Éditeur : Auto-édition
Date de sortie : 23 février 2020
Genre : heroic fantasy

Synopsis

Degan est un voleur reconnu du Bagne d’Avir. Vaquant à de malhonnêtes occupations, il s’en prend à une vieille femme apparemment sans défense, mais sa victime s’avère être une cible moins facile que prévu. Degan se voit même convaincu par des arguments frappants de suivre la mystérieuse vieille femme au cours d’un périple dont il ignore l’objectif. Cette dernière déteste les criminels et le fait bien sentir, mais Degan porte la marque des Parleurs, ces créatures légendaires capables de ressentir les émotions des êtres vivants qui les entourent. Or, les Parleurs ont disparu des siècles auparavant et non sans raison.

Que peut bien signifier l’apparition de la marque ? Et comment un voleur de bas étage peut-il en être le porteur ?

Critique

Un gros flop ?

Je suis intimement convaincue qu’on ne peut pas tout aimer, que certaines lectures vont forcément nous décevoir. Et c’est exactement ce qui s’est produit avec Le Nouveau Parleur. Toutefois, n’oublions pas qu’un avis est toujours subjectif. Dès lors, si ce livre vous intéresse, n’hésitez pas à en consulter d’autres, bien plus positifs que le mien.

Quoi qu’il en soit, je remercie Franck J. Matthews pour l’envoi de son roman et pour sa belle dédicace :

Cet univers que je redoutais un peu…

Les Chroniques des Parleurs est une saga que l’on pourrait qualifier de classique, tout du moins dans sa construction. Voleur sans avenir, Degan est pourtant l’élu destiné à détruire la menace qui plane sur le monde. Cependant, avant d’y parvenir, il doit apprendre à maîtriser des pouvoirs dont il ne soupçonne pas l’existence.

De plus, l’univers n’est pas sans rappeler les ambiances médiévales que l’on croise dans de nombreux romans de fantasy. Attention, cela n’est pas un reproche. Seulement, étant une grande consommatrice d’histoires de ce genre, j’apprécie davantage d’originalité.

Et pourtant, Le Nouveau Parleur ne m’a pas déçue sur ce point. Certes, l’innovation n’est pas au rendez-vous, mais le résultat est plutôt plaisant, notamment en ce qui concerne l’empathie du héros. Et c’est probablement le seul point positif que je citerai dans cette chronique…

Des débuts relativement lents

Ce n’est pas toujours un défaut, mais j’aime être happée dès les premiers chapitres – comme la majorité des lecteurs, j’imagine. Vous l’aurez deviné, ce ne fut pas le cas ici. Ceci étant dit, cela nous permet d’entrer dans l’univers en douceur, alors pourquoi pas ?

Ce qui m’a vraiment déplu, ce sont les nombreuses répétitions qui parsèment le récit. L’auteur rappelle constamment le passé de son héros ou insiste très souvent sur un trait de caractère qui lui est propre, ce qui crée des longueurs inutiles. Dommage !

Ces personnages… je ne peux plus les voir en peinture !

Pour quelle raison ? Eh bien, ce sont tous des clichés ! D’ailleurs, le récit se veut très manichéen. Ainsi, les gentils sont toujours habités de nobles sentiments, tandis que les antagonistes font le mal par simple envie.

Mais parlons plus en détail du personnage principal, Degan. L’auteur a souhaité lui donner des airs d’anti-héros, mais cela ne fonctionne pas. Ses intentions sont toujours louables, malgré un comportement un peu rustre, parfois. Et puis, son évolution est bien trop rapide pour être crédible. En quelques jours à peine, il se laisse convaincre de débuter une nouvelle vie, faite de droiture et de combats pour la justice, alors qu’il dit vouloir s’échapper dès que possible. Enfin, Franck J. Matthews lui prête une intelligence supérieure, ce qu’il tente de démontrer par de brillantes idées, mais celles-ci sont souvent invraisemblables. Et, surtout, elles ne m’ont nullement impressionnée…

Notez que Degan est accompagné d’une grande guerrière, prénommée Neela. Et j’ai rencontré le même problème avec cette dernière. L’auteur a tenté de lui offrir un caractère bien trempé, mais verse dans l’excès. Malgré un bon fond, Neela se met en colère pour la moindre bêtise. Résultat : elle tombe dans le cliché de la cheffe qui n’hésite pas à réprimander son apprenti lorsqu’il se montrer grossier ou idiot. Bref, c’était vraiment too much. Or, j’ai l’impression que tous les personnages de la série ont été créés sur le même principe…

Un scénario cousu de fil blanc

J’ai rapidement entraperçu un schéma récurrent dans la construction de l’histoire. Si l’on excepte les débuts, on pourrait d’ailleurs résumer ce premier tome comme suit : les héros se rendent d’un point A à un point B, font une nouvelle rencontre, sont confrontés à un problème épineux qu’ils parviennent ensuite à résoudre, pour finalement reprendre leur route, enrichis de nouvelles expériences. 

Alors, certes, de nombreux livres se basent sur ce modèle, mais il était bien trop présent ici. Il est donc très facile de deviner les dessous de l’intrigue et, par conséquent, les événements du chapitre suivant. Vous l’aurez compris, je me suis beaucoup ennuyée durant ma lecture !

Un final rempli d’action, et pourtant…

je ne poursuivrai pas la saga, c’est une évidence. Néanmoins, je reconnais que l’histoire semble aborder un tournant intéressant à la fin de ce premier volet. Naturellement, au vu des reproches formulés plus haut, cela ne suffit pas à remonter le niveau. 

Bref, c’est un gros flop !