Editeur : Bayard
Date de sortie : 3 mai 2017
Genres : space opera, romance (young adult)

Synopsis

« Avez-vous déjà observé un tigre ? Il possède une mâchoire assez puissante pour broyer l’homme le plus robuste, des muscles d’acier capables de traquer n’importe quelle créature. Pourtant, lorsqu’il attaque, il donne la mort avec une grâce aérienne. »

Un Diabolic n’est pas humain.
Un Diabolic est programmé pour être fidèle envers une seule personne.
Un Diabolic n’existe que pour protéger son maître.
Quitte à donner sa vie.
Quitte à en prendre d’autres.

Critique

La force de l’habitude

En lisant un résumé trouvé au hasard sur Internet – on ne peut pas dire que le synopsis soit vraiment parlant -, j’ai su aussitôt que ce livre était fait pour moi. Comme une certitude, vous voyez ? Alors, c’est sûr, mes intuitions ne sont pas toujours bonnes à suivre, mais là, j’étais certaine de ne pas me tromper. Et j’avais raison ! Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore l’histoire de Diabolic, voici ce qui vous attend si vous tentez l’aventure :

Dans un monde futuriste où les êtres humains vivent aux quatre coins du cosmos, certaines familles ont fait le choix de se doter de Diabolics, ces créatures créées de toutes pièces et programmées pour aimer leur maître. Démesurément. Sans retenue. Au point d’être prêtes à tuer pour le protéger. La famille Empyreé a ainsi adopté Némésis afin de veiller sur Sidonia, la future héritière. Mais un jour, la présence de cette dernière est requise à la cour impériale, où de multiples dangers ne manqueront pas de s’abattre sur elle. Les parents de Sidonia s’y refusent et décident alors d’envoyer Némésis à sa place

Petit bémol (ou pas)

Comme beaucoup d’autres lecteurs, j’ai remarqué que l’histoire peinait à démarrer. L’auteure s’attarde en effet sur la relation de Némésis et de Sidonia… et c’est très intéressant. Néanmoins, j’avais hâte de rentrer au coeur de l’action, ce qui prend quand même une bonne centaine de pages.

Ceci étant dit, avec le recul, je ne peux m’empêcher de me dire que ce rythme lent était inévitable, car les informations à assimiler sont nombreuses. Pourtant, pas une seule fois, je n’ai été perdue !

Un univers de dingue

Un monde où le progrès technologique est interdit alors que la survie de l’humanité en dépend ? J’adore ! Bien sûr, les hommes ont naturellement remplacé la connaissance par une foi aveugle en un dieu lié au cosmos. C’est typiquement le genre de concept qui me plaît ; même dans les histoires, la bêtise humaine n’a pas de limites

Et comme dans tous les livres qui ont ma préférence, ou presque, l’aspect politique est finement développé. Ce dernier repose sur la lutte entre les croyants fervents, dont fait partie la famille impériale, et ceux prêts à tout pour mener à bien des découvertes scientifiques, enfreignant ainsi les règles. Complots, meurtres et trahisons sont donc légion et m’ont tenue en haleine tout au long de ma lecture.

Une vision différente

Diabolic se déroule exclusivement du point de vue de Némésis et je dois dire que c’est perturbant d’entrer dans la tête d’une presque machine. Presque, car elle est douée de sentiments, même si ceux-ci lui ont été dictés. Quoique, toute créature vivante est capable d’évoluer, n’est-ce pas ?

J’ai apprécié suivre le cheminement de ses pensées, au départ assez étranges, mais progressivement plus humaines, plus chaotiques également. Les changements sont subtils, mais petit à petit Némésis apprend.

D’autres personnages gravitent évidemment autour d’elle, la première étant Sidonia, sa maîtresse. Elle m’a semblé un peu fade, mais joue son rôle d’héritière à la perfection.

Quoi qu’il en soit, sachez que l’auteure accorde le même intérêt au développement de son univers qu’à celui de ses personnages. Tous sont fouillés et ont une personnalité qui leur est propre. Le plus intéressant est d’ailleurs de constater comment le pouvoir a corrompu certains d’entre eux

Ai-je vraiment dit que je détestais les romances ?

La plupart du temps, c’est pourtant le cas. Mais, dans Diabolic, les choses furent tout autre et je ne sais trop comment l’expliquer. Bien sûr, il y a des épisodes romantiques – sinon, on n’appellerait pas ça une romance -, mais ils n’étaient ni répétitifs, ni trop nombreux. Et puis, les sentiments de Némésis, tant en amour qu’en amitié, se dévoilent à elle peu à peu, parfois de façon surprenante. C’est donc avec beaucoup de talent que S. J. Kincaid a intégré cette histoire d’amour au récit.

De plus, les enjeux politiques surpassent cet aspect du livre, puisque tout se goupille : les intérêts de chaque famille, les désirs personnels des uns et des autres et les manipulations de chacun pour parvenir à ses fins.

Un dénouement un poil trop facile

C’est l’une des raisons pour lesquelles ce premier volet n’a fait que frôler le coup de coeur. En fait, au vu des innombrables rebondissements qui parsèment l’histoire, je m’attendais à un final extraordinaire. Et, bah… non.

Mais, qu’on se le dise, cette fin est parfaite. Peut-être un peu trop, justement. J’aurais donc préféré que l’auteure emprunte une autre voie, me prenne une fois de plus au dépourvu.

Heureusement, cela n’affecte en rien mon envie de lire le deuxième tome, qui est pour très bientôt !

Du même auteur

Diabolic, tome 2 : Le trône de sang, S. J. Kincaid