Éditeur : Mnémos
Date de sortie : 25 février 2021
Genre : dark fantasy

Synopsis

Dans la nuit éternelle qui s’annonce, les laissés-pour-compte deviennent des étoiles éphémères.

L’annonce de la fin est proche. À la cité des Héritiers, le roi Jenophon reçoit la visite de l’oracle annonciateur. C’est le moment que choisit un cirque pour s’installer non loin et offrir un moment de joie. Mais face à l’obscurité qui s’étend, cette compagnie de monstres de foire devra trouver la lumière intérieure, l’unité et l’harmonie, ultimes espoirs d’un pays au bord du gouffre.

Dans la nuit d’encre, les étoiles éphémères seront portées par ceux que la société rejette pour leurs différences.

Critique

Première pépite de l’imaginaire 2022

Subjuguée par sa couverture et son synopsis, c’est sans hésiter que j’ai demandé à recevoir L’Enterrement des étoiles, la pépite de l’imaginaire des éditions Mnémos pour l’année 2022. Je remercie donc la maison d’édition pour l’envoi de ce roman que j’ai débuté dès le lendemain de sa réception – chose assez rare pour être soulignée !

Dans l’ensemble, j’ai passé un très bon moment de lecture entre prophétie incertaine, mythologie chrétienne et magie de l’illusion. Alors, si comme moi vous êtes amateur de dark fantasy, je ne peux que vous le recommander. La bonne nouvelle, c’est qu’il sort dans trois jours !

Poétique et mélancolique

Voilà qui caractérise bien la plume de Christophe Guillemain. S’il utilise un vocabulaire riche et un style soutenu, le texte est on ne peut plus fluide. Veillez simplement à être bien concentré, car c’est une lecture assez exigeante, en fin de compte. Je l’ai appris à mes dépens, la fatiguant m’ayant rendue distraite. Rapidement, j’ai perdu le fil de l’histoire. J’ai donc choisi de refermer le livre pour le reprendre le lendemain, et j’ai bien fait.

Autre petit conseil : soyez attentif à la pièce de théâtre qui se déroule dans le deuxième chapitre. Personnellement, j’y suis revenue à plusieurs reprises afin de mieux cerner les bases de l’intrigue.

À la rencontre des mal-nés

L’auteur ne tarde pas à nous présenter ses personnages qui, tous, souffrent de difformités, qu’elles soient apparentes ou non. J’admets avoir été un peu submergée par le nombre au début, mais des rappels sont intelligemment insérés, ce qui m’a permis de mémoriser chacun d’entre eux.

Todestre est indéchiffrable, Ystar intrigant et les enfants Sébaste et Poppiela attendrissants, toutefois je ne sais lequel d’entre eux je préfère. Matifas, peut-être ? C’est une créature de la nuit qui s’est offerts à l’oubli il y a déjà fort longtemps. En des termes plus simples, c’est un vampire, mais Christophe Guillemain intègre cette figure quasiment réservée à l’urban fantasy au sein d’un univers médiéval sans la moindre difficulté.

Si je n’ai pas de préférence parmi les héros, j’en ai une parmi les antagonistes : l’ange Mether. Tiraillée entre la peur que lui inspire le roi Jenophon et l’envie d’accomplir ses propres desseins, elle n’hésite pas à comploter pour atteindre ses fins.

L’Enterrement des étoiles a donc lieu dans un monde où les anges peuvent être des monstres et les monstres des héros !

Entre mythologie chrétienne et magie de l’illusion

Le concept de prophétie n’est certes pas innovant, mais la mythologie inventée par Christophe Guillemain l’est bel et bien. Il s’inspire notamment de la religion chrétienne, ce qui l’amène à personnifier Dieu (il s’appelle ici Oudath) et à imaginer le paradis. Sur terre, les étoiles s’éteignent, car un homme s’est cru assez fou pour défier Oudath. Qu’adviendra-t-il de l’humanité si le soleil disparaît définitivement ? Est-il encore possible de franchir la porte du paradis ? Mais qui fera partie des rares élus ? Voici autant de questions auxquelles j’avais hâte de trouver des réponses !

La magie s’invite également dans cet univers obscur. Les détenteurs du Verbe sont ainsi capables de créer des illusions tangibles jusque dans le toucher pour mieux les faire disparaître ensuite – ou les faire perdurer, qui sait ? Sincèrement, j’ai adoré cette partie de l’histoire !

Un récit, trois actes distincts

Le premier est surtout dédié à la présentation des personnages et de l’univers. L’auteur en profite pour exposer sa prophétie sans tomber dans les écueils propres à ce genre de procédé. Certes, un Élu est désigné, mais il est surtout manipulé par ceux qui souhaitent voir la prophétie se réaliser. D’ailleurs, d’autres refusent d’accorder du crédit à cette dernière. En définitive, Christophe Guillemain laisse planer le doute sur ce point, laissant au lecteur la possibilité de se faire son propre avis.

C’est toutefois le deuxième acte qui remporte ma préférence, car il amorce un complot au niveau politique et religieux. Et vous savez comme j’aime suivre les machinations de clans opposés ! Sachez tout de même qu’un flou entoure l’intrigue. J’ai lu L’Enterrement des étoiles il y a peu, pourtant je serais bien en peine d’en dresser un résumé complet. C’est pour moi la preuve incontestable de la richesse de son scénario et de son univers.

Et concernant le troisième acte ?

Si le rythme du récit est relativement lent au début, il s’accélère nettement dans le deuxième acte. Je m’attendais donc à une apothéose pour le dernier. Cependant, malgré des révélations lourdes de sens, j’ai trouvé que l’intrigue s’essoufflait en bout de course.

En fait, le final manque de panache ; je l’imaginais spectaculaire, il s’est avéré prévisible, mais pas sur tous les points heureusement ! Enfin, j’ai beaucoup apprécié l’épilogue, ce qui m’a permis de refermer L’Enterrement des étoiles le sourire aux lèvres !