Editeur : Bragelonne
Date de sortie : 19 novembre 2014
Genre : heroic fantasy

Synopsis

Dans la cité de Lyneroy, les commerces éclatants cohabitent avec les plus sombres marchés noirs…

Sonax a treize ans lorsque sa vie bascule. Jeune garçon androgyne destiné à suivre une voie dans la banque, il quitte tout pour le théâtre solaire, un lieu où il se découvre une nouvelle famille. Mais derrière la scène, entre faux-semblants et jeux de pouvoir, la réalité d’Hélderion n’a rien à envier aux drames qui se jouent sur les planches. Il ignore alors à quel point il va devoir apprendre à jouer un rôle en permanence, en découvrant les dangereuses coulisses de la cité la plus riche du royaume. Entraîné dans des intrigues politiques qui le dépassent, il sera changé en polymorphe, un être capable de modifier son apparence à volonté…

Car quel acteur n’a jamais rêvé de contrôler l’histoire au gré de ses métamorphoses ?

Critique

Patience, patience…

On a tous, perdus dans les tréfonds de notre bibliothèque, des livres qui attendent patiemment qu’on se plonge entre leurs pages. C’était justement le cas de Métamorphoses de Samantha Bailly, acheté sur un coup de tête lors d’un passage éclair à la Fnac, il y a un peu plus d’un an. Je m’aperçois aujourd’hui que je m’étais simplement laissé convaincre par la couverture, sans trop savoir à quoi m’attendre.

A la lecture des premiers chapitres cependant, une porte s’est entrouverte sur un univers passionnant dans lequel les résidus de l’âme des morts sont recueillis, permettant ainsi aux défunts de rejoindre les astres. Quelle théorie intéressante !

Seul problème : les cent premières pages sont exclusivement centrées sur la relation un peu trop idéalisée de Sonax et de Perle, sa sœur jumelle aveugle, ainsi que sur le conflit qui les oppose à leur mère. Rien de très captivant donc, d’autant plus que le récit manque de nuances ; le frère et la sœur se considèrent en effet comme les victimes d’un complot fomenté par leur marâtre acariâtre et intolérante.

Bref, je n’avais qu’une hâte : que l’histoire commence vraiment ! Ma patience a pourtant été mise à rude épreuve, car cela n’est pas arrivé avant la 150e page. En résumé, si vous vous lancez dans la lecture de Métamorphoses, attendez-vous à quelques lenteurs. Pour preuve, la quatrième de couverture annonce des évènements qui ne se déroulent qu’à la moitié du livre !

Le hasard fait bien les choses, dit-on

Une fois dépassé la situation initiale, j’ai été confrontée à des facilités de scénario. Comme par hasard, Sonax tombe accidentellement sur la troupe du théâtre solaire après s’être enfui de chez lui et on lui propose une place en son sein. Comme par hasard, il manifeste des talents insoupçonnés jusqu’alors pour le métier d’acteur. Et comme par hasard, quand le chapitre du théâtre arrive à son terme, il rencontre Baria de façon tout à fait fortuite, qui lui confie quelque bon plan pour gagner de l’argent.

J’ai donc trouvé cela un peu facile. Heureusement, j’en ai fini avec les points négatifs, puisque la suite s’est avérée bien meilleure !

Je ne m’attendais pas à… ça ?

Je crois que ça résume bien mon état d’esprit, car je ne voyais vraiment pas où voulait en venir l’auteure, quel était le but même de l’histoire. Celui-ci s’est révélé très simple, en fin de compte : raconter la vie de Sonax… personnage tiré de la duologie Oraisons, de Samantha Bailly toujours ! Et oui, sans le savoir, je m’étais lancée dans le spin-off d’une série totalement inconnue de mon répertoire.

A cet instant, les choses m’ont semblé beaucoup plus claires ! Je comprenais enfin pourquoi le récit se centrait uniquement sur Sonax et pourquoi il omettait de longues périodes de sa vie. Au début, j’avais comme l’impression qu’il manquait des bouts de l’histoire, ce qui est bien le cas, toutes les réponses se trouvant dans Oraisons.

Alors, si cela m’a frustrée – j’étais transportée par les évènements, par l’évolution de Sonax passant du statut d’acteur à celui de vendeur d’objets tabous, par sa relation avec la Grande Jadielle, par le combat acharné de cette dernière pour conserver son indépendance malgré son mariage, etc. –, je comprends mieux et accepte mon ressenti d’une fin décousue.

Il ne me reste donc plus qu’à lire l’ouvrage d’origine ! Car, oui, l’intrigue de Métamorphoses m’a suffisamment tenue en haleine pour que je m’aventure davantage dans son univers…

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