par-dessus tout, j’allais enfin faire la connaissance de Lou. Bref, vous l’aurez compris, j’étais plus qu’impatiente de me plonger dans ce troisième et dernier numéro.

Lou, ce personnage (pas si) mystérieux

Durant les premiers chapitres, Lou prend le temps de relater son enfance et son adolescence, toutes deux influencées par les idéaux de sa mère, à la tête du mouvement naturaliste. Petit à petit, ce personnage m’est devenu familier.

Si, dans l’ensemble, il m’a bien plu, je l’ai malheureusement trouvé un peu trop… banal ? Comprenez-moi : dans Gaëlle et Matt, il est quelqu’un d’important, quelqu’un qui menace l’ordre établi au point d’attirer l’attention du gouvernement. Pour résumer, je le percevais comme un véritable militant éprouvé par la vie et ce, en dépit de son jeune âge.

En vérité, Lou n’est pas comme ça. C’est un jeune homme tout ce qu’il y a de plus normal, ce qui, en fin de compte, correspond parfaitement à l’histoire. Mais voilà, j’aurais préféré que C. Kueva le dote d’une personnalité un peu plus marquée.

Toutes les pièces du puzzle sont à leur place

Si le personnage de Lou n’a pas comblé toutes mes attentes, l’intrigue ne m’a pas déçue. J’étais littéralement scotchée à mon livre, ne voulais pas le lâcher avant de l’avoir terminé.

C’est donc avec brio que l’auteure clôture toutes les voies empruntées dans Les Porteurs. Et, grâce à des personnages anti-conformistes, elle interpelle, aborde de nouvelles réflexions, notamment au sujet de la maternité. Pour autant, elle n’apporte pas toutes les réponses, mais comment le pourrait-elle ? C’est à nous, à notre société de les trouver.

Des romances dans la tourmente

Bien qu’il soit question de science-fiction, le complot orchestré par les autorités est totalement réaliste. À bien des égards, cette trilogie peut être considérée comme un thriller dystopique avec son lot de rébellions et de morts.

Mais cette histoire, c’est aussi celle de plusieurs rencontres, racontées avec justesse par C. Kueva. Ainsi, en dépit des jours sombres qui plombent leur moral, nos héros prendront le temps de l’amitié et de l’amour. N’est-ce pas le plus important ?

Un final à la hauteur

Quand on se plaît dans une saga, on a toujours un peu peur de la terminer. Les Porteurs n’échappe pas à cette règle, car j’ai adoré suivre Matt et Gaëlle dans leur quête de vérité. Lou m’a un peu moins convaincue, c’est vrai, mais heureusement, cela n’a pas impacté mon plaisir de lecture, et surtout pas lors du dénouement. La fin choisie par l’auteure est ouverte, ce qui me semble logique ; après tout, la vie doit continuer coûte que coûte.

Mais ce qui fait la magie de cette trilogie selon moi, c’est un mélange savamment dosé de simplicité et de complexité. Simplicité, parce que l’intrigue est facile à appréhender. Complexité, parce qu’elle aborde des thématiques fortes et confronte ses personnages à des choix difficiles.

Du même auteur

Les Porteurs, tome 1 : Matt, C. Kueva
Les Porteurs, tome 2 : Gaëlle, C. Kueva

Publicités